Bryan Poirier a été reconnu coupable d’avoir étranglé son ex-conjointe avec une corde, de l’avoir frappée et traînée au sol, le 22 juillet 2018.

«Ma soeur a peur de tomber sur lui»

L’étape des observations sur la peine dans le dossier de Bryan Poirier a une fois de plus été remise à plus tard, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’homme de 52 ans, qui a plaidé coupable à une accusation de voies de fait graves, admettant avoir étranglé son ex-conjointe avec une corde de nylon et lui avoir fait vivre un enfer durant 60 minutes en la frappant et en la traînant au sol, à l’été 2018, ne reviendra pas en cour avant le mois d’avril. Les proches de la victime sont exaspérés et épuisés par ces longs délais, d’autant plus que l’homme est libre.

« On pensait que ça se terminerait enfin aujourd’hui. On le voit se promener, on le voit en liberté. Pendant ce temps-là, ma sœur a peur de tomber sur lui. Nous avons l’impression que ça ne se terminera jamais », a laissé tomber la sœur de la victime, jeudi, lorsqu’elle a appris que les observations sur la peine ne se tiendraient finalement pas avant le 8 avril.

Bryan Poirier a été arrêté en juillet 2018 pour tentative de meurtre. Cette accusation a toutefois été remplacée par celle de voies de fait graves et l’homme a plaidé coupable en avril 2019, évitant ainsi la tenue d’un procès. Mais voilà que les délais s’étirent depuis ce temps, ce qui décourage les proches de la dame, qui se présentent chaque fois en cour, dans l’espoir de vivre un dénouement.

La procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, compte demander une peine de quatre ans de pénitencier pour l’individu de 52 ans.

L’enfer

Le 22 juillet 2018, l’individu s’en est violemment pris à son ex-conjointe, une dame âgée dans la cinquantaine. Ils étaient séparés depuis quelque temps, mais vivaient toujours ensemble, le temps de mettre de l’ordre dans les biens communs. Un soir, la victime n’est pas rentrée coucher, ce qui a mis Poirier hors de lui. Alors qu’elle rangeait des vêtements, Poirier l’a étranglée par-derrière avec une corde et l’a traînée au sol. Il l’a amenée jusqu’au sous-sol et l’a menacée d’un couteau. Il l’a frappée, tout en serrant la corde assez fort pour que la dame perde connaissance. À son réveil, elle était de retour l’étage et Poirier lui mettait la tête sous l’eau de la douche. Il a menacé de la pendre. Elle a crié et il a finalement lâché la corde.


« Nous avons l’impression que ça ne se terminera jamais. »
La sœur de la victime

Jusqu’à maintenant, les observations sur la peine ont été remises à trois reprises. L’accusé, qui n’avait pas d’avocat au départ, a finalement été largué par celui qui avait accepté de le représenter, à l’automne. Ces deux facteurs ont eu pour conséquence d’allonger les délais.

L’individu n’aurait pas travaillé très fort pour se trouver un nouvel avocat, mais il a finalement communiqué dernièrement avec Me Luc Tourangeau. Toutefois, le criminaliste doit prendre le temps d’examiner le dossier avant de plaider une sentence, ce qui a forcé le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, à repousser l’étape des observations sur la peine une fois de plus.

La Couronne, représentée par Me Marianne Girard, compte demander une peine de quatre ans de pénitencier et se déclare prête depuis plusieurs mois.

« Pour la victime et ses proches, ces délais sont insoutenables. La victime a vraiment cru mourir ce jour-là », a affirmé Me Girard.

La défense a toutefois renoncé à demander un examen sur la responsabilité criminelle de l’individu, ce qui avait été envisagé au départ.

Me Luc Tourangeau est le nouvel avocat de Bryan Poirier.