Sylvain Lamontagne a été démis de ses fonctions de bénévole au CHSLD de Valcourt. Il tentait de convaincre des patients de ne pas demander l’aide médicale à mourir.

Le bénévole du CHSLD de Valcourt renvoyé

Le bénévole pro-vie du CHSLD de Valcourt qui tentait de convaincre des résidents de ne pas demander l’aide médicale à mourir, Sylvain Lamontagne, a été démis de ses fonctions, a appris La Tribune.

« J’ai demandé si je pouvais faire appel de cette décision, on m’a dit que c’était irréversible. Je suis triste et déçu. On dit qu’en Russie et en Chine, ils ne peuvent pas parler. Je pensais qu’on vivait dans un pays démocratique, qu’on pouvait s’exprimer. Si tu es contre l’aide médicale à mourir, on te tasse et on te met dehors [...] Je ne faisais rien de mal, dans mon cœur, c’est bien de dire à quelqu’un de ne pas se tuer », a-t-il commenté en entrevue téléphonique.

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Un bénévole doit garder une réserve, indique le CIUSSS

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS assure que le bénévole n’a pas été renvoyé à cause de l’entrevue qu’il a livrée à La Tribune, qui a été diffusée vendredi matin. « Pour nous, il était clair que l’intention du bénévole n’était pas de cesser son comportement, donc son privilège de bénévole lui a été retiré. On lit clairement dans l’article de La Tribune que si des situations semblables allaient se reproduire, il allait reproduire le même comportement. Il a dit la même chose à d’autres médias », a expliqué la porte-parole de l’organisation, Geneviève Lemay. 

Courriel

Dans un courriel destiné à M. Lamontagne, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS rappelle que le bénévole s’était « engagé à respecter le code d’éthique et les règles et procédures de l’organisation ainsi que les éléments du guide du bénévole ». 

« Depuis quelque temps, nous avons cumulé, à l’intérieur de votre dossier, plusieurs situations qui dérogent du mandat qui vous est confié aux soins spirituels et aux loisirs en visite amicale, peut-on lire. Vous avez été rencontré et/ou informé à plusieurs reprises à ce sujet afin que vous apportiez des correctifs à ces écarts de conduite. »

« Dernièrement, nous avons encore reçu une plainte concernant des propos que vous avez tenus et qui ne correspondent pas au mandat qui vous est assigné. Nous désirons donc vous informer que puisque vous ne répondez plus aux exigences requises pour être bénévole, vous ne pouvez plus exercer ces fonctions au sein de notre établissement. C’est pourquoi, à compter d’aujourd’hui le 28 février 2020, nous sommes dans l’obligation de mettre fin à votre engagement comme bénévole. »

M. Lamontagne n’a pas le choix de se plier à la décision de l’organisation. Il devra remettre sa carte de bénévole.