L’environnement oublié pendant la pandémie

En plus d’avoir pu assister aux courts métrages dédiés à l’environnement qui étaient prévus dans la programmation de REGARD cette année, des internautes ont pu vivre une soirée animée par Olivier Riffon, professeur en écoconseil à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), mercredi. La pandémie de COVID-19 et son impact sur l’environnement et sur l’économie ont notamment été mis de l’avant par le professeur, à l’occasion du Grand rassemblement virtuel qui a eu lieu pour souligner le Jour de la Terre en direct de la page Facebook du festival.

Lors d’une entrevue, Olivier Riffon a expliqué que les problématiques environnementales tendent à s’effacer en ce temps de pandémie. « Dans mon introduction avant la diffusion des courts métrages, j’ai rappelé l’importance des problématiques environnementales. On en parle peu actuellement, étant donné la crise sanitaire, mais elles restent majeures et les conséquences des changements climatiques risquent d’être encore plus grandes que celles de la propagation du virus. »

La pandémie nous démontre également que nous sommes capables de nous unir pour affronter les menaces, selon Olivier Riffon. « En contexte de crise sanitaire, nous constatons que collectivement, nous sommes capables de nous mobiliser et d’agir. Quand tous les gouvernements du monde décident qu’il y a une menace réelle, nous sommes en mesure de mettre les actions en place pour l’affronter. Avec le leadership des gouvernements, les citoyens se mobilisent. » 

Selon le professeur en écoconseil, la mondialisation subira de nombreuses modifications après la crise. « On réalise aujourd’hui les limites du système néolibéral capitaliste dans lequel on va produire où ça coûte le moins cher. On comprend maintenant qu’on est dépendants de l’extérieur pour produire des choses essentielles telles que de l’équipement médical et ça nous place dans une position de très grande vulnérabilité. » 

La pandémie nous démontre donc les limites du système économique mondialisé et l’importance de maîtriser au niveau local la production de biens essentiels. « Il faut saisir l’occasion de réfléchir à notre capacité à s’approvisionner nous-mêmes », a-t-il expliqué.

La situation actuelle nous amène aussi à nous questionner sur nos besoins essentiels. « On consomme beaucoup moins depuis le début de la crise. C’est une belle occasion de se poser la question sur ce qui est vraiment important pour notre bien-être. Sommes-nous davantage affectés par le fait de ne pas aller magasiner ou de ne plus voir nos proches ? » 

Selon le professeur Riffon, il y a beaucoup de produits de consommation dont on pourrait se passer. « Il va falloir qu’on se serre les coudes et qu’on encourage nos producteurs locaux. Ces actions sont à la portée de tout le monde et permettront de diminuer notre empreinte écologique en plus d’encourager notre économie locale. »