Les funérailles de la fillette de Granby ont été célébrées le 9 mai dernier.
Les funérailles de la fillette de Granby ont été célébrées le 9 mai dernier.

Le fait divers marquant de 2019: la mort de la fillette de Granby

Comme à tous les ans, les événements classés sous l'appellation «faits divers» se sont multipliés en 2019, mais c'est sans doute la mort tragique d'une fillette de 7 ans, à Granby, qui aura été l'événement le plus marquant de l'année.

Trouvée au domicile familial par les policiers dans des circonstances troublantes qu'un interdit de publication empêche de décrire pour l'instant, l'enfant est décédée le 30 avril. Sa belle-mère est notamment accusée de meurtre sans préméditation et son père de négligence criminelle ayant causé la mort. Cet événement a secoué la province au point de mener à une vaste commission d'enquête sur les services de protection de la jeunesse.

Bien que plusieurs autres morts violentes aient troublé le Québec, deux meurtres familiaux multiples suivis de suicides survenus dans l'Est de Montréal auront particulièrement marqué la fin de 2019. D'abord en octobre, une mère de famille découvrait chez elle le corps de son fils de 7 ans et de sa fille de 5 ans, tous deux assassinés par leur père, qui s'était aussi enlevé la vie sur place. Puis, en décembre, ce seront les policiers de Montréal, venus annoncer le décès d'un père de famille qui s'était suicidé à Joliette, qui découvriront les corps de sa conjointe et de ses deux garçons de 4 et 2 ans, assassinés par celui-là même dont ils venaient annoncer la triste fin.

Dans un autre cas d'agression brutale, le Québec avait été bouleversé par la tentative de meurtre d'une femme de 27 ans par son ex-conjoint, en août, à Québec, lorsque son ex-conjoint l'avait aspergée d'essence en pleine rue devant ses enfants avant d'y mettre le feu. Frej Haj Messaoud demeure détenu et la victime, brûlée sur 30 % de la surface de son corps, a dû être hospitalisée durant plusieurs mois.

2019: l'année des claviéristes de l'ombre

Les criminels à clavier auront fait des victimes par millions au Québec en 2019, la plus spectaculaire de ces intrusions étant la fuite de données chez Desjardins, révélée au mois de juin. Au départ, le Mouvement Desjardins faisait état du vol des données personnelles de quelque 2,9 millions de ses membres par un de ses employés. En novembre, ce décompte était étendu à tous les membres particuliers de l'institution financière — 4,2 millions de personnes — et en décembre s'ajoutaient 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit et de produits de financement, forçant l'institution à étendre à plus de 8 millions de Canadiens sa protection contre le vol de données.

En juillet, Capital One faisait état du vol de données de 106 millions de clients, dont 6 millions de Canadiens, et on apprenait le même mois que les données personnelles de près de 3000 clients de l'assureur Industrielle Alliance pourraient avoir été compromises à la suite d'une intrusion informatique. Puis, en août, un couple — dont une employée de Revenu Québec — était appréhendé sous des soupçons d'être à l'origine d'une fuite de renseignements personnels de 23 000 employés actuels et ex-employés du fisc provincial. Enfin en octobre, l'agence de vérification de crédit TransUnion Canada annonçait que les renseignements personnels d'environ 37 000 Canadiens ont peut-être été compromis entre juin et juillet. En novembre, on apprenait par ailleurs l'arrestation de 15 personnes, dont deux ex-employés des banques Nationale et TD, en lien avec le vol commis trois ans plut tôt des identités d'au moins 4000 clients de ces deux institutions.

Selon le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, les brèches de données ont touché 28 millions de Canadiens en 2019 dans près de 700 cas, une véritable explosion de cette forme de criminalité, comparativement à 177 cas en 2018 et 97 en 2017.

Purge dans le crime organisé

La région de Montréal aura été témoin d'une série de meurtres reliés au crime organisé. Les plus spectaculaires de ces règlements de comptes seront menés contre: Antonio «Tony» Magi, un membre de la mafia montréalaise abattu en plein jour en janvier dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à l'entrée d'un garage; Salvatore Scoppa, atteint de plusieurs projectiles en pleine fête familiale dans un hôtel de Laval en mai; puis en octobre, son frère et chef de clan de la mafia montréalaise Andrew Scoppa, atteint de plusieurs balles en plein visage dans le stationnement d'un centre commercial de Pierrefonds alors qu'il se rendait dans un gymnase.

Bien qu'il s'agisse des trois victimes les plus en vue du monde interlope, une compilation du Journal de Montréal, à la fin octobre, faisait état de 16 assassinats reliés à diverses branches du crime organisé durant les 10 premiers mois de l'année.

Dans un tout autre registre, un attentat au mois de mars allait choquer la province sans toutefois entraîner de graves conséquences lorsqu'un individu s'est rué sur le père Claude Grou, recteur de l'oratoire Saint-Joseph, en pleine messe pour le poignarder. Fort heureusement, le père Grou n'a été que légèrement blessé.

En décembre, les policiers de Montréal, venus annoncer le décès d'un père de famille qui s'était suicidé à Joliette, ont découvert les corps de sa conjointe et de ses deux garçons de 4 et 2 ans, assassinés par celui-là même dont ils venaient annoncer la triste fin.

Morts évitables

Il n'est malheureusement pas rare que des personnes perdent la vie dans des circonstances d'autant plus tragiques que leur mort aurait pu être évitée. Dès le mois de janvier, un tel événement est survenu lorsque la mère de Gilles Duceppe, âgée de 93 ans, s'est retrouvée embarrée à l'extérieur de sa résidence pour aînés de Montréal alors que le mercure était passé sous la barre des moins 15 degrés. Une poursuite a été intentée contre la résidence à la suite de cette triste affaire.

En février, le feu emportait trois membres d'une même famille dans un édifice à logements de Longueuil, incendie qui avait également fait près d'une douzaine de blessés et jeté 40 personnes à la rue.

En mars, une joggeuse est attaquée et gravement blessée par trois chiens à Potton, en Estrie, et une autre femme a subi le même sort en s'arrêtant dans une vente de garage à Saint-Césaire, en Montérégie où elle a été attaquée par deux chiens cette fois. Dans les deux cas, les propriétaires des chiens font face à des accusations de négligence criminelle ayant causé des lésions.

Sur la route, les victimes ont encore été nombreuses, mais le plus spectaculaire des accidents est survenu au mois d'août sur l'autoroute 440 à Laval, accident impliquant une dizaine de véhicules, dont deux poids lourds, qui avait fait quatre morts.

Mais la plus difficile de ces morts évitables aura sans doute été celle d'une petite fille âgée de 4 mois, écrasée par une automobile dans le stationnement du ciné-parc de Boucherville, sur la rive-sud de Montréal, au début d'août.

Vols de juillet tragiques

Le mois de juillet se sera avéré inhabituellement mortel pour les aviateurs. Au début du mois, deux hommes périront à la suite de l'écrasement de leur petit avion dans un verger de Rougemont.

Puis, le 10 juillet, le président de l'entreprise Savoura, Stéphane Roy, et son fils Justin, âgé de 14 ans, manquent à l'appel à la suite d'un vol en hélicoptère dans les Laurentides. L'appareil ne sera retrouvé que le 25 juillet après deux semaines de recherches compliquées par l'absence de signal de détresse et la densité de la végétation.

Enfin, le 29 du même mois, un petit avion qui avait décollé d'un aéroport du Wisconsin, aux États-Unis, est porté disparu dans la région de Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue. Le petit Beechcraft Bonanza et son propriétaire décédé seront retrouvés le 2 août.

Le 10 juillet, le président de l'entreprise Savoura, Stéphane Roy, et son fils Justin, âgé de 14 ans, manquent à l'appel à la suite d'un vol en hélicoptère dans les Laurentides. L'appareil ne sera retrouvé que le 25 juillet après deux semaines de recherches compliquées par l'absence de signal de détresse et la densité de la végétation.

Sordides affaires d'agressions sexuelles en série

Deux histoires d'agressions sexuelles en série ont choqué le Québec durant l'année. Les victimes, dans les deux cas, étaient en position vulnérable par rapport au prédateur.

Le premier à être mis au jour fut celui d'un psychologue de 47 ans de Saint-Étienne-de-Hatley, en Estrie, Étienne Lavoie, arrêté en février. Dans un premier temps, une série de 14 accusations liées à trois victimes, des femmes adultes, lui reprochaient notamment des actes de proxénétisme, d'agression sexuelle, d'agression sexuelle armée, de trafic de stupéfiants, des menaces de mort et des voies de fait. Puis en mai, d'autres victimes et 13 accusations du même ordre s'ajoutaient à son dossier et une autre victime venait alourdir son dossier en novembre.

À Longueuil, pendant ce temps, un ex-policier et ex-entraîneur de hockey, François Lamarre, était épinglé au début de décembre sous neuf chefs d'accusation à nature sexuelle contre quatre garçons d'âge mineur. Il n'est pas au bout de ses peines; les policiers de Longueuil auraient identifié 16 autres victimes dans cette sordide affaire.

Événements hors Québec

Bien qu'un regard exhaustif sur les événements survenus hors Québec soit impossible, quelques-uns ont tout de même été suivis ici en raison de leur ampleur. Ainsi en janvier, un autobus à impériale d'OC Transpo, à Ottawa, heurtait un abribus dont le toit s'était encastré dans le deuxième étage du véhicule touristique, faisant trois morts et 35 blessés. La conductrice de l'autocar fait face à trois accusations de conduite dangereuse causant la mort et à 35 accusations de conduite dangereuse causant des lésions corporelles.

En février, un violent incendie fait sept morts, tous des enfants âgés de trois mois à 14 ans d'une famille syrienne, en banlieue de Halifax. Leurs parents ont été hospitalisés, le père ayant dû lutter pour sa vie de longs mois après avoir tenté en vain de sauver ses enfants.

Au début de mai, le juge Clément Gascon, de la Cour suprême du Canada, était retrouvé sain et sauf après avoir été brièvement porté disparu. Après l'événement, le magistrat révélera qu'il souffre de dépression et de troubles de l'anxiété et son collègue et juge en chef du plus haut tribunal, Richard Wagner, posera sans doute le geste le plus significatif en matière de sensibilisation en annonçant aussitôt que tous les juges de la Cour suprême étaient «extrêmement fiers du juge Gascon, qui a mon plein appui et toute ma confiance» et se disait «impatient de le voir siéger à nouveau» dans les jours suivants.

En juillet, le Canada entier se voyait rivé à une chasse à l'homme afin de retrouver Kam McLeod et Bryer Schmegelsky, d'abord portés disparus, puis considérés comme des suspects dans le meurtre gratuit de trois personnes dans le nord de la Colombie-Britannique. En août, la GRC retrouvait les corps des deux fugitifs qui s'étaient enlevés la vie dans le nord du Manitoba.

En juillet, le Canada entier se voyait rivé à une chasse à l'homme afin de retrouver Kam McLeod et Bryer Schmegelsky, d'abord portés disparus, puis considérés comme des suspects dans le meurtre gratuit de trois personnes dans le nord de la Colombie-Britannique.

Insolite de l'année

Le secteur des faits divers est aussi celui où l'on retrouve les histoires les plus loufoques, comme celle de cet homme de Saguenay qui a appris que le fait de lancer une gaufre à sa conjointe constituait bel et bien des voies de fait armées. Mais la palme, en matière de nouvelles insolites, revient toutefois à Shawinigan où un jeune homme a été condamné à 15 mois de prison pour un vol qualifié dans un dépanneur. Il s'y était présenté chevauchant un vélo d'enfant et déguisé «en arabe», délicieusement décrit ainsi par la plume de la journaliste Nancy Massicotte, du Nouvelliste: «Il s'était en effet mis une serviette de bain autour de la tête, il portait un bas de pyjama et des pantoufles et il s'était fabriqué une barbichette avec ses poils pubiens en utilisant du sirop d'érable comme colle.»