Des scouts devant la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2007. L’Association des scouts du Canada prend ses distances avec son passé catholique.

Les scouts francophones se distancient du catholicisme

L’Association des scouts du Canada prend ses distances avec son passé catholique; elle retirera notamment la référence à Dieu dans le serment que font les recrues. Mais il y a loin d’un virage laïque pour l’organisation.

«On essaie un peu de se dissocier de ça, d’être plus inclusifs», explique Catherine Prévost, directrice des communications. «C’est sûr que si on a des jeunes de toutes sortes de croyances ou de non-croyance et qu’on les oblige à participer à des activités religieuses ou pastorales, ce n’est pas respectueux de leurs croyances à eux.»

Les scouts du Canada francophone suivent donc le vent. «On adapte l’offre à la demande. La demande n’est pas vraiment au niveau pastoral ou religieux.»

Un comité de «jeunes» adultes a donc été mandaté pour repenser le texte de la «promesse» que font les jeunes quand ils joignent le mouvement. «On est en train d’éliminer le terme Dieu de cette promesse.»

Ils ont également «modernisé» la Loi scoute de l’Association, sorte d’énumération des valeurs que doivent respecter les membres. «C’est sûr que, dans le mouvement scout, les valeurs étaient beaucoup liées, à une certaine époque, à la religion catholique. Maintenant, on essaie de lier ça plus à ce qui est important pour les jeunes présentement.»

Jusqu’ici, la réforme ne semble pas soulever de vagues. L’assemblée générale a voté en faveur, il y a deux semaines environ. Reste toutefois à recevoir l’imprimatur de l’Organisation mondiale du mouvement scout, qui doit approuver les changements proposés. Et cette organisation fait de la croyance en Dieu, «en une force supérieure à l’humanité», son fondement.

Catherine Prévost n’évoque d’ailleurs pas la laïcité quand vient le temps de qualifier la transformation de l’Association des scouts du Canada. «Le terme laïque n’est pas nécessairement le bon terme à utiliser dans notre cas.»

«On n’est plus directement associé à l’Église catholique comme ç’a été le cas à une certaine époque», enchaîne-t-elle. Le groupe fait cependant la promotion d’une forme de spiritualité. «On peut appeler ça philosophie, on peut appeler ça spiritualité… Nous, on appelle ça cinquième dimension.» Une dimension de réflexion.

Cette approche se veut inclusive, dit Catherine Prévost, ouverte à toutes les croyances, même à l’athéisme.

Encore des groupes religieux

Les scouts francophones ne ferment toutefois pas complètement la porte à la religion. «On a encore certains groupes qui ont des traditions liées aux traditions culturelles religieuses», observe Mme Prévost. «Il y a des groupes où c’est clairement défini qu’il y a une portée religieuse, quelle qu’elle soit. Il y a certains groupes qui participent à des messes.»

«Mais ce ne sont pas tous les groupes et ce n’est vraiment pas le cœur du mouvement. Il y a de plus en plus de groupes qui éliminent tout ce qui est religion.»