Au terme de sa peine de pénitencier pour le meurtre de sa conjointe, Eustachio Gallese présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC).
Au terme de sa peine de pénitencier pour le meurtre de sa conjointe, Eustachio Gallese présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC).

Meurtre dans un hôtel de Sainte-Foy: l'accusé présentait un risque de récidive «modéré»

En semi-liberté après avoir purgé 15 ans de prison pour le meurtre de sa conjointe, Eustachio Gallese présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC). La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) savait que l'homme entretenait des relations "inappropriées" avec des femmes dans la communauté, ce qui ne l'a pas empêchée de prolonger sa semi-liberté.

Le quinquagénaire bénéficiait de l’encadrement d’une maison de transition de Québec depuis mars dernier lorsqu’il a été arrêté pour le meurtre commis à l’hôtel Sépia. Il devait respecter certaines conditions, dont celle d’informer «immédiatement» sa surveillante de libération conditionnelle de toutes ses fréquentations ou relations intimes avec les femmes. 

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Dans sa décision datée du 19 septembre et concluant à la prolongation de la semi-liberté d’Eustachio Gallese, la CLCC mentionne que selon l’évaluation du risque de violence familiale faite en 2007, Gallese présentait «un risque élevé de violence envers une partenaire, mais un risque faible envers autrui en contexte familial». 

«Toutefois, votre ÉGC évalue maintenant que vous présentez un risque modéré de récidive, considérant les progrès que vous avez faits en lien avec votre criminalité», écrit la CLCC.

«Au cours de votre période d’incarcération dans le cadre de la présente peine, vous avez généralement maintenu un comportement conformiste, malgré votre gestion des émotions parfois problématique», mentionne encore la Commission, qui note que les suivis psychologiques et criminologiques ainsi que les programmes correctionnels auraient permis à Gallese de «faire des progrès importants». 

«Dans le cadre de votre suivi correctionnel, votre ÉGC indique que vous faites des réflexions et des liens sur plusieurs aspects de votre vie, incluant votre besoin de plaire. Bien que vous soyez toujours célibataire et que vous disiez ne pas être prêt pour entrer en relation sérieuse avec une femme, vous êtes en mesure d‘évaluer efficacement vos besoins et vos attentes envers les femmes», peut-on lire dans la décision de la CLCC.

Des relations «inappropriées»

Le document nous apprend qu’une stratégie a été développée afin que Gallese puisse rencontrer des femmes, «mais seulement afin de répondre à vos désirs sexuels». «Votre ÉGC vous a permis de faire ces rencontres moyennant que vous fassiez preuve de transparence», indique-t-on.

La CLCC mentionne que «l’audience a permis de réaliser que vous entreteniez, et ce, bien qu’en ayant obtenu l’accord de votre ÉGC, des relations avec des femmes que la Commission juge plutôt inappropriées». 

«Cette stratégie de gestion du risque telle que comprise et présentée en audience constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant. Dans ce contexte, la Commission s’attend à ce que cette grille d’analyse qui a culminé à cette approche soit réexaminée», écrit l’organisme.

La Commission a prolongé la semi-liberté d’Eustachio Gallese pour une période de six mois «puisqu’elle est d’avis qu’une récidive avant l’expiration légale de votre peine ne présentera pas un risque inacceptable pour la société et que cette libération contribuera à la protection de celle-ci en favorisant votre réinsertion sociale en tant que citoyen respectueux des lois».