Jad Nammour est condamné à payer 17 000$ d’amende après avoir commis quatre fautes en l’espace de cinq mois.
Jad Nammour est condamné à payer 17 000$ d’amende après avoir commis quatre fautes en l’espace de cinq mois.

Le pharmacien Jad Nammour condamné à payer 17 000$ d’amendes

Mauvais médicaments, mauvaises doses et erreur entre deux patients. Le pharmacien Jad Nammour est condamné à payer 17 000$ d’amendes après avoir commis quatre fautes en l’espace de cinq mois, dont trois à la pharmacie Familiprix du boulevard Barrette, à Chicoutimi.

Dans sa décision rendue le 23 janvier 2020, le Conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens du Québec a reconnu le pharmacien coupable des quatre chefs qui ont fait l’objet d’une plainte disciplinaire, lui qui avait reconnu sa culpabilité.

Les trois cas en cause à Chicoutimi sont survenus en l’espace de cinq jours, soit entre le 5 septembre 2018 et le 9 septembre 2018, alors que Jad Nammour agissait à titre de pharmacien remplaçant à la pharmacie du boulevard Barrette.

Dans le premier dossier, survenu le 5 septembre 2018, l’accusé a remis le mauvais médicament à une patiente, en plus de lui prescrire une dose dix fois plus élevée que ce qui était prévu dans l’ordonnance médicale. Le lendemain, la patiente s’est présentée à la pharmacie en se plaignant de nausées et de vomissements. Sans se rendre compte de son erreur, Jad Nammour lui a alors suggéré de prendre une demi-dose du médicament. C’est quelques heures plus tard, lorsque la patiente l’a recontacté, que le pharmacien a pris connaissance de son erreur.

L’autre faute commise à Chicoutimi est survenue le 8 septembre 2018. Le pharmacien a commis une erreur entre deux patientes ayant le même nom de famille, mais un prénom différent. Il a écrit dans le dossier de la première patiente lui avoir servi un certain médicament alors qu’il avait plutôt été remis à la bonne personne, soit la deuxième patiente. C’est cette dernière, le lendemain, qui a réalisé l’erreur avant de communiquer avec la pharmacie où une pharmacienne a corrigé l’erreur dans le dossier.

Le 9 septembre 2018, Jad Nammour a donné un antidépresseur à un patient au lieu de lui donner un antibiotique utilisé pour traiter l’acné. C’est au mois de décembre suivant, lorsque la conjointe de l’homme s’est présentée pour renouveler l’ordonnance, que cette dernière a réalisé que les comprimés n’étaient pas de la même couleur que ceux reçus en septembre. Elle avait également précisé à la pharmacienne en service que le traitement avait été moins efficace qu’à l’habitude, son conjoint ayant vu ses problèmes d’acné augmenter. Pour hausser l’efficacité, l’homme avait même pris l’initiative de doubler la dose. En comparant les comprimés de septembre à ceux de décembre, la pharmacienne a constaté que l’homme avait plutôt reçu un antidépresseur.

Dans le quatrième cas, survenu le 30 janvier 2019, dans une pharmacie de Rawdon, Jad Nammour a accolé la bonne étiquette sur le flacon de médicaments, mais n’a pas mis les bons comprimés à l’intérieur. Le patient a reçu un médicament pour traiter des reflux d’acidité et des ulcères d’estomac au lieu d’un anti-stresseur. Ce dernier a vécu un changement d’humeur en plus d’avoir vu sa situation au travail et dans son couple être tendue.

Les amendes s’élèvent à 4500$, 3500$, 4500$ et 4500$ pour chacun des chefs, pour un total de 17 000$.

Risque de récidive

Dans le jugement, on peut lire que la plaignante, Josée Morin, pharmacienne et syndique adjointe de l’Ordre des pharmaciens du Québec, croit que le pharmacien présente un risque de récidive important et un problème de compétence. On lui reproche d’avoir terni l’image de la profession et un manque d’autocritique même s’il dit comprendre l’importance des faits qui lui sont reprochés. Négligences multiples et nonchalance éhontée et répétée font partie des qualificatifs utilisés pour décrire la situation. La plaignante rappelle également que le pharmacien d’expérience avait déjà eu un avertissement sérieux, dans le passé, en lien avec ce même type d’infractions.

«[...] malgré la simplicité apparente de l’exécution de l’ordonnance médicale, l’intimé a failli à ses obligations. Les gestes reprochés sont loin d’être anodins. Dans un cas, il a fallu la vigilance d’un patient pour détecter une erreur alors que tel ne devrait pas être le cas. Dans un autre cas, le patient a vécu un sevrage de son antidépresseur, ce qui lui a causé des problèmes dans sa vie personnelle et professionnelle», peut-on lire dans le jugement.

«Le Conseil partage les préoccupations de la plaignante selon lesquelles l’intimé a fait preuve d’insouciance, et ce, de façon répétée. Il note un manque d’introspection de la part de l’intimé, lequel a tendance à expliquer certaines négligences par l’absence de réaction des patients lors de la remise du mauvais médicament.»

Jad Nammour, inscrit à l’Ordre depuis 1993, a justifié son comportement en faisant référence à ses difficultés financières découlant de la vente de sa pharmacie, il y a quelques années, pharmacie qu’il a possédée pendant 21 ans.