Un code de déontologie a provoqué une certaine tempête, il y a quelques mois, à l’hôtel de ville de Saguenay.

Les sept péchés capitaux des conseillers

Un code d’éthique remis aux élus de Saguenay et faisant référence aux sept péchés capitaux en a choqué plus d’un, il y a quelques semaines. Certains conseillers municipaux se sont plaints, surtout en raison du titre à connotation religieuse, ce qui a provoqué une certaine tempête à l’interne.

L’histoire s’est produite il y a environ un mois et demi. Tout a commencé lorsque la greffière de Saguenay a présenté le code aux 15 conseillers municipaux. Le code avait été initialement approuvé par la mairesse Josée Néron, qui était toutefois en vacances lorsque la présentation a été organisée. Si le contenu dudit code n’a pas choqué outre mesure les élus, c’est plutôt le titre et les références à la religion catholique qui n’ont pas passé. La plupart d’entre eux se sont d’ailleurs dits fort mal à l’aise.

« Il s’agit d’un aide-mémoire pour nous éviter de nous mettre les pieds dans les plats. Éviter les conflits d’intérêts et les abus de confiance par exemple », a expliqué un conseiller municipal de Saguenay, interrogé à ce sujet par Le Quotidien. D’ailleurs, nous avons discuté avec plusieurs élus, au cours des derniers jours, à ce propos. S’ils ont bien voulu nous éclairer sur cette histoire, ils ont préféré ne pas être cités publiquement.

« Le document dit, par exemple, qu’un conseiller peut aider des organismes, mais ne peut pas aider un individu en particulier. Ce sont des bases pour qu’on ait une attitude et des façons de faire qui répondent aux lois municipales et c’est bien correct. Mais lorsqu’on voit un titre à connotation catholique comme Les sept péchés capitaux, ça n’a pas de rapport. On a déjà un passé avec l’ex-maire Jean Tremblay, on n’a pas besoin de revenir avec la religion catholique », a souligné un élu.

Inutile de rappeler que la ferveur religieuse de l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, était reconnue à l’échelle provinciale. Il s’est rendu jusqu’en Cour suprême pour qu’il puisse pratiquer la prière avant la tenue de la séance du conseil. Après une bataille de plusieurs années, il avait finalement été débouté.

« Ça n’est pas la fin du monde, mais dans un contexte de laïcité, c’était plutôt mal avisé », a ajouté un autre conseiller questionné par Le Quotidien.

Après la présentation du code de déontologie, des conseillers ont questionné la greffière et lui ont fait part de leur mécontentement. Une lettre, signée par des élus, a également été acheminée au cabinet de la mairesse de Saguenay, Josée Néron, pour que le titre soit changé et ainsi s’en dissocier. Finalement, le guide a été conservé intégralement, mais quelques rencontres houleuses ont eu lieu.

Piqué au vif

Si certains ont parlé de maladresse, d’autres conseillers municipaux ont été davantage piqués au vif, cette fois concernant le contenu du guide. « On n’a plus le droit de rien faire. Par exemple, on n’a plus le droit de parler aux fonctionnaires », a souligné un conseiller, irrité.

Certains se sont sentis visés personnellement par des péchés en particulier.