Le président de la FTQ, Daniel Boyer (à gauche), a rendu visite vendredi aux employés en lock-out de l'Aluminerie de Bécancour (ABI).

Marche pour «prendre le parti des travailleurs»

MONTRÉAL — Cette année, au Québec, le 1er mai sera le 28 avril.

C'est en effet samedi que sera célébrée la traditionnelle Fête internationale des travailleurs du 1er mai, avec une marche «nationale» qui partira du Parc olympique, à 13h, pour se rendre au Parc des Faubourgs, près du pont Jacques-Cartier, à Montréal.

Certaines années, la Fête des Travailleurs prend plutôt la forme de rassemblements régionaux, mais pas cette année... élection québécoise oblige. D'ailleurs, le slogan l'illustre on ne peut mieux : «Prendre le parti des travailleurs et travailleuses».

Visiblement, les représentants des travailleurs — et pas seulement les syndicats — veulent profiter des mois qui restent, avant l'élection du 1er octobre, pour faire entendre leurs revendications.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a dit attendre «pas mal de monde», sans pouvoir donner de chiffre à l'avance.

«On invite l'ensemble de la population à prendre part à cette manifestation-là. Les revendications sont des enjeux qui rejoignent l'ensemble des citoyens, des travailleurs et travailleuses au Québec, qu'on soit syndiqué ou pas syndiqué», a fait valoir le président de la plus grande centrale syndicale du Québec, qui a plus de 600 000 membres.


« Les revendications sont des enjeux qui rejoignent l’ensemble des citoyens, des travailleurs et travailleuses au Québec, qu’on soit syndiqué ou pas syndiqué »
Daniel Boyer, président de la FTQ

Ces cinq revendications sont la conciliation travail-famille-études; le salaire minimum à 15 $; la lutte contre les paradis fiscaux; une transition énergétique juste; les réinvestissements dans les services publics avec des mesures pour mettre fin aux surcharges de travail.

La question de la transition énergétique juste vise à «permettre aux travailleurs qui seront affectés par le virage incontournable vers une économie verte de répondre aux exigences des emplois de demain qui seront plus verts, plus durables», a expliqué M. Boyer.

Comme la marche coïncidera avec le Jour de deuil national, «on va avoir un petit moment, au courant de la manif, où on va garder une minute de silence à la mémoire des travailleurs et travailleuses qui sont décédés au travail, dans le courant de l'année. Il y aura le port aussi de rubans noirs. On fait deux événements en un, en fait», a illustré M. Boyer.

Des conflits soulignés
Des syndicats en conflit de travail ouvriront la marche, comme ceux de concessionnaires automobiles en Beauce et à Rivière-du-Loup, affiliés à la CSD, et celui de l'Aluminerie de Bécancour (ABI), du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ. Des comités en santé et sécurité du groupe Jour de deuil seront parmi eux.

Les syndicats ont fait beaucoup de mobilisation par Facebook, ce printemps, particulièrement la CSN et la FTQ, en multipliant les photos et vidéos — «la shop est fermée; on va marcher» ou «le système de santé est brisé; venez marcher» — qui élaborent sur les cinq thèmes.