Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), la contribution d’assurance a augmenté de plus de 70 $ pour les propriétaires de moto dont la cylindrée est de 401 centimètres cubes ou plus.

Les motocyclistes dénoncent la hausse des coûts d’immatriculation

MONTRÉAL — Comme chaque fin de semaine précédant la Journée nationale des Patriotes, des motocyclistes se donnent rendez-vous pour un grand rassemblement visant à sensibiliser le public et le gouvernement à leurs préoccupations.

Pour une quatrième année de suite, ils convergeront vers le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières, où un curé procédera dimanche après-midi à la bénédiction de leur moto. Un porte-parole de l’événement, le président du Comité d’action politique motocycliste-escargot (CAPM-E), Jeannot Lefebvre, affirme que cela attire généralement environ 500 motocyclistes, mais il ne serait pas surpris que le nombre soit plus élevé cette année devant le mécontentement suscité par la hausse importante des coûts d’immatriculation des motos par rapport à l’année dernière.

Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), la contribution d’assurance a augmenté de plus de 70 $ pour les propriétaires de moto dont la cylindrée est de 401 centimètres cubes ou plus. La facture est encore plus salée pour les propriétaires de motos sport, dites à risque par la SAAQ, qui ont dû débourser près de 200 $ de plus pour leur certificat d’immatriculation, dont les coûts s’élevaient à 1534,97 $ en 2019 en tenant compte de tous les frais et services.

«On essaie de comprendre pourquoi il y a une telle augmentation puisque dans les dernières années, car le bilan routier s’est amélioré, explique M. Lefebvre, en entrevue à La Presse canadienne. On observe aussi chaque année l’arrivée d’environ 7000 nouveaux motocyclistes, donc il y a plus de gens qui contribuent au fonds d’assurance.»

Le récent bilan routier de la SAAQ montre en effet une légère amélioration quant au nombre d’accidentés en motocyclette en 2018 qui s’est élevé à 1865, par rapport à 1924, l’année précédente. Le nombre de décès est resté le même à 49 tandis que le nombre de blessés graves a légèrement baissé, passant de 237 en 2017 à 232.

À la défense des droits des motocyclistes

L’objectif sera d’informer les motocyclistes de leurs droits tout en tentant de trouver des pistes de solutions à proposer à la SAAQ. Toutefois, cela n’empêche pas M. Lefebvre de dénoncer une certaine forme «d’iniquité parmi les motocyclistes».

«La SAAQ devrait évaluer le risque selon le niveau d’expérience des conducteurs, soutient-il. Ce n’est pas normal que moi, qui fais de la moto depuis 40 ans, doive payer le même prix que quelqu’un qui commence à se promener sur la route.»

D’ailleurs, le CAPM-E aimerait que la SAAQ abolisse la catégorisation selon le type de moto et de cylindrée pour revenir au modèle d’avant les années 2000 quand il n’y avait qu’un grand parc moto et un grand parc auto, de sorte que le principe du «sans égard à la faute» s’appliquait vraiment à tout le monde.

«Depuis les années 2004-2005, ils ont changé la loi. Ils ont créé les catégories de moto de sorte que maintenant les motocyclistes sont responsables de l’indemnisation qui est versée aux motocyclistes qui font des réclamations à la SAAQ, même si l’accident a été causé par un automobiliste.»

Le comité que représente M. Lefebvre souhaite aussi rendre leur loisir plus sécuritaire et que le gouvernement en fasse un petit plus pour sensibiliser les automobilistes. «De regarder avant de se tasser parce que le grand problème, c’est ça!» s’exclame-t-il.

Jeannot Lefebvre, qui étudie ces dossiers depuis plus d’une vingtaine d’années, déplore que tout doit être à recommencer à chaque changement de gouvernement.

«On a rencontré le ministre des Transports, François Bonnardel, en janvier. On a parlé, entre autres, des modifications au Code de la sécurité routière. Une des préoccupations du ministre, c’était l’accès graduel à la moto. Pourtant, ça faisait partie des recommandations du comité en 2013, mais il n’y a jamais eu de suivi, fait-il remarquer. Avant de permettre à tout nouveau motocycliste de se procurer une "bombe", il pourrait effectivement commencer avec quelque chose de plus petit pour en comprendre la dynamique.»