Dans une boutique officielle, comme celle-ci à Chicoutimi, une bouteille de 60 mL peut coûter entre 30 et 40 $, alors que sur le marché noir, la même quantité se vend 5 $, selon l’AVQ.

Le vapotage en plein essor: l’AVQ met en garde contre le marché noir

Devant la montée du marché noir des produits de vapotage, la propriétaire de Vaposhop à Roberval et directrice générale de l’Association québécoise des vapoteries (AQV), Valérie Gallant, rappelle qu’il peut être dangereux pour la santé de s’approvisionner auprès de vendeurs illégaux.

Un article publié le 11 janvier dans le Journal de Québec révélait qu’il est extrêmement facile d’acheter du liquide de vapotage auprès de vendeurs de contrebande. Par l’entremise des réseaux sociaux ou des sites de petites annonces, il est possible de trouver des produits pour cigarettes électroniques en seulement quelques clics.

Il est aussi très simple d’acquérir les ingrédients pour fabriquer son propre liquide de vapotage. Une rapide recherche a permis au Quotidien de trouver une trousse comprenant les ingrédients de base pour faire son propre mélange.


« Tout ce qu’on entend depuis des mois vient à la base des produits qui circulent sur le marché noir. »
Valérie Gallant
Valérie Gallant, directrice générale et fondatrice de l’Association québécoise des vapoteries, est propriétaire de Vaposhop à Roberval.

Les produits obtenus illégalement sont vendus à une fraction du prix, selon Valérie Gallant, fondatrice de l’association provinciale. Dans une boutique officielle, une bouteille de 60 mL peut coûter entre 30 et 40 $. Sur le marché noir, la même quantité se vend 5 $. L’économie n’en vaut pas la chandelle, estime cependant Mme Gallant.

« C’est la source de tous les problèmes. Tout ce qu’on entend depuis des mois vient à la base des produits qui circulent sur le marché noir », lance-t-elle d’emblée.

Sans vouloir minimiser les risques du vapotage pour la santé, elle attribue la vague de graves maladies liées à cette alternative à la cigarette aux produits illégaux. « Entre un produit qui est fabriqué en laboratoire et un autre qui est fabriqué un peu n’importe comment, c’est sûr qu’on ne parle pas de la même qualité », ajoute-t-elle.

Valérie Gallant craint que ce soit les jeunes qui aillent vers le marché noir puisqu’au Québec, la vente et l’achat de produits de vapotage sont interdits aux personnes âgées de moins de 18 ans.

« Les amendes sont vraiment salées si on se fait prendre à vendre à des mineurs et nos membres n’ont pas les moyens financiers de prendre le risque de leur en vendre. C’est de plus en plus difficile de s’approvisionner pour eux sur le marché normal. On sait aussi qu’on trouve des groupes sur Facebook », indique-t-elle.

Réglementation plus adaptée

Pour faire face à cette nouvelle problématique, la directrice générale de l’AQV demande une réglementation mieux adaptée à la réalité des vapoteries. Valérie Gallant réclame de pouvoir exposer les faits sur les dangers de l’approvisionnement illégal en liquide de vapotage.

« Moi, en boutique, je n’ai même pas le droit de tenter de faire de l’éducation parce que ça va être vu comme de la promotion de mes produits. Mais ce n’est pas ce que je veux faire. Je veux pouvoir dire que les autres sont dangereux. On est muselés là-dessus. [...] Il faut pouvoir éduquer les gens sur la différence avec ce qui se trouve sur le marché », affirme-t-elle.

Valérie Gallant rappelle que Santé Canada effectue des contrôles sur ce qui est vendu dans les boutiques officielles. Elle part fréquemment avec des produits pour des fins d’analyse.

« Ça, les gens ne le savent pas. Et pour eux, un produit de vapotage, c’est un produit de vapotage », ajoute celle qui ne demande pas mieux que de pouvoir parler franchement avec le public.