Sylvie Tremblay a subi des blessures aux deux mains après avoir tenté de protéger son chien Angy de l’attaque d’un chien de type pitbull.

Mordue et blessée par un pitbull qui attaquait son chien

TROIS-RIVIÈRES — Une simple promenade, en plein après-midi, dans un quartier résidentiel de Trois-Rivières, a tourné au cauchemar pour Sylvie Tremblay, le 20 octobre. Elle raconte qu’un pitbull a subitement attaqué sa chienne Angy lui causant de graves blessures. Craignant pour la vie de son chien, Mme Tremblay s’est interposée. Elle a alors subi plusieurs morsures en plus d’une fracture.

Mme Tremblay explique que la chienne de type pitbull s’est échappée de la cour d’une résidence de la rue de Saint-Germain, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. «Il a foncé sur nous qui étions de l’autre côté de la rue. Il a senti ma chienne quelques secondes et lorsque sa maîtresse est accourue pour le ramener, il a décidé d’attaquer mon chien, lui déchirant le poitrail d’un seul coup. La violence de cette attaque était subite et imprévisible», a-t-elle écrit sur Facebook.

En entrevue, Mme Tremblay explique que le pitbull a probablement voulu sauter à la gorge de son chien, un braque de Weimar de 5 ans, mais il l’a plutôt mordu à la hauteur du poitrail. «Il lui a arraché la peau. On voyait ses muscles à l’intérieur, la peau qui pendait. Je criais: ‘‘Mon chien, mon chien’’. J’ai essayé de les séparer. La propriétaire [du pitbull] essayait aussi de les séparer.»

Persuadée que le pitbull n’allait pas lâcher prise, la Trifluvienne a tout tenté pour sauver son chien. «Le pitbull a ensuite sauté sur la patte arrière de mon chien. C’est là que j’ai mis mon bras pour sauver sa patte. Il [le pitbull] a alors cassé un os de mon doigt.»

Plusieurs personnes qui travaillaient sur leur terrain ont été témoins de l’événement. Un homme s’est approché avec un râteau. «On était les deux [Mme Tremblay et la propriétaire] à terre en train de tirer sur les chiens. Elle [la propriétaire] a pris le râteau et a réussi à rentrer le bout dans la gueule du chien. Il l’a ouverte et c’est là que je suis partie en courant chez moi avec mon chien.»

Mme Tremblay a été conduite à l’hôpital par ambulance alors que Angy a été amenée dans un hôpital vétérinaire. «J’ai vu que je saignais, mais je voulais aller à l’hôpital vétérinaire avec mon chien. J’étais en état de choc.»

Pendant l’attaque, la dame n’a pas pensé à ses blessures. Elle craignait seulement de perdre son chien. «J’avais juste peur d’être obligée de faire tuer mon chien. Je pensais juste à ça.»

Angy, un braque de Weimar de 5 ans, a subi de graves blessures le 20 octobre dernier après avoir été attaqué par un chien de type pitbull.

Mme Tremblay a été blessée aux deux mains en raison de nombreuses morsures. Elle souffre aussi d’une fracture. «Il m’a fait exploser un os dans le doigt», raconte-t-elle. Elle a un plâtre à la main gauche et des bandages à l’autre. On a dû lui faire de nombreux points de suture pour réparer les plaies. «J’avais les deux mains complètement kaput. Je n’étais plus capable de m’en servir», raconte-t-elle. La propriétaire du pitbull ne s’en est pas sortie indemne non plus, selon Mme Tremblay. Elle a aussi été blessée aux deux mains et elle a manqué une semaine de travail.

Angy a été opérée. «Ils ont tout recousu sa patte. Ils ont sauvé sa patte parce que le pitbull n’a pas réussi à couper les tendons grâce à mon bras», mentionne Mme Tremblay. Sa blessure au poitrail a rouverte il y a quelques jours. Sa plaie a dû être recousue à nouveau.

La police s’est rendue sur place lors de cet événement. La Société protectrice des animaux (SPA) de la Mauricie également. Elle a décidé de laisser l’animal en quarantaine chez sa propriétaire. S’il sort, il doit porter une laisse et une muselière. «Mais s’il se sauve... Un chien qui fugue, tu ne lui dis pas: ‘‘Viens ici mettre ta muselière’’», fait valoir Mme Tremblay.

La prochaine étape consiste à porter plainte à la SPA qui se chargerait alors d’évaluer la dangerosité de l’animal. Mme Tremblay s’est plutôt consacrée à se soigner et à s’occuper de sa chienne au cours des derniers jours. Mais de toute façon, elle ne fait tout simplement pas confiance à l’organisme. Elle a appris que le pitbull a été adopté à la SPA de la Mauricie il y a deux ans. Il avait donc été évalué à ce moment-là. Quand elle a voulu avoir davantage d’informations sur ce chien, elle a reçu une fin de non-recevoir. «Ils m’ont dit que son dossier est confidentiel et qu’il a été évalué non dangereux il y a deux ans.»

Elle demande qu’un évaluateur indépendant se charge d’examiner le chien. Mme Tremblay explique que des spécialistes reconnus habitent dans la région et ils pourraient très bien se charger de l’évaluation et ainsi déterminer si l’animal doit être euthanasié ou non. «Je voudrais que l’évaluation soit faite par quelqu’un indépendant de la SPA, quelqu’un qui n’est pas en conflit d’intérêts, et ça m’a été refusé. Ils sont juges et parties. C’est eux qui ont évalué le chien il y a deux ans, et c’est eux qui ont décidé de le faire adopter.» Mme Tremblay s’est aussi adressée à la Direction de la police de Trois-Rivières où on lui aurait dit que le dossier allait être transféré à la SPA de toute façon.

Mme Tremblay a aussi l’intention de contacter la Ville. «Je vais également demander que le règlement municipal soit plus rigide envers les molosses et que les propriétaires soient obligatoirement assurés et enregistrés.»

Elle n’en veut pas à la propriétaire du chien qui a voulu le sauver en l’adoptant. Mais elle n’est pas rassurée de le savoir toujours dans les environs. «C’est sûr que je ne passe plus par là. Dans mon voisinage, tout le monde marche avec des petits chiens. Je les vois passer et j’ai peur pour eux. »

La SPA de la Mauricie n’a pas retourné notre appel.