es citoyens de la Gaspésie et de la Côte-Nord peuvent être soulagés, le navire F.A.-Gauthier assurera de nouveau la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout dès le 20 décembre. «Si tout va bien», précise le pdg de la Société des traversiers du Québec, Stéphane Lafaut.

Le F.A.-Gauthier revient enfin à la maison [VIDÉO]

Le F.A.-Gauthier retourne à la maison, il est prêt à reprendre du service. Le navire quittera Lévis vendredi pour prendre la direction de Matane. «L’épisode difficile est derrière nous, on l’espère. On passe à autre chose», exprime Stéphane Lafaut, pdg de la Société des traversiers du Québec (STQ).

Les citoyens de la Gaspésie et de la Côte-Nord peuvent être soulagés, le navire assurera de nouveau la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout dès le 20 décembre, «si tout va bien». La préparation finale du bateau se déroulera dans les prochains jours, de même que des essais en mer et à quai.

La STQ assure qu’il s’agit toujours du meilleur navire pour effectuer le travail à cet endroit, malgré les pépins importants rencontrés. 

«Avant la crise, on avait seulement 28 traversées sur plus de 3000 qui avaient été annulées. C’est aussi un navire qui a été conçu pour les besoins des consommateurs, les habitants du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord. Les gens ont toujours été très satisfaits de la qualité du navire, au niveau des commodités à bord. En même temps, c’est un navire de grand gabarit qui est capable d’assurer un service fiable», soutient le président-directeur général de la STQ, M. Lafaut. 

Les déboires de la traverse de Matane s’additionnent depuis l’arrêt de service du F.A.-Gauthier à la mi-décembre 2018 pour des problèmes de propulsion. Ses remplaçants ont eu de la difficulté à bien assurer la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout, le navire Apollo avait notamment été déclaré bon pour la casse après 17 jours en service. La situation a été clarifiée à maintes reprises de «cauchemar» pour les clients de ce secteur. Depuis juillet, c’est le Saaremaa 1 qui s’occupe de la liaison.

«Rien ne sera laissé au hasard et la STQ ne négligera aucun effort pour nous assurer que le navire est au meilleur niveau de fiabilité dès son retour. Nos équipes doivent réaliser les derniers ajustements nécessaires. Un protocole de remise en service rigoureux a été mis en place.»

Déplacements sans stress pour les Fêtes

La STQ a mis en place une liaison aérienne complémentaire quotidienne entre Mont-Joli, Baie-Comeau et Sept-Îles pour la période des Fêtes, du 21 décembre au 6 janvier. 

«On a vécu une année exceptionnelle quand on regarde la perte de la qualité du service. Pour s’assurer que les gens puissent prévoir à l’avance leurs déplacements durant le temps des Fêtes, on a mis en place un service de navettes aériennes comme mesures exceptionnelles. C’est une initiative de la STQ», ajoute M. Lafaut. 

Même si le F.A.-Gauthier devrait assurer la traverse pendant toute cette période, la STQ souhaite «rassurer sa clientèle» sur la prévisibilité du service. Les tarifs pour le service aérien ont été ajustés afin d’être uniformes avec ceux du service maritime. Les clients peuvent consulter l’horaire et réserver leur place dès maintenant sur le site Web de la STQ, sur la page de la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout (www.traversiers.com).

Faire le point

Le 17 décembre 2018, on avait retiré le F.A.-Gauthier de ses fonctions pour des travaux d’entretien planifiés. La découverte de débris métalliques dans le système de lubrification des propulseurs avait forcé l’arrêt du service pour une période indéterminée. On ne peut préciser pour l’instant d’où proviennent de tels débris.

Depuis l’arrêt complet du navire, de nombreux travaux ont été effectués en plus des réparations, différentes interventions pour la mise à niveau, la maintenance et des travaux afin de prévenir de prochains imprévus. Un arrêt technique est tout de même prévu en 2020 pour l’entretien, le Saaremaa 1 sera alors de retour en renfort.

On assure que les propulseurs sont tout à fait fonctionnels, une analyse complète a été réalisée et les composantes internes ont été remplacées. M. Lafaut a aussi indiqué que les problèmes du système de refroidissement sont réglés et que l’équipe s’est débarrassée de la moisissure.

«Nous croyons être parvenus à avoir réglé définitivement le problème. Un nettoyage complet a été effectué l’été dernier», a précisé le pdg. 

La STQ s’est d’ailleurs tournée vers le CISSS du Bas-Saint-Laurent pour qu’il valide les mesures déployées pour assurer une qualité de l’air optimale. 

«Tout le monde a très hâte que le navire soit de retour. Nous sommes tout à fait conscients que la patience et la confiance de nos clients ont été mises à rude épreuve durant la dernière année. Personne à la STQ n’est heureux du déroulement de la dernière année à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout. La dernière année nous aura appris une chose : nous ne sommes jamais à l’abri d’un imprévu», soulève aussi M. Lafaut. 

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UNE FACTURE DE 21,6 MILLIONS $ POUR RÉPARER LE F.A.-GAUTHIER

Le montant déboursé pour réparer les bris du F.A.-Gauthier depuis un an s’élève à 21,6 millions $. Des procédures judiciaires sont toujours en analyse et de nouvelles réclamations aux assurances sont toujours possibles.

Ce montant total inclut le 5 millions $ reçu des assureurs et les revenus de 526 000 $ générés par les 30 000 utilisateurs de la liaison aérienne entre le 21 décembre 2018 et le 31 juillet 2019. 

Les revenus anticipés du service aérien spécial offert pendant le temps des Fêtes n’ont pas été comptabilisés. 

Les dépenses comprennent notamment les réparations des propulseurs et le coût des services de transports alternatifs mis en place. 

Il est prévu que le montant de la facture finale soit modifié lorsque tous les montants seront évalués.

L’achat du remplaçant Saaremaa 1 n’est pas compris dans le coût total des dépenses, il s’agissait d’un projet déjà budgété pour la STQ en début d’année. 

Le dossier au plan juridique est très complexe, la Société des traversiers du Québec (STQ) s’abstient de tout commentaire pour l’instant, elle continue son analyse de la situation profonde avant de laisser les recommandations entre les mains d’une firme qui décidera de se lancer en procédures légales ou non.

«La STQ se doit de bien évaluer les opportunités et les risques avant de se lancer dans des procédures légales qui pourraient s’avérer longues, complexes et surtout coûteuses», explique le pdg, Stéphane Lafaut.

Il insiste pour dire qu’il est trop tôt pour pointer du doigt un responsable pour les bris du navire. Judith Desmeules