Sandra Carignan se trouve actuellement dans la région d’Ottawa, au chevet de son fils Antoine.
Sandra Carignan se trouve actuellement dans la région d’Ottawa, au chevet de son fils Antoine.

Le Domaine Jolivent se mobilise pour une de ses employées

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Craindre pour la vie de son enfant est l’une des pires épreuves que peut traverser un parent, encore plus si une distance de 360 kilomètres les sépare. Pour soutenir une des leurs qui vit actuellement ce cauchemar, les employés de l’auberge du Domaine Jolivent, à Lac-Brome, ont lancé cette semaine une campagne de sociofinancement.

Le jeune Antoine, 12 ans, a été grièvement blessé en fin d’après-midi le 25 juillet dernier alors qu’il faisait du kayak dans le réservoir Baskatong, en Outaouais.

Le pilote d’un hydravion qui tentait d’amerrir dans le secteur n’aurait pas vu l’embarcation à bord de laquelle deux personnes prenaient place. L’adulte qui accompagnait le préadolescent a eu le temps de se jeter à l’eau pour éviter d’être touché par l’aéronef; le garçon n’a pas eu cette chance.

Les premiers éléments de l’enquête, entamée par la Division des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté du Québec, laissent croire que l’hydravion aurait pu connaître des difficultés techniques au moment de l’incident. Le Bureau de la sécurité des transports enquêtera lui aussi sur l’affaire.

À LIRE AUSSI: Un hydravion blesse un jeune kayakiste en Outaouais

L’état d’Antoine, qui a été frappé à la tête par l’hydravion, a été jugé critique. À la suite de l’impact, il a été transporté dans un centre hospitalier de la région, puis transféré dans un hôpital d’Ottawa, d’où il vient tout juste de quitter les soins intensifs.

La mère de l’adolescent, Sandra Carignan, s’est immédiatement rendue dans la capitale fédérale au chevet de son fils. Originaire de Granby, elle est responsable de l’entretien ménager au Domaine Jolivent depuis un an, indique sa patronne et propriétaire du centre de villégiature, Thanh Nguyen.

Celle-ci a été très touchée par l’épreuve que traverse son employée. C’est pourquoi, lundi soir, elle a décidé de lancer une collecte de fonds via la plateforme GoFundMepour soutenir financièrement Mme Carignan durant cette période difficile qui pourrait s’étirer sur plusieurs mois.

«Prendre soin de son enfant, ça passe avant tout»

La propriétaire de l’auberge reconnaît qu’il est difficile de perdre une employée en pleine haute saison, particulièrement au sein d’une petite équipe, mais « prendre soin de son enfant, ça passe avant tout ».

« Elle travaille très fort pour gagner sa vie et elle a besoin de son salaire pour arriver. Je souhaitais faire ma part pour qu’elle n’ait pas à se préoccuper de ses finances pendant qu’elle est là-bas en train de s’occuper de son fils », a-t-elle confié en entrevue.

Tous les employés de l’auberge ont été invités à faire partie de la campagne et la plupart ont contribué financièrement, souligne Mme Nguyen. « Elle n’avait même pas les moyens d’aller rejoindre son fils à Ottawa. Je ne voulais pas qu’elle prenne le risque de conduire dans l’état où elle se trouvait alors on lui a payé un transport privé, parce que de toute façon il n’y avait pas vraiment de transport en commun de disponible. »

Mme Carignan aurait été très émue d’apprendre la solidarité dont font preuve ses collègues. « Elle était touchée de savoir qu’on pense à elle et qu’on essaie de l’aider », témoigne Mme Nguyen.

En 48 heures, 32 donateurs avaient contribué à amasser 3200$ pour la mère monoparentale, en date de mercredi soir. Si la campagne fait état d’une cible de 50 000$, Thanh Nguyen assure qu’elle n’a ni objectif ni échéancier. « Tout ce qu’on souhaite, c’est qu’elle puisse arriver à passer à travers sans se soucier de l’argent », indique la femme d’affaires.

Lueur d’espoir

Mme Nguyen dit être en contact étroit avec son employée, qui lui donne régulièrement des nouvelles de son fils.

« Cet après-midi [mardi] elle rencontrait les médecins pour savoir si le cerveau de son fils allait garder des séquelles, relate-t-elle. On a eu peur qu’il soit paraplégique... Il n’est pas encore complètement réveillé, mais depuis quelques jours, il arrive à respirer par lui-même. C’est une bonne nouvelle. »