Des demandeurs d'asile traversent la frontière à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Les Canadiens croient en l’immigration, mais s’inquiètent des demandeurs d’asile, selon un sondage

OTTAWA - Une enquête commandée par le gouvernement fédéral pour évaluer les perceptions de la population à l’égard de l’immigration semble démontrer que les Canadiens appuient en général les niveaux d’immigration actuels, mais qu’ils sont inquiets et perplexes au sujet des demandeurs d’asile.

L’enquête a été menée en mars par la firme de sondages Ipsos, qui a interrogé de nouveaux arrivants, des immigrants bien établis et des citoyens en général parmi le grand public. Les participants ont pris part à des groupes de discussion ou ont répondu à des sondages téléphoniques ou en ligne.

Le sondage, qui a coûté 245 000 $, a été commandé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dans de cadre d’une étude plus large visant à mieux cerner l’opinion des Canadiens sur les immigrants et les programmes d’immigration fédéraux.

La plupart des participants ont affirmé que l’immigration avait un effet positif sur le Canada et son économie.

Certains ont toutefois exprimé des doutes au sujet de l’équité du système, compte tenu du nombre de personnes qui sont entrées de manière irrégulière au pays au cours de la dernière année afin de demander l’asile.

Le sondage révèle que le public perçoit les immigrants irréguliers comme des gens qui exploitent le système pour obtenir une entrée accélérée au pays. Le public craint aussi que les procédures de sécurité soient compromises.

Mathieu Genest, l’attaché de presse du ministre de l’Immigration Ahmed Hussen, a expliqué que ce sondage faisait partie des efforts du gouvernement fédéral pour mieux comprendre comment son travail était perçu par la population.

En ce qui concerne les inquiétudes suscitées par les demandeurs d’asile, M. Genest a pointé du doigt les conservateurs, à qui il a reproché d’être à l’origine de ces craintes.

«Ce sondage montre clairement que la campagne de désinformation des conservateurs a eu un impact sur les Canadiens», a-t-il déclaré.

«Que ce soit l’affirmation selon laquelle 400 personnes par jour traverseraient la frontière au cours de l’été, alors que les chiffres sont en fait 10 fois moins élevés, ou l’affirmation selon laquelle les demandeurs d’asile passaient devant les autres alors qu’ils savent que c’est faux, il est clair que les vieux trucs tirés du grand livre de M. Harper ont semé la confusion au sein des communautés.»

Michelle Rempel, porte-parole conservatrice en matière d’immigration, a démenti les accusations de Mathieu Genest et a dénoncé le fait que l’étude présente comme une «fausse idée» l’opinion des répondants qui s’opposent à l’approche du fédéral par rapport aux immigrants irréguliers.

«Le gouvernement dit aux Canadiens et à beaucoup de Néo-Canadiens que leur vision de ce qui est juste ou non n’est pas bonne», a martelé Mme Rempel.

«Il existe maintenant une nouvelle façon permanente d’entrer au Canada qui est facilitée par le gouvernement et je pense que beaucoup de Canadiens, de Néo-Canadiens, de résidants permanents ou de personnes récemment arrivées qui essaient de faire venir leurs proches regardent cette situation et se disent: «Ce n’est pas juste. Pourquoi les membres de ma famille doivent attendre aussi longtemps alors que les (immigrants irréguliers) peuvent accélérer le traitement de leur demande pour un permis de travail et un logement?»»

L’étude montre aussi comment plusieurs messages potentiels ont été testés par le gouvernement dans le but de promouvoir l’immigration auprès des Canadiens.

Ipsos recommande qu’Ottawa consacre ses communications aux avantages économiques et culturels de l’immigration afin de répondre aux préoccupations du public.