La réserve autochtone d’Attawapiskat, en Ontario

Les Autochtones ont du mal à se nourrir suffisamment et convenablement au Canada

OTTAWA - Une nouvelle étude sur la nutrition des Autochtones a révélé des taux d’obésité et de diabète nettement supérieurs à ceux de la population canadienne en général.

L’étude nationale, qui porte sur une dizaine d’années, révèle également que près de la moitié des familles autochtones ont du mal à se nourrir suffisamment.

L’Étude sur l’alimentation, la nutrition et l’environnement des Premières Nations a permis à 92 communautés de tout le Canada de colliger des informations sur l’utilisation des aliments traditionnels et achetés en magasin, la sécurité alimentaire, les valeurs nutritives et les contaminants environnementaux dans les aliments traditionnels, ainsi que les métaux lourds et les produits pharmaceutiques dans les eaux de boisson et de surface.

Le rapport final conclut que les communautés autochtones doivent lutter contre l’insécurité alimentaire, un problème de tous les instants qui a des conséquences dramatiques sur la santé. Inversement, l’étude révèle qu’en présence d’aliments traditionnels, les besoins en nutriments et la qualité de l’alimentation s’améliorent. Cependant, plus de la moitié des adultes autochtones affirment que l’accès aux aliments traditionnels a été entravé par les activités de l’industrie et le changement climatique.

Malek Batal est professeur titulaire au département de nutrition de la faculté de médecine de l’Université de Montréal et l’un des chercheurs principaux de l’étude. Selon lui, les gouvernements doivent faire davantage pour supprimer les obstacles à l’accès aux aliments traditionnels et s’attaquer aux coûts élevés de la nourriture dans les zones rurales et isolées.

Parmi les aliments traditionnels tels que le poisson et le gibier, l’étude a révélé en général des concentrations normales de contaminants, mais des niveaux élevés de plomb dans certaines sources de viande, et des taux élevés de mercure chez des femmes de régions nordiques qui consomment certains poissons.

Des traces de médicaments étaient également présentes dans un nombre important de plans d’eau de surface à proximité de communautés des Premières Nations.