Les membres de la Chambre de commerce sont clairs depuis le début de ce dossier, ils soutiennent que le train à grande fréquence est un outil de développement très important pour Québec.

Le tronçon Québec-Montréal du train à grande fréquence encore sur les rails

Lundi, La Presse canadienne rapportait que le tronçon Québec-Montréal du corridor Québec-Toronto ne serait pas rentable pour le projet du train à grande fréquence (TGF) de VIA Rail. La communauté des gens d’affaires de Québec et divers élus fédéraux contestent ces conclusions.

La présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, Julie Bédard, a rapidement vérifié auprès de VIA Rail lundi si le corridor du TGF pourrait être modifié à la suite des ces informations.

«On m’a assuré qu’il n’y avait aucun changement. Quand on a annoncé en juin le projet avec la Banque des infrastructures du Canada, ce n’était pas sans le tronçon entre Québec et Montréal. On sait que la Banque des infrastructures investit dans des projets qui sont rentables. C’est un projet qui tient la route, le modèle d’affaires est bon. Qui a avantage à faire couler ces informations-là?» déplore Mme Bédard.

Les membres de la Chambre de commerce sont clairs depuis le début de ce dossier, ils soutiennent que le TGF est un outil de développement très important pour Québec. 

Les doutes sur le tronçon Québec-Montréal viennent d’une évaluation réalisée pour le compte de Transports Canada. Il y est dit qu’il nuirait à la rentabilité du projet «en raison de son coût en capital élevé et de ses résultats médiocres sur le plan opérationnel». 

«On dit que c’est un document qui date de 2016. C’est ce qu’on connaît aujourd’hui qu’il faut avoir sous la main, ce n’est pas de vieilles études du temps que ça ne passait pas. Il faut se réjouir de voir ce tronçon-là arriver. Il faut éviter de faire un nuage sur une bonne nouvelle pour Québec», a ajouté la présidente de la Chambre de commerce.

Se concentrer sur l’avenir

La Presse canadienne écrivait aussi que dans son rapport annuel de 2018, VIA Rail reconnaissait le déficit du service entre Québec, Montréal et Ottawa, il s’est élevé à près de 24 millions $. Environ 17 000 personnes en moyenne empruntaient le train chaque semaine pour ce trajet. 

Les conservateurs croient toujours dur comme fer au projet du TGF. Ils ne s’inquiètent pas des résultats de 2016 rendus publics. Le député de Portneuf–Jacques-Cartier, Joël Godin, soutient qu’il faut davantage se baser sur l’avenir pour analyser l’efficacité du train à grande fréquence.

«Je crois aux études, mais si on veut qu’une ligne soit rentable il faut l’offrir, faut la promouvoir, faut créer l’habitude et donner la chance aux gens de l’utiliser. Un TGF, ce n’est pas la même chose qu’un train avec un trajet une fois le matin, une fois le soir. Si on fait la démonstration hors de tout doute de la non-rentabilité aujourd’hui, demain, dans 10 ans ou dans 20 ans, à ce moment-là, il va falloir reviser la situation. Il faudra investir dans des études réalistes et efficaces qui nous donnent une bonne lecture d’aujourd’hui et de l’avenir.»

Il laisse aussi entendre que Québec devra être considérée dès la première phase du projet.

«Je pense que Québec se doit d’être là dès le départ. C’est un élément très important dans le projet et j’espère qu’il ne sera pas dans une deuxième phase, parce que des fois les phases 2 ou 3 ne peuvent pas avoir lieu.»

Il rappelle aussi l’importance d’avoir une déserte dans Portneuf.

D’autres vérifications à prévoir

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social et député de Québec Jean-Yves Duclos se dit fier des pas franchis dans le dossier, notamment de l’annonce d’une somme de 71 millions $ à VIA Rail pour continuer d’analyser la rentabilité du projet.

«Grâce aux représentations faites par mes collègues du Québec et moi-même, le tronçon reliant Montréal et Québec fait partie du projet qui est présentement à l’étude et il continuera d’en faire partie», confirme-t-il.