Le pont de Québec encore bon 75 ans?

Le député de Québec et ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, estime qu’un pont de Québec restauré aurait encore une durée de vie de 75 ans et qu’en tenant compte de ces données, le prix à payer ne serait pas si élevé.

«Pour nous, le pont de Québec est important, car c’est le premier lien et qu’il y circule 35 000 véhicules automobiles par jour, en plus du transport ferroviaire. De plus, si jamais le tramway prévu à Québec devait traverser du nord au sud vers Lévis, c’est par le pont de Québec qu’il devrait passer. Alors on en a absolument besoin», a déclaré le ministre Duclos jeudi, en marge de la première pelletée de terre qui lançait les travaux de réfection des infrastructures du Port de Québec.

«Cependant, nous, on ne parle pas uniquement de la peinture du pont, mais aussi de la restauration, car peinturer sans restaurer, ça ne sert absolument à rien. Et si on restaure, on a le pont au moins pour 75 ans», a-t-il ajouté en signalant que la compagnie de chemin de fer Canadien National, propriétaire du pont, semblait vouloir s’engager dans la réfection. «Pour la première fois depuis très longtemps, le CN veut faire partie de la solution.»

M. Duclos jure que le chiffre de 75 ans comme durée de vie d’un pont restauré est crédible. «Ça provient de Transport Québec et ça a été confirmé par plusieurs sources que le pont pourra avoir cette durée de vie s’il est restauré et s’il est entretenu convenablement.»

Plus raisonnable 

Ainsi, selon M. Duclos, le montant nécessaire pour restaurer le pont, soit près de 600 millions $, deviendrait beaucoup plus raisonnable. «Je répète, ce montant n’est pas seulement pour la peinture et, en plus, il sera payé sur 25 ans, c’est-à-dire environ 25 millions $ par année. Et 25 millions $ par année, sur une infrastructure comme celle-là, c’est très peu», a-t-il insisté.

Jean-Yves Duclos indique que si ce n’était que de lui, il débuterait les travaux sur le pont de Québec très rapidement. «Mon échéancier à moi, ce serait demain matin! D’ailleurs, je suis régulièrement en contact avec mon collègue ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, à ce sujet», indique-t-il. 

Une entente avec le CN et le gouvernement provincial, locataire du pont, est cependant nécessaire pour donner le coup d’envoi aux travaux. Le gouvernement fédéral avait proposé il y a quelques semaines de séparer la facture des travaux en trois avec le CN et le gouvernement québécois, une alternative qui a été rejetée par le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, qui a affirmé qu’il était «impensable» que son gouvernement octroie une telle somme alors qu’il allait déjà investir 200 millions $ pour l’entretien du tablier du point. Sa collègue Geneviève Guilbault avait aussi reproché au gouvernement Trudeau de ne pas avoir réglé le dossier de la peinture du pont alors qu’il s’était engagé à le faire dès 2016.

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LA RÉFECTION DES INFRASTRUCTURES DU PORT DE QUÉBEC EST LANCÉE

C’est par une symbolique première pelletée de terre que le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social Jean-Yves Duclos et le pdg du Port de Québec Mario Girard ont lancé jeudi les travaux de réfection et d’amélioration des infrastructures portuaires. La première phase des travaux est évaluée à 30 millions $, une somme dont le gouvernement canadien défraie 15,5 millions $ via le Fonds national des corridors commerciaux. «Tout ça permettra des améliorations logistiques et de fluidité dans le secteur du Foulon. C’est un secteur qui existe depuis plus de 100 ans et dont tous les quais sont en bois», a indiqué M. Girard. Ian Bussières