Le policier Maxime Gobeil acquitté de conduite dangereuse causant la mort

Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) Maxime Gobeil est acquitté des trois chefs d’accusation de conduite dangereuse causant la mort de trois personnes âgées, dans l’après-midi du 18 juillet 2015, à Dolbeau-Mistassini.

Le juge Pierre Simard a rendu son verdict mercredi matin, au Palais de justice de Roberval. Il l’a fait devant plus d’une trentaine de policiers de la SQ qui ont écouté religieusement le prononcé de la décision de 26 pages et qui étaient venus en appui à leur collègue. 

Au moment où le magistrat a prononcé le mot acquitté, certains agents ont laissé aller un soupir de soulagement et un « yes » bien senti.

L’après-midi du 18 juillet 2015, Georges Martel, Louiselle Laroche et Cécile Lalancette ont quitté le Foyer Saint-Michel dans une Kia Rondo pour se rendre au salon funéraire. Ils ont été happés mortellement par la Dodge Charger semi-banalisée du policier Gobeil. 

Cette journée-là, le patrouilleur répondait à un appel d’urgence de priorité 1 (violence conjugale) à Sainte-Jeanne-d’Arc. La dame s’était réfugiée dans la chambre à coucher avec son bambin de deux mois, craignant la violence du conjoint.

Face à la situation, le lieutenant en service avait affecté trois patrouilles sur les lieux, dont le véhicule semi-banalisé de Gobeil.

Le magistrat retient que le patrouilleur a respecté les enseignements de l’École de police du Québec dans la conduite lors d’une situation d’urgence. 

Le policier circulait à 137 km/h lorsqu’il a aperçu le véhicule des victimes. L’impact s’est fait à environ 100 km/h sur le boulevard DeQuen. 

Le juge Simard a précisé d’entrée de jeu que l’élément central du procès résidait dans l’écart marqué de la conduite du policier par rapport à une personne raisonnable dans la même position.

« Dans une telle situation, un policier n’est pas tenu au respect des vitesses affichées dans les sections de routes qu’il parcourt. Cela n’est toutefois pas un mandat en blanc. Malgré que la vitesse maximale d’un véhicule d’urgence ne soit pas quantifiée, son conducteur doit agir de façon à ne pas mettre la vie ou la sécurité d’autrui en danger », écrit le juge Simard.

« À mon avis, une personne raisonnable qui aurait été à la place de Maxime Gobeil aurait, le 18 juillet 2015, au moment des tragiques événements qui sont en cause, adopté une conduite d’urgence. Il aurait par conséquent nécessairement dépassé les vitesses limites usuellement prévues pour cette section de route, et ce, même si l’augmentation des risques est une conséquence inévitable », ajoute-t-il.

Le magistrat s’est aussi demandé si le policier avait utilisé correctement son privilège de rouler à haute vitesse ou s’il s’en était écarté.

Là aussi, le juge Simard en est venu à la conclusion que la motivation qui a guidé le policier n’était pas le fruit d’un caprice ni l’expression d’une impulsion triviale, un élément favorable à l’accusé.

Si le magistrat a retenu que la conduite de Maxime Gobeil à 140 km/h constituait une conduite objectivement dangereuse pour le public, il conclut aussi que cette conduite ne comporte pas un écart suffisamment marqué pour être le fruit d’un esprit blâmable.

« Par conséquent, une condamnation de Maxime Gobeil à des infractions de conduite dangereuse doit être écartée. Et pour ces motifs, le tribunal acquitte Maxime Gobeil sur les trois chefs », a conclu le juge Simard.

Pas de commentaires

Me François Godin, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de Québec, n’a pas voulu s’adresser aux médias à l’issue de la décision du juge Simard. Il n’a pas été possible de savoir s’il avait l’intention de porter le verdict en appel.

Le policier Maxime Gobeil n’a pas commenté la décision, pas plus que les membres des familles des victimes.