Naissance rare d’un ourson blanc au Zoo sauvage de Saint-Félicien

Le Zoo sauvage de Saint-Félicien a un nouveau pensionnaire qui risque de faire tourner bien des têtes. La femelle Aisaqvak a donné naissance à un ourson le mardi 27 novembre. Un événement important pour le zoo et pour la population mondiale d’ours blancs.

Le petit est né dans la nuit. Le matin, la gardienne animalière a entendu des sons en provenance de la tanière. Elle a été surprise de reconnaître les cris étonnamment forts d’un nouveau-né. L’espèce est difficile à reproduire en institutions, mais les espoirs de naissance étaient permis puisque la femelle n’avait pas eu ses chaleurs au printemps. 

Les 72 premières heures de vie sont critiques, mais la survie du nouveau-né n’est pas encore assurée. Le Zoo sauvage de Saint-Félicien est toutefois optimiste. La femelle s’occupe de l’ourson et l’équipe du zoo surveille de près leurs moindres gestes. 

En 2015, 13 femelles ont eu 20 oursons dans les organisations de la planète. Du nombre, seulement 10 ont pu atteindre l’âge d’un an. 

Le petit pèse environ 600 grammes à la naissance. Aisaqvak pèse 330 kg. C’est donc dire que le nouveau-né fait 0,18 % du poids de sa mère. 

Quelques semaines seront nécessaires avant de confirmer le sexe du petit. 

Le public pourra assister à un événement rare lorsqu’il fera ses premiers pas dans son habitat. La maman et son petit s’installeront dans le nouvel habitat du zoo dès le printemps 2019. Il permet de recevoir de très jeunes ours, ce qui n’était pas le cas avec l’ancien site. Les oursons nés en 2009 avaient pu y faire leurs premiers pas à l’âge de six mois seulement. 

Rappelons qu’Aisaqvak avait donné naissance à un ourson le 3 décembre 2008, mais il n’avait pas survécu. Elle avait toutefois démontré son excellente capacité à prendre soin de ses petits en donnant naissance à un mâle et une femelle le 30 novembre 2009. Ils ont tous deux quitté Saint-Félicien en novembre 2011. Le mâle, Ganuk, appartient au Zoo de Toronto et la femelle, Taïga, à l’Aquarium du Québec. Ils sont maintenant âgés de neuf ans. 

Long processus 

Depuis 2011, plusieurs efforts ont été déployés afin de renouveler l’exploit. Le mâle Yellé est arrivé en mai 2011. Aucun résultat n’a pu être obtenu aux printemps 2012, 2013, 2014 et 2017. 

Une entente de prêt de reproduction a été conclue avec l’Aquarium du Québec. Yellé s’est installé à l’Aquarium tandis que leur mâle, Eddy, a été amené au zoo afin de tenter de féconder Aisaqvak en 2015 et 2016, sans succès. Une fois de retour, Yellé s’est accouplé avec la femelle au printemps 2018, ce qui a finalement porté ses fruits. 

Le mâle âgé de 13 ans et la femelle de 16 ans sont considérés comme au pic de leur potentiel reproductif jusqu’à l’âge de 24 ans.

Espèce vulnérable 

La naissance constitue une contribution importante pour la conservation de l’espèce. Les populations d’ours blancs sont en décroissance en nature tout comme en captivité. L’espèce est classée vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

La population d’ours blancs dans les institutions est passée de 364 en 2006 à 298 en 2015.