Son bénéfice net a été de 2,3 millions $, ou six cents par action, en recul comparativement à 7,9 millions $, ou 21 cents par action, à la même période l’an dernier.

Mach assure qu’il déposera une offre formelle pour Transat

MONTRÉAL — Le promoteur immobilier Groupe Mach, qui convoite également Transat A.T., compte envoyer une proposition formelle au voyagiste québécois même s’il doit négocier exclusivement avec Air Canada jusqu’au 26 juin.

«Absolument, a assuré jeudi le président de Mach, Vincent Chiara, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne, lorsqu’on lui a demandé si une offre formelle serait transmise avant la fin de cette fenêtre. Nous allons en déposer une. Nous n’avons aucune obligation envers Air Canada.»

Transat A.T. a entamé les pourparlers avec Air Canada le 27 mai, après que le plus important transporteur aérien au pays eut proposé 13 $ pour chaque action du voyagiste dans le cadre d’une offre d’environ 520 millions $.

La semaine dernière Mach est allé un peu plus loin en proposant 14 $ pour chaque action de Transat A.T., ce qui représente environ 527,6 millions $, en demandant au passage un coup de pouce financier de 120 millions $ au gouvernement québécois.

«Nous avons déposé notre plan d’affaires auprès d’Investissement Québec (...) et on attend leur réponse, a expliqué M. Chiara. On prévoit avoir une réponse d’ici une semaine environ.»

En dévoilant ses résultats du deuxième trimestre, jeudi, la société mère du transporteur Air Transat a rappelé avoir «pris note» du communiqué publié par Mach la semaine dernière, ajoutant n’avoir reçu, «à ce jour, aucune proposition formelle».

Au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, le chef de la direction financière de Transat A.T., Denis Pétrin, a dit que l’entreprise n’avait aucun commentaire à offrir sur ce qui a été dévoilé par Mach.

«Si d’autres propositions sont transmises à la société avant ou après la fin de la période d’exclusivité, notre conseil d’administration en tiendra compte en tenant compte des obligations à l’égard d’Air Canada», a-t-il dit.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a discuté avec Mach depuis que le groupe immobilier a déposé sa demande chez IQ, mais le bras financier de l’État québécois n’a pas voulu commenter.

Si son entreprise prend les commandes de Transat A.T., M. Chiara a déjà indiqué qu’il voulait poursuivre la stratégie du voyagiste, qui souhaite consacrer 750 millions $ à la mise sur pied d’un réseau d’hôtels sur les plages des destinations soleil.

Mach compte sur l’implication du développeur immobilier espagnol TM Grupo Inmobiliario, qui transférerait trois de ses hôtels mexicains dans le portefeuille de Transat A.T. advenant une transaction.

TM allongerait aussi 15 millions $ en échange d’une participation minoritaire dans le voyagiste. Cette somme couvrirait l’indemnité de rupture de 15 millions $ figurant dans l’entente avec Air Canada que Transat devrait assumer en acceptant une autre offre.

Néanmoins, Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, croit que Transat A.T. est largement désavantagé par rapport à d’autres compagnies aériennes qui font partie d’alliances permettant d’exploiter plus de liaisons, d’accroître le volume de passagers et l’efficacité des avions.

«Ces problèmes seraient réglés (pour Transat A.T.) si (la société) faisait partie d’Air Canada, alors nous considérons qu’Air Canada constitue la meilleure option à long terme pour Transat», a écrit l’analyste dans une note envoyée par courriel.

En baisse

Entre-temps, Transat A.T. est toujours confrontée à des vents de face. La hausse du prix du carburant et un repli du huard par rapport au dollar américain ont pesé sur sa performance au deuxième trimestre.

Pour la période de trois mois terminée le 30 avril, l’entreprise a vu son bénéfice net fléchir de 71 pour cent, à 2,27 millions $, ou six cents par action. De leur côté, les revenus ont grimpé de 3,5 pour cent, à 897,4 millions $.

Abstraction faite des éléments non récurrents, la perte ajustée a été de 6,3 millions $, ou 17 cents par action, par rapport à une perte ajustée de 500 000 $, ou un cent par action, il y a un an. Ce résultat s’est néanmoins avéré supérieur aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters Eikon, qui anticipaient une perte ajustée par action de 23 cents.

L’entreprise a souligné que ses dépenses en carburant pour ses appareils avaient grimpé de 12 pour cent par rapport au deuxième trimestre de l’exercice précédent pour atteindre 118,9 millions $.

À la Bourse de Toronto, l’action de Transat A.T. a clôturé à 13,39 $, en hausse de six cents, ou 0,45 pour cent.