Richard Panin, 29 ans, a admis avoir fait entrer au pénitencier de Donnacona en septembre 2016 quatre timbres transdermiques de fentanyl.

Lourde sanction réclamée pour avoir introduit du fentanyl au pénitencier

Le fentanyl est une drogue souvent létale et un détenu qui en «importe» au pénitencier devrait s’attendre à un châtiment sévère, plaide la poursuite. Vrai que le fentanyl est dangereux, concède la défense. Mais encore faut-il que la quantité de drogue justifie la sévérité de la peine, ajoute-t-on.

Richard Panin, 29 ans, a admis avoir fait entrer au pénitencier de Donnacona en septembre 2016 quatre timbres transdermiques de fentanyl, un puissant opioïde à l’origine de plusieurs surdoses dans cet établissement carcéral, comme dans de nombreuses villes canadiennes.

Avec l’aide de codétenus et de conjointes à l’extérieur des murs, Panin avait fait expédier au pénitencier une carte de souhaits contenant les fameux timbres, destinés à être coupés en fines lamelles et ingérés par des utilisateurs. 

Ce type de timbres est prescrit comme analgésique par les médecins pour traiter les douleurs intenses.

Les autorités correctionnelles avaient été mises au courant des plans et écoutaient les conversations de Richard Panin. Ils ont donc pu facilement intercepter la carte.

Lors d’une fouille un mois plus tard, les agents correctionnels ont de plus trouvé sur Richard Panin des sachets contenant un mélange d’héroïne et de fentanyl.

Richard Panin purge depuis septembre 2014 une peine de neuf ans pour une violente invasion de domicile. 

Graves conséquences

Le procureur de la Couronne Me Éric Beauséjour a demandé à la juge Rena Émond de la Cour du Québec d’imposer à l’accusé une peine de six ans, consécutive à celle qu’il purge actuellement. «L’individu qui consomme ce type de timbre de fentanyl ne sait jamais quelle quantité il consomme et on sait qu’une toute petite quantité peut être fatale, rappelle Me Beauséjour. Et il y a de grands dangers pour les agents correctionnels qui ont à agir, car la simple manipulation peut avoir des conséquences.»

L’avocat de Panin, Me Vincent Montminy, ne réfute pas la dangerosité du fentanyl. «Ce n’est pas bénin, mais il n’y a pas d’équation directe entre le type de la drogue et la durée de la peine, rappelle Me Montminy. On parle de quatre timbres, pas de milliers de comprimés.»

Selon la défense, une peine de trois ans et demi de pénitencier, à purger de façon concurrente à la peine actuelle, serait adéquate. L’accusé propose aussi d’offrir un don de 5000 $ à une maison de thérapie pour toxicomanes.

La juge Émond rendra sa décision sur la peine la semaine prochaine.