Parmi ses principaux secteurs d’activités, Desjardins rapporte une baisse des excédents de 37 % à 213 millions dans le secteur des «Particuliers et entreprises» au premier trimestre.
Parmi ses principaux secteurs d’activités, Desjardins rapporte une baisse des excédents de 37 % à 213 millions dans le secteur des «Particuliers et entreprises» au premier trimestre.

Les excédents de Desjardins plongent à cause de la pandémie

Julien Arsenault
La Presse canadienne
MONTRÉAL - Les nombreuses secousses provoquées par la pandémie de COVID-19 ont fait fondre d'environ 29 % les excédents du Mouvement Desjardins au premier trimestre, mais l'institution assure que ses «assises solides» lui permettront de traverser d'autres trimestres difficiles. 

Malgré une hausse de 8,2 % de ses revenus, qui se sont établis à 4,67 milliards $, le groupe financier a affiché, pour la période de trois mois terminée le 31 mars, des excédents avant ristournes de 285 millions $, en recul de 116 millions $ sur un an.

Cette performance est essentiellement attribuable à une augmentation de la provision pour pertes de crédit, qui a été de 324 millions $, et de provisions liées à l'assurance voyage - environ 175 millions $. Une «croissance soutenue» du réseau des caisses et une «bonne performance» dans le secteur de l'assurance de dommages ont permis d'atténuer la baisse des excédents.

«Nous avons plus de 25 milliards $ de capitalisation, a expliqué le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, au cours d'une conférence téléphonique avec les médias. C'est un coussin financier qui est très adéquat pour nous actuellement.»

Le ratio de fonds propres - qui mesure la résilience des institutions financières - de 22,2 % à la fin du premier trimestre est «certainement parmi les plus élevés en Amérique du Nord et dans le monde», selon le dirigeant de la coopérative.

Au 31 mars, l'actif total de Desjardins se chiffrait à 326 milliards $, en hausse de 4,4 % par rapport à la fin décembre.

Interrogé sur les risques liés au portefeuille de prêts des entreprises faisant affaire avec Desjardins, M. Cormier a dit ne pas observer de disparité entre la grande région de Montréal, où le déconfinement se fait attendre, et le reste de la province.

«Nous sommes à l'étape de mieux mesurer nos différents portefeuilles, a-t-il dit. L'hôtellerie, la restauration, les loisirs et les sports sont des secteurs sous pression.»

Pas sorti de l'auberge

Le grand patron de la coopérative établie à Lévis a dit s'attendre à ce que les deux prochains trimestres demeurent «difficiles» et anticipe une «certaine reprise» vers la fin de l'année ou au début de 2021.

M. Cormier a toutefois pris soin d'ajouter que le portrait pourrait rapidement changer en raison d'éléments comme la durée des mesures de confinement, la réaction des consommateurs ainsi que la reprise de l'emploi.

«Il y a encore beaucoup de variables, mais nous demeurons très optimistes sur la capacité de Desjardins à traverser des trimestres de difficultés financières», a-t-il lancé.

Depuis le 16 mars, plus de 700 000 demandes de mesures d'allègement ont été reçues par la coopérative, comme pour des reports de versements hypothécaires ainsi que de paiements de cartes de crédit.

En ce qui a trait à la performance de chacun des secteurs de Desjardins, celui des particuliers et des entreprises a vu ses excédents plonger de 37,5 %, à 213 millions $.

Le premier trimestre s'est soldé par un déficit de 41 millions $ dans la gestion de patrimoine et l'assurance de personnes, comparativement à un surplus de 133 millions $ au premier trimestre de l'an dernier, en raison des provisions prises en lien avec l'assurance voyage.

Du côté de l'assurance de dommages, les excédents nets ont été de 73 millions $, par rapport à un déficit net de 81 millions $ à la même période il y a un an, entre autres grâce à une augmentation des primes nettes et une sinistralité moins importante.

À l'heure actuelle, quelque 38 000 des 48 000 employés de Desjardins sont en télétravail. La haute direction de la coopérative ignore pour le moment quelle proportion de ses salariés pourrait continuer à travailler à la maison de manière permanente.

«Nous avons développé la capacité de brancher 40 000 personnes en télétravail, on ne veut pas que cela soit une dépense, mais un investissement, a précisé M. Cormier. C'est clair qu'il va y avoir un avant et après (la pandémie).»

Le portrait devrait toutefois évoluer au cours des prochains mois selon les recommandations des gouvernements, a indiqué la direction de Desjardins.