Benoît Lespérance a fait un dernier arrêt à Péribonka avant le tragique accident. Les bandes vidéo ont été remises à la Sûreté du Québec

Le guide cherchait un raccourci selon la gérante du dépanneur de Péribonka

« Il cherchait un raccourci, mais je ne sais pas s’il l’a pris. Mais les gars sont repartis dans le sentier balisé. »

La gérante du dépanneur Nutrinor de Péribonka est sans doute l’une des dernières personnes à avoir parlé avec le guide, mort plus tôt cette semaine dans le tragique accident de motoneige survenu à Saint-Henri-de-Taillon. La dame a parlé quelques minutes avec Benoît Lespérance, un guide qui semblait être en parfait contrôle de ses moyens.

« Il a parlé qu’il aimerait avoir un raccourci en regardant un GPS, mais il semblait très bien connaître les lieux. Il était d’une extrême gentillesse. On a ri un peu ensemble. Je me suis réveillée un peu sous le choc en lisant la nouvelle. Quand il a quitté le dépanneur, je lui ai dit soyez prudents. Et il m’a répondu : ‘‘Toujours’’ », raconte la dame, qui ne voulait pas divulguer son nom dans la presse.

Les motoneigistes, rappelons-le, venaient de faire quelques centaines de kilomètres de randonnée avant le tragique accident.

Bandes vidéo remises à la Sûreté du Québec

Cette dernière a contacté la Sûreté du Québec et a offert les bandes vidéo de leur passage. On voit M. Lespérance payer pour l’essence et rigoler avec la dame.« Ils m’ont demandé s’il semblait sous l’effet de l’alcool. Et ce n’était pas le cas. J’ai bien vu ses yeux et il n’avait visiblement pas bu », précise celle qui voulait aider les policiers à refaire la chronologie des événements

« Il a acheté une bouteille d’alcool fort, mais c’était pour le soir. Il m’a dit en rigolant que ça coûte moins cher qu’à l’hôtel. »

Le dépanneur se trouve sur le bord du lac, à l’embouchure de la rivière Péribonka, un endroit risqué pour la motoneige. « Ils ne sont pas allés dans cette direction. Les gens savent que ce n’est pas sécuritaire. Donc, il connaissait les lieux. »

En effet, les secteurs frôlant les rivières demeurent les secteurs les plus à risque ou ceux qui demandent plus de temps pour obtenir une glace réglementaire. On peut penser notamment à la rivière Ouiatchouan, à Chambord.