Byron Mikaloff, le guitariste des Lost Fingers, fait du déneigement en février pour donner un coup de main à son ami Gabriel Lemieux, de MRA Paysagistes, qui avait besoin de déneigeurs pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Le guitariste des Lost Fingers déneigeur pour un mois

Les amateurs du groupe The Lost Fingers ont plus de chances de voir le guitariste Byron Mikaloff dans une déneigeuse que sur une scène, ces jours-ci.

Depuis le 7 février, M. Mikaloff travaille pour le service de déneigement de MRA Paysagistes, une entreprise de Québec. Pendant que les gens dorment, il passe la gratte et souffle la neige dans les entrées de leurs maisons, avant que les clients partent travailler. 

Comme la plupart des déneigeurs en cet hiver très enneigé, il travaille surtout de nuit et fait beaucoup de temps supplémentaire. 

En 20 jours, il a déjà affronté au moins trois tempêtes. C’est un métier difficile, reconnaît le musicien. Mais pour l’instant, il adore ça. 

Trip de Tonka

«C’est un genre de trip de Tonka toy, dit Byron Mikaloff. On revient à l’âge de quatre ou cinq ans avec ça. Sauf que c’est une grande responsabilité, ce sont quand même des machines très dangereuses.»

M. Mikaloff a pris ce boulot pour donner un coup de main à son ami Gabriel Lemieux, de MRA Paysagistes, qui avait besoin de déneigeurs pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. 

«Il a dit : “Byron, on manque de main-d’œuvre.” Moi, j’avais du temps libre, on faisait un show dans le mois de février, au Carnaval». En plus, le travail était «très payant». 


« C’est un genre de trip de Tonka toy. On revient à l’âge de quatre ou cinq ans avec ça. Sauf que c’est une grande responsabilité, ce sont quand même des machines très dangereuses. »
Byron Mikaloff

Lundi, lorsque Le Soleil l’a rencontré, le guitariste de jazz manouche déneigeait des entrées de Vanier après la plus récente tempête. Avec son entrain habituel, l’artiste racontait comment il avait été enguirlandé par un client le matin même dans un autre quartier. 

La lourde neige l’avait retardé d’une heure sur son horaire et, en arrivant dans une entrée, vers 8h, le propriétaire de la maison est sorti pour l’engueuler, parce qu’il n’était pas capable de sortir son véhicule de l’entrée. «Je me suis fait crier après comme si c’était ma faute!» dit Byron Mikaloff. «Il a sacré : “Vous étiez où, donc? Je paye pour ça!”»

Finalement, il l’a aidé à sortir de son stationnement avec ce que Canadian Tire appelle un «aide à la traction pliable» (traction aid). 

Pour apprendre à conduire la déneigeuse, Byron Mikaloff a fait une formation accélérée. Au début, il mettait le double du temps moyen pour déneiger un stationnement. Maintenant, il se débrouille pas mal pour un novice. 

Il a son petit rituel. Il met le chauffage dans la cabine de son Kubota, enlève son manteau et fait jouer du Rammstein, du Rage Against The Machine, du Pantera ou du Metallica dans le piton. 

L’amateur de motocross et de VTT ne se lasse pas de conduire sa machinerie lourde. Peut-être parce qu’il sait que ça ne durera qu’un mois, le temps que The Lost Fingers reprenne son rythme de travail habituel. 

En attendant, le musicien compte profiter du sentiment d’urgence qu’il ressent dans sa déneigeuse. «C’est comme une équipe tactique de militaires», illustre-t-il. «Hop, il y a une invasion, on a une tempête. Faut aller au front.»  

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