L’Asterix maintenant en service

Les essais en mer sont terminés. L’Asterix est maintenant prêt à faire face à la musique.

Chantier Davie et Federal Fleet Services, les deux compagnies soeurs au sein du holding Inocea qui est propriétaire du chantier maritime de Lévis depuis 2012, viennent d’annoncer que le navire ravitailleur Asterix est maintenant en service opérationnel complet auprès de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne.

La période intensive d’essais en mer et de tests a été concluante.

«Comme prévu, l’Asterix a exécuté des ravitaillements en mer de façon quotidienne et a mené des opérations complètes avec des hélicoptères de type Cyclone CH-148 afin de démontrer ses capacités de niveau mondial», ont indiqué Chantier Davie et Federal Fleet Services dans un communiqué de presse. «Ces exercices ont été exhaustifs.Il y a eu des opérations de ravitaillement en mer doubles aux décollages et atterrissages d’hélicoptères, en passant par les essais de ravitaillement verticaux.»

Pour le chef de la direction de Federal Fleet Services, Spencer Fraser, l’entreprise de Lévis a tenu ses promesses.

«Le fait d’avoir livré le premier navire militaire canadien en plus de 20 ans, le premier navire de ravitaillement en presque 50 ans et d’avoir atteint la capacité opérationnelle totale de manière si efficace et dans un si court délai est la preuve du travail acharné, du dévouement et du dynamisme des équipes de Davie et de Federal Fleet Services. Nous sommes tous très fiers de notre accomplissement.»

«Nous avons promis au gouvernement que nous comblerions une lacune stratégique de façon expéditive, que nous ferions économiser de l’argent aux contribuables canadiens à l’aide de notre solution, et, principalement, que nous fournirions aux hommes et aux femmes de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne une capacité de classe mondiale dont ils pourraient être fiers. Nous pouvons aujourd’hui affirmer que nos promesses ont été tenues. Nous demeurons de garde afin d’aider le gouvernement du Canada à en faire plus.»

Rappelons que Chantier Davie a proposé au gouvernement fédéral la construction d’un deuxième navire ravitailleur, l’Obelix.

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LE NPD VEUT PLUS QUE DES BRISE-GLACES POUR DAVIE

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) exige davantage que des brise-glaces pour remplir le carnet de commandes du chantier maritime Davie à Lévis.

À sa première visite dans cette ville mardi, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a dit que le gouvernement Trudeau devait «accélérer le processus» pour accorder des contrats à la Davie.

Le chantier maritime a mis à pied 400 travailleurs avant les Fêtes, faute de contrats, et réclame sa juste part des juteux contrats fédéraux de la marine royale, accordés à ses deux concurrents à Vancouver et Halifax.

Le Bloc québécois a été très actif dans le dossier de la Davie, pour que le Québec obtienne sa part de contrats fédéraux, mais le NPD, un parti traditionnellement associé aux travailleurs, ne veut pas être en reste.

«Il y a assez de travail pour tout le monde, a dit M. Singh, en point de presse sur les terrains de la Davie. Le gouvernement doit montrer de l'ouverture, il n'y a pas cette ouverture du gouvernement.»

Des négociations sont en cours entre Ottawa et la Davie pour la réfection de brise-glaces, mais cela ne suffit pas, selon le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice.

M. Boulerice a notamment évoqué des contrats qui pourraient être attribués au chantier lévisien, comme la conversion des bâtiments de la classe Viking et de sept à 12 frégates de la classe Halifax.

Le NPD a refusé d'accuser le gouvernement Trudeau de faire du favoritisme pour les chantiers du Pacifique et de l'Atlantique.

«Nous, on n'est pas là pour faire des procès et des jeux politiques sur l'influence de tout un chacun», a répondu M. Boulerice.

La Davie a été exclue de la Stratégie nationale de construction navale — qui s'étend sur 10 ans jusqu'en 2022 — au profit de ses deux concurrents.

«On doit être capable d'être flexible sur des critères et des conditions pour ne pas que Davie soit écartée de façon injuste», a plaidé M. Boulerice.

La représentante de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Ann Gingras, accompagnait ses alliés néo-démocrates. Elle a dit qu'il fallait modifier cette stratégie qui ne fonctionne pas, selon elle, puisque les autres chantiers font exploser les coûts et ne livrent pas dans les délais.

«Ce qu'on recherche, c'est modifier la stratégie, ce n'est pas vrai que c'est coulé dans le béton.»  Patrice Bergeron, La Presse canadienne