L’herboriste Anny Schneider et le photographe Denis Gref ont collaboré pour créer le livre <em>Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada</em>.
L’herboriste Anny Schneider et le photographe Denis Gref ont collaboré pour créer le livre <em>Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada</em>.

Les plantes médicinales indigènes racontées par l’herboriste Anny Schneider

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
Après la publication de quatre livres sur les plantes médicinales et une autobiographie, l’herboriste Anny Schneider se concentre maintenant sur «les trésors de nos forêts anciennes» dans son plus récent ouvrage, Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada.

À la différence de ses quatre autres livres portant sur les plantes médicinales, celui-ci porte entièrement sur les végétaux indigènes, donc « natifs du territoire depuis les dernières glaciations».

Il s’agit d’une nuance importante à apporter, selon Mme Schneider, «parce que 70 à 80 % des plantes sauvages ont été importées par les Européens», qui voulaient s’assurer d’avoir de quoi se soigner une fois arrivés en Nouvelle-France.

Au total, 72 plantes différentes sont détaillées par l’herboriste dans ce livre de près de 300 pages. Chaque espèce est décrite en plusieurs lignes, de même que l’habitat où il est possible de la retrouver. Cependant, aucun endroit précis n’est cité. «Je ne dis pas exactement où, je ne peux pas», révèle Anny Schneider, pour qui la conservation des espèces occupe une importance capitale.

«Certaines plantes sont très répandues alors que d’autres sont très rares», notamment à cause de la déforestation et de l’agriculture intensive, évoque-t-elle. C’est pourquoi elle rappelle qu’il est important de n’effectuer qu’une cueillette judicieuse des plantes mentionnées dans son livre.

Les pages contiennent un bref historique de chaque plante. La composition chimique, les propriétés médicinales et les usages potentiels sont aussi catalogués. Des recettes précises sont parfois jointes.

Le livre <em>Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada</em> est disponible depuis mercredi dans les librairies.

D’autres ressources sont incluses, notamment un chapitre sur les plantes toxiques et un calendrier détaillant les meilleurs moments pour cueillir bourgeons, feuilles, fleurs ou fruits de nombreux végétaux.

Ce livre, abondamment illustré, a été réalisé «avec la complicité de Denis Gref», photographe et passionné de plantes indigènes. «Beaucoup de photos du livre viennent de la région», qui offre une biodiversité incroyable, précise l’autrice.

Un perfectionnement toujours possible

Durant les 40 années qu’elle a consacrées à l’étude des plantes, Anny Schneider a collaboré avec plusieurs herboristes, qui lui ont beaucoup appris. Dans le cadre de la création de Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada, elle considérait essentiel d’avoir l’opinion de passionnés des végétaux issus des premières nations. Sonia Robertson, qui signe la préface, a «lu le manuscrit et dit ‘’oui, je cautionne ce qui est écrit’’», confirme Mme Schneider.

La création de ce livre a nécessité trois années de travail, des centaines de journées en forêt et la consultation de plus de 100 ouvrages.

«Mais je ne dis pas que je suis une spécialiste de la médecine amérindienne», tient-elle à préciser. Elle encourage d’ailleurs toutes les personnes qui s’intéressent à cette «science exacte, vieille comme l’humanité, et très précise», à consolider leurs connaissances en lisant d’autres livres ou en suivant des cours, car il y a toujours davantage à apprendre.

«Je vais dans les bois tous les jours et tous les jours, je trouve de nouvelles espèces ou de nouveaux usages», illustre la résidente de Shefford.

Le livre Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada est disponible depuis mercredi dans les librairies.