Le mairesse de Montréal, Valérie Plante, fait partie des 19% de femmes à occuper ce poste à l'échelle de la province.

Les femmes toujours sous-représentées en politique et dans les postes de présidente

Les femmes sont de plus en plus représentées dans les instances en 2018, mais on est encore loin de la parité dans les secteurs traditionnellement associés aux hommes comme la politique, la haute fonction publique et les affaires.

C’est ce qui ressort de la compilation réalisée par le Conseil du statut de la femme, qui a sollicité près de 600 organisations à travers le Québec dans tous les domaines.

Sans trop de surprise, les femmes sont bien représentées dans les secteurs associés à elles comme la culture, l’éducation et la santé.

Elles sont entre autres majoritaires dans les conseils régionaux de la culture (59,5 %), les tables régionales de concertation des aînés (58,1 %) et les commissions scolaires (51 %).

Par contre, dans l’ensemble du Québec, en 2018, les femmes sont plus souvent membres de conseils d’administration que présidentes. Les universités (52,9 %), les tables régionales de concertation des aînés (66,7 %) et les unités régionales de loisir et de sport (41,2 %) font toutefois exception. La proportion de femmes dans ces lieux est plus élevée à la présidence que parmi les membres des conseils d’administration.

Elles sont aussi plus présentes dans les instances régionales que dans les instances nationales qui les chapeautent.

Toujours sous-représentées

Les femmes demeurent en 2018 sous-représentées dans les MRC (23 % de préfètes), dans les municipalités (19 % de mairesses et 35 % de conseillères municipales), dans la haute fonction publique québécoise (36 % des sous-ministres et 35 % à la présidence d’organismes gouvernementaux) et à la Fédération des chambres de commerce (22 % au conseil d’administration).

Selon le Conseil du statut de la femme, la faible présence des femmes en politique s’explique notamment par une socialisation différenciée des garçons et des filles. Certains attributs exigés actuellement dans le champ politique, comme l’affirmation de soi, la prise de parole en public et la combativité, sont encore transmis davantage aux garçons qu’aux filles pendant l’enfance, estime le Conseil.

L’organisation du travail des parlementaires a été également pensée et mise en place par des hommes et elle n’a pas beaucoup changé, même si les hommes consacrent de plus en plus de temps aux tâches domestiques. C’est encore un obstacle pour les femmes vu la persistance d’un partage inégal des responsabilités familiales.

Les femmes mettent aussi plus de temps pour se décider avant de se lancer en politique. Enfin, la culture masculine du débat politique, fondé sur l’idée de combat et de joute, est encore très fort. Cette culture contribue à marginaliser les femmes qui se reconnaissent globalement moins dans ce mode d’échange.

L’UMQ veut la parité en 2021

Le nombre de femmes dans les conseils municipaux augmente environ de 2 % à chaque élection, une situation que l’Union municipale du Québec veut absolument changer pour atteindre la parité dès les prochaines élections en 2021. «Si ça continue comme ça, on va atteindre la parité dans seulement 20 ou 30 ans et on veut que les choses bougent en mettant en valeur des actions qui sont positives pour les femmes», a souligné Maude Laberge, présidente de la Commission Femmes et gouvernance de l’UMQ et mairesse de Sainte-Martine (Montérégie).

L’UMQ a donc sorti, vendredi, une BD dont l’héroïne se présente en politique après réflexion et qui montre qu’il s’agit d’une expérience positive. «Il y a huit planches et on va en sortir une par semaine. Chaque planche a été créée à partir d’histoires vécues. On a demandé aux élues de nous raconter leur parcours politique», a-t-elle expliqué.

L’UMQ souhaite également s’attaquer au salaire des élus dans les petites municipalités. Pour l’instant, le salaire est tellement bas que la majorité des élus ont un autre emploi à temps plein. «Les femmes gagnent moins que les hommes, elles sont donc obligées de garder leur emploi, elles doivent aussi s’occuper de leur famille. Donc la charge d’élue, c’est une troisième occupation pour elles», a indiqué Mme Laberge.

En 2017, seulement trois femmes ont été élues comme mairesse dans les 10 plus grosses villes du Québec : Valérie Plante à Montréal, Josée Néron à Saguenay et Sylvie Parent à Longueuil. «Ça prend des femmes comme elles pour montrer aux autres femmes que c’est possible», a affirmé la mairesse de Sainte-Martine, une municipalité de moins de 6000 habitants.

Malgré ces chiffres bas, les mentalités changent peu à peu. La parité commence à apparaître chez les moins de 35 ans avec 42 % de femmes, mais pour l’instant, ils ne représentent que 5,5 % des élus municipaux. Il y a donc aussi un travail à faire chez les jeunes pour les attirer en politique.

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LA CAPITALE-NATIONALE NE DONNE PAS L'EXEMPLE

La parité homme-femme n’a pas encore complètement trouvé son chemin dans la Capitale-Nationale. Les femmes sont particulièrement sous-représentées en politique et dans les affaires.

Selon une compilation menée par le Conseil du statut de la femme. Les femmes occupent moins de 40 % des sièges dans plusieurs lieux décisionnels et consultatifs. C’est le cas notamment à l’Assemblée nationale où l’on trouve seulement 27 % de députées issues de la grande région de Québec. Dans les MRC, seulement 16,7 % des femmes occupent le poste de préfet. En politique municipale, la région a élu 12,3 % de femmes comme mairesses et 33,2 % comme conseillères municipales. Dans le milieu des affaires, les femmes ont du mal à trouver une place au sein des conseils d’administration des chambres de commerce avec 35,2 %. Les présidentes de ces CA sont encore moins nombreuses, à 16,7 %. Les associations touristiques régionales (29,8 %) et l’Unité régionale de loisirs et de sports (13,3 %) ne donnent pas non plus une image très positive.

Dans la Capitale-Nationale comme dans l’ensemble du Québec, les milieux paritaires se rapportent plus souvent aux secteurs auquels elles sont traditionnellement associées, c’est-à-dire dans l’éducation et la santé. Dans les commissions scolaires, entre autres, on trouve 57,3 % de femmes dans les conseils d’administration. Toutefois, peu d’entre elles occupent le poste de présidente (16,7 %).