Des chercheurs de l’université Lehigh, en Pennsylvanie, ont constaté que chez les femmes qui franchissaient au moins 80 kilomètres pour se rendre travailler, chaque tranche de 16 kilomètres augmentait de près d’un point de pourcentage le risque d’avoir un bébé de petit poids (soit un bébé qui pèse moins de 2,5 kilos).

Les longs déplacements pour aller travailler menaceraient le foetus

Les femmes enceintes qui parcourent de longues distances pour aller travailler mettent potentiellement en péril la santé de leur foetus, prévient une nouvelle étude américaine.

Elles augmenteraient notamment leur risque d’accoucher d’un bébé de petit poids.

Des chercheurs de l’université Lehigh, en Pennsylvanie, ont constaté que chez les femmes qui franchissaient au moins 80 kilomètres pour se rendre travailler, chaque tranche de 16 kilomètres augmentait de près d’un point de pourcentage le risque d’avoir un bébé de petit poids (soit un bébé qui pèse moins de 2,5 kilos).

De plus, chaque tranche de 16 kilomètres parcourue au-delà de 80 kilomètres augmentait de 0,6 % le risque de retard de croissance intra-utérin, comparativement aux femmes qui travaillaient à 16 kilomètres ou moins de chez elles.

Les chercheurs croient que d’aussi longs déplacements augmentent possiblement le stress chronique de la mère. Ils soulignent également que les femmes qui consacrent autant de temps à leur voyagement sont moins susceptibles d’assurer un suivi adéquat de leur grossesse, notamment en omettant certaines visites recommandées chez le médecin, voire toutes les visites.

«On sait que plusieurs patientes mènent des grossesses dans des conditions de vie qui ne sont pas faciles, et ça inclut voyager 100 kilomètres pour aller travailler», a commenté l’obstétricien-gynécologue François Audibert, du CHU Sainte-Justine.

De façon générale, poursuit-il, il y a une association bien connue entre la prématurité et les conditions socioéconomiques difficiles. Cela étant dit, l’étude n’établit pas de lien de causalité entre les déplacements et les complications.

«Est-ce que les longs trajets sont vraiment la cause unique (des accouchements prématurés), (...) ou bien y a-t-il d’autres variables chez ces patientes, par exemple sociodémographiques, qui expliquent qu’elles puissent avoir non seulement de longs trajets dans leurs vies, mais avoir des vies plus compliquées, moins de ressources, peut-être des conditions de vie qui sont plus compliquées et qui sont associées à des risques d’accouchement prématuré?» se demande le docteur Audibert.

Il n’est en revanche pas possible d’exclure que le voyagement lui-même puisse avoir un effet, notamment en raison des vibrations quotidiennes.

«C’est quelque chose qu’on fait déjà de façon instinctive, a expliqué le docteur Audibert. De façon générale, on dit à nos patientes qui sont enceintes d’essayer de limiter les situations qui sont fatigantes, la station debout prolongée, le port de charges lourdes, etc.»

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal scientifique Economics & Human Biology.