Les étapes à suivre après avoir été piqué par une tique

Que faire après s'être fait piquer par une tique? C'est la question que La Tribune a posée à la Dre Linda Pinsonneault, de la Direction de santé publique de l'Estrie, devant l'augmentation du nombre de cas déclarés de maladie de Lyme en Estrie et en Montérégie.

« Ça dépend, explique la médecin. Si l'on enlève la tique dans les 24 premières heures, on l'écrase, on s'en débarrasse et on l'oublie. Si la tique est restée attachée plus de 24 heures, pour les gens qui ont visité les territoires à haut risque comme la Haute-Yamaska, on enlève la tique et on va voir notre médecin de famille, un médecin dans une clinique sans rendez-vous ou un pharmacien dans les trois jours. On peut avoir accès à un antibiotique d'une dose pour nous empêcher de développer la maladie de Lyme », dit-elle.

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La maladie de Lyme inquiète

« Dans les zones à haut risque, il y a environ une chance sur cinq que la tique soit porteuse de la maladie, poursuit-elle. Même si elle l'est, ce n'est pas 100 % sûr qu'elle va la transmettre. »

Si la piqûre a été faite à Sherbrooke, le danger est moins grand. « Si quelqu'un n'a jamais été dans les secteurs à haut risque et retire sa tique après plus de 24 heures, il peut garder sa tique dans un petit pot et surveiller ses symptômes. Pas obligé d'aller voir un médecin. La probabilité d'attraper cette maladie à Sherbrooke est très faible », assure-t-elle, ajoutant que les symptômes commencent entre trois et dix jours plus tard. Les symptômes peuvent débuter jusqu'à un mois après la piqûre.

Laboratoire

Une tique peut être envoyée au laboratoire, mais celle-ci n'est pas utilisée à des fins de traitement. « Les résultats de la tiquepeuvent permettre de constater quelles sont les zones à haut risque », indique Dre Pinsonneault.

Dans certains cas, l'insecte voyagera jusqu'à Winnipeg. « La tique est d'abord envoyée au laboratoire de santé publique du Québec à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ils déterminent la sorte de tique. Si c'est la bonne sorte de tique, ils l'envoient à Winnipeg et c'est ce qui prend du temps », décrit-elle, ajoutant que ça changerait peu de choses d'avoir notre propre laboratoire d'analyse au Québec, car elles sont seulement utilisées pour déterminer les zones.

Est-ce que Sherbrooke pourrait devenir une zone à haut risque? « C'est sûr que lorsqu'on regarde l'arrivée de la maladie au Québec, on constate une croissance. Est-ce que c'est plausible que ça arrive? Oui. Est-ce que des gens se font piquer par des tiques à Sherbrooke? Oui. Actuellement, il y a peu ou pas de personnes qui ont contracté la maladie de Lyme à Sherbrooke. Le risque n'est pas nul, mais Sherbrooke n'est pas à haut risque », résume-t-elle, mentionnant qu'il ne faut pas se priver de faire du plein air par peur d'attraper la maladie de Lyme.