Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, comme celui du Québec, Philippe Couillard, et le maire Régis Labeaume ont livré un message politique clair lundi pour la commémoration de la tuerie à la Grande Mosquée.

Message d'unité unanime

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, comme celui du Québec, Philippe Couillard, et le maire de Québec, Régis Labeaume, ont livré un message politique clair lundi pour la commémoration de la tuerie du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée. Le discours de la droite identitaire ne fait qu’attiser la «peur de l’autre» et tous les citoyens canadiens sont égaux, qu’ils soient au pays depuis cinq ou 400 ans.

«On a pleuré ensemble la perte de ces six frères. On a pleuré la fin d’une innocence, peut-être, de la belle ville de Québec et du Canada. On s’est dit ensemble "plus jamais"», a commencé M. Trudeau, à son tour de parole.

«On est uni là-dessus et on est uni dans une réflexion à savoir comment on va continuer de construire une société ouverte, généreuse, respectueuse de nos différences», a-t-il poursuivi. «C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance, les discriminations contre la communauté musulmane. On se dit que le raciste, c’est l’autre. C’est les nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le t-shirt», s’est-il même permis de dire, en référence à La Meute qui a pour symbole une patte de loup. À ces dernières paroles, il a été chaudement applaudi.

Il a ensuite questionné la foule, l’invitant à faire un examen de conscience. 

«Mais pourquoi le mot islamophobie nous fait-il peur? Personne ne se plaint du mot homophobie. Il y a même une journée pour ça. Mais l’islamophobie, ça nous dérange, pourquoi?» Le PM s’est dit récemment toujours en réflexion sur la nécessité d’instaurer une journée nationale contre l’islamophobie.

L'importance des mots

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a quant à lui insisté sur l’importance des mots. «Ils peuvent blesser, faire mal, mais ils peuvent unir aussi comme se saluer et demander à l’autre comment ça va.» 

De manière plus nuancée, il a lui aussi discrédité la droite identitaire qui s’est fait beaucoup entendre au cours de la dernière année. «On est tous venus d’ailleurs rejoindre les prochaines nations», a-t-il lancé en présence du chef de Wendake, Konrad Sioui. 

«Il n’y a que la date qui change. Et cette date ne détermine pas notre niveau de citoyenneté. On n’est pas un meilleur citoyen parce que ça fait 10 générations que notre famille est ici alors que l’autre, ça fait cinq ans», a-t-il ajouté en insistant sur l’importance de rejeter toute forme d’exclusion.

«Cela n'est pas Québec»

Le maire de Québec a enchaîné dans la même veine. «Je suis Régis Labeaume, citoyen de Québec, descendant d’hommes et de femmes venus s’établir ici pour se bâtir un avenir meilleur. Le 29 janvier 2017, un individu s’est lâchement attaqué à mes voisins. Des citoyens de Québec venus s’établir ici pour se bâtir un avenir meilleur. Si j’ai eu droit à pareil héritage, d’autres y ont droit également.» 

M. Labeaume a ensuite exprimé sa déception de ne plus reconnaître sa ville. «Cela n’est pas Québec. Je refuse que ma ville soit associée à la violence et à la haine. Condamnons ce soir et demain tout ceux et celles qui, insidieusement, soufflent sur les braises de la haine et de la xénophobie», a-t-il souhaité en guise de conclusion.