Le parlement d'Ottawa

Les Métallos à Ottawa pour que les retraités ne soient plus victimes des faillites

Le Syndicat des Métallos ne veut plus voir de retraités subir une diminution de 30 pour cent de leur rente parce que l’entreprise fait faillite et qu’ils sont parmi les derniers créanciers. Le syndicat porte donc son combat à la Chambre des communes, pour faire mieux protéger les retraités dans une loi.

Une trentaine de représentants de ce grand syndicat, en provenance du Québec et de l’Ontario, rencontreront des députés fédéraux pour les sensibiliser à la cause, jusqu’au 8 novembre. Ils ont déjà l’appui du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois, puisque deux projets de loi d’initiative parlementaire ont déjà été déposés en ce sens.

Nortel, Sears, les électroménagers Mabe à Montréal, White Birch à Québec, la minière Cliff au Labrador et sur la Côte-Nord, les exemples d’entreprises en difficulté financière et dont les retraités ont subi les contrecoups sont nombreux, a déploré au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Nicolas Lapierre, coordonnateur régional sur la Côte-Nord pour le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ.

Il explique qu’à l’heure actuelle, lorsqu’une entreprise fait faillite et que le régime de retraite affiche un déficit, les retraités sont en queue de peloton pour toucher leur argent. «On passe comme le dernier créancier. On ramasse les miettes de pain. Les banques, les taxes scolaires, les taxes municipales, tout le monde va passer avant le déficit du régime de retraite», s’est exclamé M. Lapierre, outré.

Le Syndicat des Métallos-FTQ, qui a vécu cette situation notamment avec les difficultés de la minière Cliff, et qui a réussi à obtenir davantage d’argent pour les retraités grâce à un long combat qu’il a mené, veut donc régler le problème à la source. Il se bat donc pour que les retraités montent plus haut dans l’échelle des créanciers.

«Ce qu’on cherche, c’est devenir des créanciers prioritaires. Dans l’éventualité où il y aurait une faillite d’entreprise ou que l’entreprise se mettrait sous la protection des créanciers, on aurait plus de chances d’avoir de l’argent. Dans l’éventualité où il y aurait une liquidation des actifs de l’entreprise, bien on serait un des premiers à aller piger dedans pour renflouer le régime de retraite», a expliqué M. Lapierre.

Il invite particulièrement les députés libéraux fédéraux, «qui se disent près de la classe moyenne», à appuyer cette cause pour les travailleurs et les retraités.

«Une injustice»

La députée du Bloc québécois Marilène Gill, qui a déposé un projet de loi pour mieux protéger ces retraités, explique avoir été touchée par «ces gens-là, qui se retrouvent dans une certaine misère, et la misère n’est pas seulement sur le plan financier, c’est psychologique aussi».

Certains ont vu leur rente réduite de 25 pour cent, 30 pour cent, après avoir travaillé 25 ans, 30 ans dans une entreprise. «Pour moi, c’est un vol, c’est une injustice. Et je tenais à ce qu’il y ait un projet de loi, tout humble, qui puisse tenter de redresser un peu la situation.»

Son projet de loi a passé l’étape de la première lecture. La deuxième lecture devrait avoir lieu au début de mars. Elle espère que le dernier exemple en lice, celui de Sears, aura «ouvert les yeux» des députés fédéraux et qu’ils comprendront l’urgence de mieux protéger les retraités et les travailleurs.