Les visites sont interdites depuis la mi-mars, dans les établissements de détention, dont celui de Roberval.
Les visites sont interdites depuis la mi-mars, dans les établissements de détention, dont celui de Roberval.

Les visites aux détenus, toujours interdites, pourraient reprendre cet automne

Suspendues depuis quatre mois et demi, les visites aux détenus ne sont toujours pas autorisées dans les centres de détention du Québec. Seules les visites des avocats sont permises, bien que la visioconférence continue d’être privilégiée. Le ministère de la Sécurité publique élabore présentement un plan pour que les visites puissent reprendre à l’automne.

Les prévenus et les détenus des prisons provinciales n’ont toujours pas pu voir leurs proches en chair et en os depuis le 14 mars dernier, en raison des mesures sanitaires en vigueur depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Cette situation ne plaît pas à bon nombre de personnes incarcérées. Le criminaliste Me Charles Cantin croit d’ailleurs que cette situation pourrait être prise en compte lorsque viendra le temps de calculer les proportions de temps préventif fait, lors du prononcé d’une peine.

«C’est sûr que ce n’est pas facile pour certains, qui vivent le confinement et qui ne peuvent pas voir leurs proches, ce dont ils ont le droit en temps normal», note l’avocat criminaliste.

Questionné à ce sujet, le ministère de la Sécurité publique a confirmé au Quotidien que les visites n’étaient toujours pas permises, mais que les proches pourraient peut-être retourner s’asseoir en salle de visites à l’automne.

«Le ministère élabore un plan de reprise graduelle des activités normales des établissements de détention qui prévoit, notamment, le retour des visites en personnes au cours de l’automne 2020. Les dates de reprise pourront cependant varier en fonction des consignes sanitaires des autorités de santé publique en vigueur à ce moment», a expliqué l’équipe de communications du ministère.

En temps normal, les détenus ont le droit de recevoir la visite de leur conjoint ou conjointe, de leur mère, leur père, leurs soeurs, leurs frères et de leurs enfants, notamment.

Évaluations psychiatriques par visioconférence

Les évaluations psychiatriques ordonnées par le tribunal pour déterminer, entre autres, si un détenu est apte à subir un procès ou à comparaître se font encore aussi par visioconférence.

En temps normal, un accusé était conduit et hospitalisé en psychiatrie durant un maximum de 30 jours, afin qu’un psychiatre puisse faire son évaluation. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, ces évaluations se font par vidéo et l’accusé reste en cellule, pour limiter les déplacements le plus possible. Deux entretiens par visioconférence remplacent présentement l’hospitalisation.

Dans les cas de forces majeures, un détenu peut encore être transféré à l’hôpital, mais le criminaliste qui le défend doit faire plusieurs démarches directement auprès de l’équipe soignante. Ce n’est pas le juge qui peut ordonner cette évaluation en personne, sauf si le psychiatre et l’équipe soignante le demandent.

Me Charles Cantin a d’ailleurs obtenu une permission pour l’un de ses clients, il y a quelques semaines. «C’était un cas connu de l’équipe en psychiatrie et tous les intervenants ont convenu que c’était plus efficace en personne pour cette personne. Mais disons que ce n’est pas toujours facile d’obtenir ces permissions, c’est beaucoup de travail. J’estime que dans certains cas, une évaluation en personne est nécessaire. Nous n’avons pas toujours notre mot à dire», a-t-il noté.