Laurent Duvernay-Tardif (à droite) est devenu le premier Québécois à gagner le Super Bowl dans la victoire de 31-20 des Chiefs de Kansas City sur les 49ers de San Francisco, dimanche.
Laurent Duvernay-Tardif (à droite) est devenu le premier Québécois à gagner le Super Bowl dans la victoire de 31-20 des Chiefs de Kansas City sur les 49ers de San Francisco, dimanche.

Les Chiefs et Duvernay-Tardif champions!

La Presse Canadienne
MIAMI — L’attaque des Chiefs de Kansas City n’avait plus rien à prouver, mais elle a tout de même conclu la 100e saison de la NFL avec un énorme point d’exclamation.

Les Chiefs ont effacé un retard de 10 points au quatrième quart et ont battu les 49ers de San Francisco 31-20, dimanche, lors du 54e Super Bowl. Alors que la défensive des 49ers semblait avoir trouvé une façon de museler une des meilleures attaques de la NFL, les Chiefs se sont ressaisis et ils ont marqué 21 points sans riposte au quatrième quart.

Patrick Mahomes a d’abord lancé une passe de touché d’une verge à Travis Kelce pour réduire l’écart à 20-17.

Damien Williams a ensuite donné les devants aux Chiefs après avoir capté une passe de cinq verges et il a couronné la spectaculaire remontée des siens en inscrivant un majeur lors d’une course de 38 verges.

Les Chiefs constituent seulement la troisième équipe de l’histoire du Super Bowl à avoir effacé un retard de 10 points au quatrième quart. Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre avaient réussi l’exploit contre les Seahawks de Seattle, en 2015, et les Falcons d’Atlanta, en 2017.

La formation de Kansas City a gagné le deuxième titre du Super Bowl de son histoire et un premier en 50 ans. Les Chiefs avaient défait les Vikings du Minnesota 23-7 lors du quatrième Super Bowl, le 11 janvier 1970.

«Le trophée Vince-Lombardi est magnifique, a mentionné le propriétaire des Chiefs, Clark Hunt. Je suis si heureux pour les joueurs, les entraîneurs et les partisans. Surtout pour Andy Reid. Aucune personne ne mérite ce trophée plus que lui.»

Le quart-arrière Patrick Mahomes a été nommé le joueur le plus utile du match. Il a complété 26 de ses 42 passes pour des gains aériens de 286 verges.

Le premier pour Andy Reid

À 61 ans, Andy Reid a pour sa part remporté un premier Super Bowl en tant qu’entraîneur-chef. Il avait savouré le titre de la NFL comme adjoint à Mike Holmgren, avec les Packers de Green Bay, mais il avait subi un revers contre les Patriots lors de sa seule autre visite, en 2005.

«C’est pour cette raison que nous sommes là. Nous avons une très bonne équipe et de très bons entraîneurs. J’ai apprécié chaque moment cette saison», a déclaré Reid.

Le joueur de ligne offensive des Chiefs Laurent Duvernay-Tardif est également devenu le premier joueur québécois à mettre la main sur le trophée Vince-Lombardi.

Mahomes, âgé de 24 ans, a été nommé le joueur le plus utile du match. Il a complété 26 de ses 42 passes pour des gains aériens de 286 verges. Williams a amassé 104 verges en 17 courses.

«Nous avons du cœur, a déclaré le quart. Depuis le premier jour. Notre entraîneur nous pousse à devenir les meilleures personnes que nous pouvons être et nous n’abandonnons pas.»

Après que Mahomes eut lancé deux interceptions lors de deux séquences offensives consécutives, les espoirs de championnat des Chiefs semblaient en péril. «Nous n’avons jamais perdu la foi, a-t-il affirmé. C’est la chose la plus importante. Nous avons cru en nous aussi. Nous avons parlé de ça pendant toute l’année et nous avions l’entraîneur-chef [Andy Reid] pour nous amener ici. Nous avons trouvé une façon de gagner à la fin.»

Les receveurs des Chiefs Tyreek Hill et Sammy Watkins ont connu une bonne partie face à l’excellente défensive des 49ers. Hill a capté neuf ballons pour des gains de 105 verges alors que Watkins a réussi cinq attrapés pour des gains de 98 verges.

Le quart des 49ers Jimmy Garoppolo a vu 20 de ses 31 tentatives par la voie des airs être saisies pour des gains de 219 verges. Il a lancé une passe de touché et il a été victime de deux interceptions.

Le trio de porteurs de ballon composé de Raheem Mostert, Deebo Samuel et Tevin Coleman a bien joué pendant les trois premiers quarts, mais il n’a pas vraiment eu l’occasion de se faire valoir alors que la formation de San Francisco tirait de l’arrière. Mostert a récolté 58 verges au sol, Samuel en a obtenu 53 et Coleman en a ajouté 28.

«Les gars ici ont mal. Comme c’est mon cas, a admis l’entraîneur-chef des 49ers, Kyle Shanahan. C’est difficile de perdre le Super Bowl, mais je suis extrêmement fier de ces joueurs et de ce que nous avons accompli cette année. C’est un groupe spécial.»

Moment décisif du match quand le porteur de ballon Damien Williams a marqué un touché.

Bon départ de la défensive des Niners

La défensive des 49ers a donné le ton dès sa première présence sur le terrain et l’attaque a emboîté le pas à sa première prise de ballon. Les hommes de Kyle Shanahan ont établi leur jeu au sol et Robbie Gould a ouvert le pointage grâce à un placement de 38 verges.

Mahomes a chassé la nervosité et il a répliqué à ses adversaires en orchestrant une série à l’attaque de 15 jeux et 75 verges qui a duré sept minutes et 26 secondes. Le jeune quart a utilisé ses jambes une première fois pour amasser 10 verges et il a terminé le travail en franchissant la ligne des buts pour un majeur d’une verge.

Les Chiefs ont ensuite servi la même médecine défensive à la formation californienne, quand Bashaud Breeland a facilement intercepté une passe de Garoppolo. Ils ont profité de ce revirement pour prendre les devants 10-3 à la suite d’un botté de précision de 31 verges de Harrison Butker.

Garoppolo a été plus prudent lorsque son équipe a récupéré le ballon. Il a rejoint Kyle Juszczyk sur 15 verges pour niveler le pointage 10-10 à la demie. Les 49ers ont repris là où ils avaient laissé en début de deuxième demie. Gould a réussi un placement de 42 verges et la défensive a réalisé un gros jeu quand Fred Warner a intercepté une passe de Mahomes.

Mostert a mis fin à la série offensive de sa formation en utilisant toutes ses forces pour franchir la seule verge manquante pour atteindre la zone des buts, procurant une avance de 20-10 aux 49ers.

L’équipe de San Francisco a refait le coup à Mahomes avant la fin du troisième quart, alors que Tarvarius Moore a réussi le deuxième larcin des 49ers, mais Mahomes et les Chiefs n’ont pas été ébranlés.

«Nous avons raté quelques occasions en zones profondes. Ce sont des jeux que nous réussissons habituellement», a observé Garoppolo.

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SHAKIRA, TRUMP ET KOBE, LES 5 TEMPS FORTS DU SUPER BOWL

Shakira, dans son habit doré, et Jennifer Lopez, tout d’argent vêtue, en ont mis plein la vue aux spectateurs à la mi-temps.

Malgré son mètre cinquante-sept, Shakira a occupé le terrain du Hard Rock Stadium comme aucun des géants de la NFL, dimanche, lors de son spectacle de la mi-temps. Avec Donald Trump, Kobe Bryant et Jennifer Lopez, elle a été la vedette des à-côtés du Super Bowl.

Kobe Bryant dans les cœurs

Le décès accidentel du légendaire basketteur a ému bien au-delà de la NBA et une semaine jour pour jour après sa disparition, la NFL a voulu lui rendre hommage. Avant la présentation des équipes, les Chiefs et les 49ers se sont positionnés sur leurs lignes des 24 verges, clin d’œil au numéro de maillot de Kobe Bryant. Le stade a alors observé une minute de silence. Dans le public, au milieu des maillots de Kansas City et San Francisco, certains portaient le chandail des Lakers frappée du numéro 8 (celle de Kobe Bryant au début de sa carrière) ou du 24. Plusieurs joueurs du Super Bowl avaient inscrit sur leurs chaussures des messages en mémoire du «Black Mamba», le surnom de Bryant.

Fièvre latina à la mi-temps

Attendues pour donner une touche hispanique à ce Super Bowl qui se disputait à Miami, la métropole la plus latino des États-Unis, Shakira et Jennifer Lopez n’ont pas déçu. La Colombienne a démarré avec un medley comprenant notamment Whenever, Wherever et Hips Don’t Lie, bientôt rejointe par le rappeur et chanteur portoricain Bad Bunny. La New-Yorkaise Jennifer Lopez a pris le relais, maintenant le rythme, effréné. Aux célèbres mouvements de hanches de Shakira, «J-Lo» a répondu par des ondulations du fessier et une séance de pole dance, tout droit sortie de son récent film. Les basses, la danse, les battements par minute, tout rappelait l’atmosphère des clubs de Miami. À l’applaudimètre et sur les réseaux sociaux, Shakira l’a emporté haut la main.

Trump et Bloomberg se font (de) la pub

Célébrités, loufoqueries et nouveautés qu’avaient convoqués les marques pour leurs publicités n’y ont rien fait, le terrain publicitaire le plus prisé de l’année a été phagocyté par Donald Trump et Michael Bloomberg, premiers candidats à la présidentielle à s’offrir une publicité lors du Super Bowl dans tout le pays. Plutôt que de s’attaquer l’un l’autre, ils ont préféré s’éviter et s’adresser chacun aux électeurs noirs. Le président a mis en avant sa réforme du système judiciaire américain, incarnée par une femme noire, qui a bénéficié d’une libération anticipée. Un message accueilli avec scepticisme sur Twitter, beaucoup l’accusant d’instrumentalisation. La publicité de Michael Bloomberg, contre la violence des armes, présentait lui aussi une femme noire, la mère d’un jeune homme tué par balles. Le principal lobby des armes, la NRA, a immédiatement contre-attaqué, prévenant que les propriétaires d’armes ne se laisseraient pas déposséder.

Le canular de Tom Brady

Une photo du quart des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, à l’entrée d’un stade de football, avait fait jaser, certains y voyant l’annonce d’une retraite prochaine. «Ils disent que toutes les bonnes choses ont une fin», a commencé Tom Brady au début d’une publicité diffusé durant le Super Bowl. Mais il s’agissait d’un canular et la fin en question était celle de la télévision traditionnelle, annoncée par le service en ligne Hulu. «Mais moi?» conclut celui qui est souvent considéré comme le meilleur joueur de tous les temps, «je ne vais nulle part». En fin de contrat, Tom Brady devrait donc être de retour l’an prochain et n’a pas exclu de rejoindre un autre club que son équipe de toujours, les Patriots, avec laquelle il a remporté six Super Bowls.

Les Chiefs font la joie des parieurs

En retournant le score à son avantage en toute fin de match, Kansas City a fait plus d’un heureux parmi les parieurs, ainsi que chez les parieurs, qui avaient fait des Chiefs le favori (écart minimum de 1,5 point en moyenne). Selon l’association américaine des jeux d’argents (AGA), quelque 26 millions d’Américains prévoyaient de parier sur le Super Bowl un total estimé à 6,8 milliards de dollars. Côté perdants, selon Darren Rovell, du site spécialisé Action Network, deux personnes ont parié, et perdu, un million de dollars chacune sur le match, optant pour les 49ers.  AFP