La Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) a procédé mardi matin à une nouvelle intervention spéciale à l’Érablière Gaudreau de Scotstown en Estrie pour saisir du sirop d’érable produit au cours des derniers jours.

Nouvelle saisie de sirop à l’Érablière Gaudreau

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) a procédé mardi matin à une nouvelle intervention spéciale à l’Érablière Gaudreau de Scotstown en Estrie pour saisir du sirop d’érable produit au cours des derniers jours.

L’opération a été réalisée après avoir eu l’autorisation judiciaire concernant spécifiquement la production 2018, annonce la fédération dans un communiqué de presse. « Il s’agit d’une mesure tout à fait exceptionnelle découlant d’une procédure de la Cour qui demande à ces producteurs, Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier, de respecter les règles que suivent la très grande majorité des acériculteurs québécois », note l’organisme.

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«Trois autos de la SQ, un tracteur, un gros loader. Ils sont partis avec nos barils de sirop»

« Il s’agit de la seule ferme québécoise visée par ce type d’intervention. Les producteurs du Québec n’ont plus confiance : visiblement, les Gaudreau/Bombardier n’ont pas l’intention de suivre les règles en 2018. »

En janvier dernier, ces producteurs de sirop d’érable étaient une fois de plus dans la mire de la FPAQ pour leur non-respect de la règlementation en place. On avait alors procédé à un changement de « gardien » des barils. Mardi matin, on a saisi la production de la saison en cours.

Acharnement

Nathalie Bombardier croit que par ses plus récentes actions, la FPAQ s’acharne délibérément sur leur érablière à la suite de la médiatisation de leur conflit. « Ça ressemble à un régime soviétique de contrôle totalitaire », lance-t-elle d’emblée. « Le huissier a expliqué à mon conjoint de manière très peu claire qu’il avait fait des calculs et que le résultat était problématique. On ne sait pas où il a pris ses chiffres et on ne comprend pas trop la décision. Je pense vraiment que c’est rendu une guerre personnelle contre nous parce qu’on a osé parler haut et fort pour revendiquer du changement. Ils sont plus virulents que jamais cette année, je ne sais pas si c’est leur dernier souffle avant qu’on nous donne raison. »

La productrice de Scotstown, qui souhaite poursuivre la joute légale avec la FPAQ malgré un manque de fonds, explique que d’autres producteurs se trouvent dans des situations semblables, mais ne subissent pas le même châtiment. « On a des producteurs qui sont à 95 % dans la même situation que nous, pratiquement identiques, et qui ne se sont jamais fait saisir en quatre ans. Nous, ils ont pris pour environ 200 000 $ en inventaire. C’est de l’acharnement pur et dur. »

Des solutions proposées

Plusieurs solutions ont pourtant été proposées aux propriétaires de cette érablière depuis le début de la saga du sirop de Scotstown, fait de son côté valoir la FPAQ. « Ils pouvaient même demander en 2016 une augmentation de leur contingent — qui est présentement appliqué sur 8000 entailles — par le volet agrandissement, comme tous les producteurs acéricoles du Québec », affirme-t-on. « Ceci leur aurait permis de régulariser une partie des entailles sans contingent en exploitation. Mais ils ont refusé de participer à ce volet. Les propriétaires ont ajouté 20 000 entailles sans autorisation et ce sont ces entailles sans contingent qui posent toujours problème en 2018. »

C’est depuis 2010 que les propriétaires de l’Érablière Gaudreau ne respectent pas les obligations qui leur incombent en vertu des règles québécoises visant la production et la mise en marché de sirop d’érable, ajoute-t-on. Devant plusieurs constats, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a même officiellement condamné Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier l’été dernier. « Pourtant, lors de la saison 2015, l’Érablière Gaudreau et la Fédération des producteurs acéricoles du Québec en sont venus à une entente qui nommait Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier « gardiens » de leur sirop d’érable. »

« Cela leur permettait de conserver sur leur propriété les barils de sirop d’érable qu’ils produisaient pour en faire la vente au détail directement au consommateur, que ce soit à la ferme ou dans un kiosque de marché public ou de promotion. Les producteurs pouvaient utiliser et emballer des barils en format individuel, en démontrant comment les produits avaient été écoulés. » Avec Maxence Dauphinais-Pelletier