Manque d’employés en CHSLD: des aînés n’ont même pas droit à un bain par semaine

QUÉBEC - Dans certains CHSLD du Québec, obtenir un bain par semaine c’est déjà trop demander.

Le manque de personnel est criant dans les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD), au point où il n’est parfois plus possible d’offrir les soins d’hygiène de base aux résidents, des personnes âgées parmi les plus vulnérables de la société, dénonce la protectrice du citoyen dans son rapport annuel 2017-2018 rendu public jeudi.

Ne recevant pas les services auxquels elles ont droit, ces personnes subissent un préjudice tel qu’on peut parler de maltraitance à leur endroit, au sens de la loi, selon la protectrice du citoyen, Marie Rinfret.

Le personnel en place ne peut suffire à la tâche, dénonce-t-elle, si bien que les soins de base administrés aux personnes en perte d’autonomie ou handicapées, tels que l’administration des médicaments, l’alimentation et les soins d’hygiène «minimaux», comme le bain hebdomadaire, l’hygiène buccale, le rasage et la coiffure, doivent être constamment «reportés».

La protectrice du citoyen estime que l’heure est venue de procéder à une réorganisation des soins offerts en CHSLD, pour tenir compte de la pénurie de personnel.

Elle pointe du doigt, notamment, le ratio personnel-résidents, qui ne tient pas toujours compte de la lourdeur de la clientèle, selon elle.

Un exemple parmi d’autres: des personnes âgées alitées pendant 36 heures consécutives, faute de préposés aux bénéficiaires pour les aider à se lever.

La situation dans les 1800 résidences privées pour personnes âgées n’est guère plus reluisante.

Lors de ses enquêtes, le Protecteur du citoyen a constaté «d’importantes lacunes» dans certaines d’entre elles, comme le manque de formation du personnel ou des brèches quant aux règles de salubrité. La protectrice note que dans bien des cas ces situations sont connues depuis des années par les autorités, qui n’interviennent pas.

Par ailleurs, la politique de soutien à domicile nécessite des mesures de «redressement immédiat», selon elle.

Le ministère de la Santé ne respecte pas en cette matière les cibles qu’il s’était lui-même fixées.

Entre 2015 et 2017, le nombre de personnes desservies à domicile aurait dû augmenter de 6 pour cent, alors qu’il n’a crû que de 1,7 pour cent. Pas moins de 5557 personnes qui devaient avoir des services à domicile en ont donc été privées.