L'une des publicités «sexy» du Bar Arcade MacFly

Le Bar Arcade MacFly encore blâmé pour ses publicités «sexy» [PHOTOS]

Le Bar Arcade MacFly, à Québec, a de nouveau été blâmé dans le plus récent rapport du Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques pour avoir refusé de retirer des publicités qui, selon le Conseil, exploitaient la sexualité.

Dans son rapport 2018 rendu public mardi matin, le Conseil ne reproche rien au bar concernant ses activités durant la dernière année. Mais il blâme le MacFly de ne pas avoir réagi adéquatement à son rapport annuel 2017, explique le nouveau président du Conseil, Robert Dutton. 

«Il n’a pas retiré les images incriminantes sur sa page Facebook», précise M. Dutton. Selon le récent le rapport du Conseil, ce refus constitue «le plus bel exemple de manque d’éthique» porté à sa connaissance en 2018. 

L’an dernier, le MacFly avait été blâmé «pour exploitation de la sexualité et illustration de la consommation de personnes mineures pour promouvoir l’établissement lors de sa soirée Back to school». Le blâme portait sur une publicité de la rentrée mettant en vedette une écolière portant une jupe carreautée, un chemisier décolleté et des bas aux genoux qui laissaient transparaître ses cuisses. 

Le Conseil avait demandé au MacFly de retirer la publicité. Mais le bar n’avait retiré que des publicités où on pouvait voir des marques de spiritueux sur les images et avait maintenu les publicités avec des femmes costumées en collégiennes.

Le copropriétaire du bar, Sylvain Legendre, estimait que la publicité constituait un clin d’œil à l’époque des pin-up girls et à la rentrée scolaire. «C’est sexy, ce n’est pas sexiste», disait-il.

Joint mardi midi, M. Legendre déplorait le nouveau blâme du Conseil, qu’il associe à un règlement de compte. «Ils s’amusent à nous faire chier», dit-il. «Ils sont à la limite de la diffamation».

Après la publication du rapport 2017, le bar avait envoyé une mise en demeure au Conseil. Arguant que le MacFly avait fait l’objet d’un «traitement injuste» et que le blâme public pouvait nuire à long terme à sa réputation commerciale, le bar sommait le Conseil de retirer publiquement la section du rapport annuel qui le concerne dans les 10 jours. 

Le MacFly avait ensuite abandonné ses démarches judiciaires, qui s’annonçaient trop coûteuses. 

Affluence

Dans les semaines qui ont suivi la publication du rapport annuel du Conseil, le trafic dans le bar et les évaluations positives sur la page Facebook avaient bondi, avait affirmé M. Legendre. «Ç’a créé vraiment un buzz pour nous», avait-il dit au Soleil. 

Dans son plus récent rapport, le Conseil fait référence à cette déclaration et reproche au MacFly d’avoir tiré profit de la controverse. «Comme quoi, pour certains, tous les moyens, même les moins éthiques, sont bons pour assouvir la soif de profits!», peut-on lire dans le document. 

M. Legendre, lui, persiste et signe. Pour la rentrée 2018, il a publié sur Facebook une série de photos avec des femmes costumées en collégiennes. 

Il croit que le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques a une mission «noble», mais voit dans ce nouveau blâme contre le MacFly une réprobation injustifiée et «baveuse». 

Pas de pouvoir contraignant

Le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques est un «tribunal d’honneur», c’est-à-dire qu’il n’a pas de pouvoir de sanction. Les bars blâmés n’ont donc pas l’obligation de se plier à ses demandes. 

Habituellement, quand il y a un manquement au code d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, le Conseil communique avec les bars concernés par des plaintes et «les gens vont se conformer», souligne Robert Dutton. 

Dans le cas du Bar Arcade MacFly, précise-t-il, «on n’était pas capable de fermer le dossier». 

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Sylvain Legendre est l'un des copropriétaires du Bar Arcade MacFly.
Le Bar Arcade MacFly dans le quartier Saint-Roch, à Québec
L'une des publicités «sexy» du Bar Arcade MacFly