Laurence Vincent Lapointe a un papa ingénieux! [VIDÉO]

Trois-Rivières — Laurence Vincent Lapointe n’a pas encore accès aux installations du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières et à cette période de l’année, la rivière St-Maurice n’est pas la plus avenante pour les sports de rame. Heureusement, elle parvient à rentabiliser son temps... en s’entraînant dans la piscine hors-terre chez ses parents! Son père, Guy Lapointe, a usé d’ingéniosité pour lui fabriquer ce qu’il appelle un «pont à ramer».

L’athlète de 27 ans, qui a réintégré l’équipe nationale quelques semaines avant le début de la pandémie, a partagé le nouveau jouet de son patenteux de père, lundi sur les réseaux sociaux. Mardi, quelques milliers d’internautes avaient déjà vu cette structure, qui s’apparente à un canoë, fixé en partie sur le patio de la piscine.

Ça aura pris deux semaines à Guy Lapointe pour obtenir ce résultat. M. Lapointe est propriétaire de l’entreprise trifluvienne Option Néon, spécialisée entre autres en thermoformage. Il croit qu’il peut encore fignoler le produit pour maximiser les entraînements de sa fille, en attendant le retour du beau temps.

«C’est un plan que je mijotais depuis quelque temps, convient le principal intéressé. On voulait reproduire de la façon la plus réaliste une situation de course ou d’entraînement. J’ai eu du fun! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour nos enfants?»

«C’est étonnant! Je me rapproche des sensations que j’ai en temps normal sur l’eau. C’est important de garder son sérieux et présentement, il n’y a personne pour nous surveiller sur la rivière. Je trouve donc ça intéressant de pouvoir m’entraîner d’une façon originale. Avec mon père, c’est toujours comme ça: s’il y a un problème, il va trouver une solution», sourit Laurence Vincent Lapointe, qui allait compléter une deuxième séance de rame dans son arrière-cour au moment où Le Nouvelliste a pu la joindre.

«La principale différence, c’est que l’eau est stable dans une piscine. En compétition dans les bassins, c’est instable. Ça me permet de travailler ma puissance, sauf que c’est plus difficile de peaufiner la technique et d’améliorer ton endurance.»

Au-delà des séances qui ne peuvent être optimales dans les circonstances, Vincent Lapointe est d’abord reconnaissante envers l’implication de son papa. On le sait, ses parents sont allés au front, à ses côtés l’an passé, quand elle a dû prouver son innocence après avoir été suspendue pour dopage par la Fédération internationale de canoë.

L’ICF l’a blanchie en janvier et elle a pu retrouver ses coéquipiers de l’équipe canadienne, en Floride. Quelques semaines plus tard, le coronavirus venait jouer les troubles-fêtes, alors qu’elle avait toujours espoir de se qualifier pour les Jeux olympiques, où elle serait l’une des figures de proue du Canada à l’été 2021.

«Je l’ai souvent dit: mes parents sont plus grands supporters, ce n’est pas un hasard si je reste encore avec eux à presque 28 ans», rigole la multiple championne du monde, qui n’est toutefois pas habituée d’être avec eux sept jours sur sept!

Dans les jours à venir, elle avait rendez-vous aux qualifications continentales, en Amérique du Sud. C’est là qu’elle aurait sans doute mérité le billet de l’embarcation C-2 pour les Jeux de Tokyo.

Laurence Vincent Lapointe avec ses parents, Guy Lapointe et Nathalie Vincent, au moment de la conférence de presse annonçant que la Fédération internationale de canoë la blanchissait dans le dossier du dopage au ligandrol.

«C’est dommage, parce que je m’étais beaucoup améliorée au camp en Floride. En parlant avec mon entraîneur, on a toutefois réalisé que c’était peut-être une bonne chose, cette pause. L’année idéale que tu veux avoir avant les Jeux, c’était impossible pour moi en 2019. En ce moment, j’ai cette chance de pouvoir me refaire. Je rame autant que j’en suis capable, mais c’est sûr que je ne fais pas des séances de 90 minutes non plus. Quand on me donnera le go, je serai prête.»