Pendant sept semaines, Patrice Coquereau marche de 15 à 20 kilomètres par jour pour sensibiliser les gens aux problèmes liés à l’anxiété.

Le comédien Patrice Coquereau marche de Longueuil à Rimouski pour sensibiliser à l’anxiété [VIDÉO]

Depuis le 11 juillet, le comédien Patrice Coquereau récolte des témoignages et sensibilise les passants sur les problèmes liés à l’anxiété : un périple de 570 kilomètres sur la route 132 pour l’organisme Phobies-Zéro.

Le soleil plombe sur la vieille ville de Saint-Nicolas dans Lévis. Malgré la chaleur, trois marcheurs persévérants arrivent, pas-à-pas. Il leur reste une quinzaine de kilomètres à faire dans la journée. Grand sourire aux lèvres, l’auteur Patrice Coquereau est heureux d’arriver au point de rencontre. Vêtu de souliers de randonnée et de vêtements de sport, il vient discuter de troubles anxieux et l’importance d’en parler dans la société.

Pendant sept semaines, il marche 15 à 20 kilomètres par jour pour réaliser son odyssée Pas-à-pas. Pour ce conférencier et porte-parole de l’organisme Phobies-Zéro, qui a lui-même souffert d’anxiété sévère, il est très important d’échanger sur les craintes et les phobies. 

«En 1983, j’ai très mal réagi après avoir fumé un joint et mon existence s’est effondrée brusquement un soir d’octobre, alors que je commençais mon cours à l’École nationale de théâtre. Ma vie a alors basculé dans une série d’épreuves, morcelée, fragmentée, trouée. J’ai repris peu à peu ma vie en mains. J’ai de nouveau pris l’avion, voyagé, monté dans de hauts gratte-ciel et même sauté en parachute!» explique-t-il dans un communiqué.

Dédié à la cause, il a décidé de marcher pour sensibiliser les gens à l’anxiété. 

Marcher pour communiquer

«Le but de cette marche, qui m’est venue spontanément en mai, est de récolter des fonds pour Phobies-Zéro», souligne-t-il. Fondé en 1991, cet organisme vient en aide aux individus qui souffrent de troubles anxieux et de trouble obsessionnel compulsif. La deuxième mission de cette marche est de réaliser un documentaire. «L’idée est d’être hébergé chez des gens tout le long du parcours de la route 132 et de récolter des témoignages visuels et sonores de ces gens-là», confie-t-il. Même si la plupart de ses hôtes sont des inconnus, il partage un point commun avec eux : ils ont tous été touchés par les troubles anxieux ou connaissent des gens qui en ont souffert. Chaque jour, lors d’un dîner, d’une marche ou lors de son temps de repos, il crée une banque riche en témoignages qui sera au cœur de sa série télévisuelle. 

Patrice Coquereau a choisi de sensibiliser la population à travers la marche puisqu’il connaît bien ses aspects thérapeutiques. «Ça concilie plusieurs choses, il y a un aspect méditatif. Ça travaille la constance, la détermination, le bien-être physique et la respiration», indique-t-il. Depuis son départ, des passants l’on rejoint et l’on suivit quelque temps. «Qui dit anxiété, dit problème d’encombrement et de respiration. La plupart des gens qui souffrent de ça vont ressentir une crise cardiaque, un encombrement de pensée, d’objets, de relations toxiques ou de suractivité. Il y a un décalage entre la nature des gens et la nature biologique de la personne», explique-t-il. Ainsi, selon lui, la marche permet de réapprendre à respirer. 

«Les gens ne sont pas en connexion ou en phase avec leur propre rythme et la nature les rappelle à l’ordre en disant, un instant : et ça passe par l’anxiété et un burn-out, et c’est un signal qu’il y a un décalage», continue-t-il. 

Dans une société qui prône la performance et l’image, ces problèmes sont d’autant plus présents et ne doivent pas être négligés, croit Patrice Coquereau. «Il y a une attention nouvelle qui doit être portée sur ce problème-là pour retrouver son espace, réapprendre à respirer et apprendre à aller vers ce qui nous porte plutôt que d’entretenir ce qui nous pèse», déclare-t-il.

Accueil très positif

Plus il parcourt des distances, plus il est fier des gens qu’il croise sur son chemin. «C’est très encourageant, l’humanité a ben du bon sens. Des fois au niveau des structures, ç’a aucun bon sens, mais au niveau des individus, il y a beaucoup de gens de cœur qui vivent des vies incroyables», confie-t-il. 

En plus de cette expérience sur le terrain, il documente quotidiennement son périple sur les réseaux sociaux et cela lui permet de rejoindre plus de gens. «Pour moi, l’être humain est un livre dont on ne voit que la couverture. Moi, j’ai accès à l’histoire, au chapitre de ces gens-là», indique-t-il, ému. Très déterminé, avant de repartir, il n’hésite pas à dire : «Au terme de la marche, ce n’est pas la fin, c’est le début!» Il croit arriver à Rimouski, la fin de son parcours, entre le 20 et le 30 août.