La famille des victimes d'Yves Martin est soulagée que ce dernier ne puisse recouvrer sa liberté. 
La famille des victimes d'Yves Martin est soulagée que ce dernier ne puisse recouvrer sa liberté. 

Le chauffard Yves Martin reste détenu: une thérapie exigée 

Yves Martin, le chauffard qui enlevé la vie aux trois membres d’une même famille dans un accident en 2015, reste détenu et devra suivre une thérapie de six mois. Il s’adressait par visioconférence, jeudi matin, à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans le but d’y obtenir sa libération conditionnelle. Les proches des victimes ont été entendus et sont satisfaits du jugement rendu.

«Il y a un travail qui a été fait au niveau de la psychologue. C’est certain qu’il a été suivi en prison, mais est-ce que c’était sincère, cela reste à prouver, nous allons le savoir en thérapie. On lui donne cette chance-là, donc c’est à lui de la prendre», a expliqué la sœur de l’une des victimes, Arianne Viger, à sa sortie de l’audience de la commission. La famille a pu s’adresser aux commissaires par visioconférence, à partir de Chicoutimi, et était en mesure de voir le comportement d’Yves Martin qui a également dû s’exprimer.

L’homme de 40 ans avait écopé d’une peine de 14 ans de pénitencier, prononcée par le juge François Huot de la Cour supérieure, pour conduite avec les facultés affaiblies et conduite dangereuse causant la mort. Il s’agissait de sa deuxième occasion pour demander une libération conditionnelle, alors qu’en 2018, au sixième de sa peine, il n’avait pas tenté d’obtenir de libération.

«Avant la fin de la thérapie, le dossier va être réévalué par les commissaires pour savoir s’il est apte à retourner en société», a ajouté Arianne Viger. La famille a demandé à ce qu’il ne se présente pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean ni à Terrebonne, où il pourrait croiser des proches des victimes, et elle a obtenu gain de cause.

La famille est soulagée de cette décision et a senti que les deux commissaires étaient attentifs à leurs propos. «La commission a pris en compte tout ce que nous avons écrit et nous avons entendu le commissaire avoir un trémolo dans la voix, avoir des émotions. Il était sensible à ce que nous disions», ont expliqué les proches des victimes, Danielle et Johanne Tremblay.

Danielle Tremblay, qui a perdu son garçon Matthieu Perron dans l’accident, avait une seule demande. «Je demande au monde de continuer de dénoncer, de continuer ce qu’ils font, car cela a un poids très solide. »


« «Je demande au monde de continuer de dénoncer, de continuer ce qu’ils font, car cela a un poids très solide. » »
Danielle Tremblay

Le soir du 1er août 2015, Yves Martin, qui conduisait sous l’effet de l’alcool à plus 120 km/h dans une zone de 50 km/h, dans le rang Saint-Paul à Chicoutimi, est entré en collision avec le véhicule familial. Matthieu Perron, âgé de 27 ans, Vanessa Tremblay-Viger, également âgée de 27 an et enceinte de trois mois, ainsi que leur fils Patrick Perron, âgé de 4 ans, ont perdu la vie.