L'Irak est un pays où le pouvoir militaire et politique est détenu par une poigne ferme des hommes.

L'armée irakienne s'adapte à la nouvelle commandante Jennie Carignan

OTTAWA — L'armée irakienne à domination masculine pourrait peu à peu devoir s'habituer à traiter avec des homologues féminines de haut niveau, a fait savoir l'ex-commandant des formateurs des Forces armées canadiennes dans ce pays.

Le major-général Dany Fortin a déclaré que la situation augure bien pour sa successeure, le major-général Jennie Carignan, qui a pris le commandement de la mission de formation de l'OTAN en Irak la semaine dernière. Un pays où le pouvoir militaire et politique est détenu par une poigne ferme des hommes.

Mme Carignan est une combattante décorée qui a servi le Canada en Afghanistan lors de certaines des batailles les plus féroces entre les forces occidentales et la résurgence des talibans et d'Al-Qaïda. Elle remplace M. Fortin, qui a occupé le poste pendant 13 mois.

«Nous continuons de maintenir des femmes dans cette mission à différents postes clés - conseillères et formatrices», a mentionné le major-général Fortin mardi.

«Ce que j'ai observé au cours de la dernière année, c'est que des membres féminines de la mission étaient les bienvenues, leur point de vue étant pris en compte par les plus hauts dirigeants (irakiens). C'était en fait étonnant, car je pensais que ce serait un peu plus difficile que cela.»

Jenny Carignan prend en charge une mission de formation visant à professionnaliser les forces armées irakiennes dans une période de troubles internes considérables et sous la menace toujours présente de militants de l'État islamique. Ceux-ci sont officiellement en retraite, mais seraient toujours à la recherche de moyens de revenir.

Un message

Selon Dany Fortin, l'expérience du major-général Jenny Carignan en Afghanistan va bien la servir et sa présence va envoyer un message à ses interlocuteurs irakiens sur les principes fondamentaux du respect de l'État de droit, de l'égalité des sexes et du respect des subordonnés qui constituent le fondement de ce que les formateurs de l'OTAN essayent d'inculquer.

«Sachant à quel point elle est intelligente et compétente, elle trouvera un moyen de faire valoir son point de vue de manière significative», prévoit son prédécesseur.

«Certaines de ces leçons, on les enseigne sans les enseigner - en les démontrant, en les appliquant.»

Le ministère de la Défense a permis aux médias de rencontrer Dany Fortin, qui rentrait tout juste d'Irak. Il n'a cependant pas été possible de discuter avec Jennie Carignan, qui vient d'entreprendre son nouveau rôle.


« Ce que j'ai observé au cours de la dernière année, c'est que des membres féminines de la mission étaient les bienvenues, leur point de vue étant pris en compte par les plus hauts dirigeants (irakiens). C'était en fait étonnant, car je pensais que ce serait un peu plus difficile que cela »
Le major-général Dany Fortin, ex-commandant des formateurs des Forces armées canadiennes en Irak

Plus tôt cet été, elle avait été interrogée au sujet de son commandement en Irak, en marge d'une visite au Canada du secrétaire général de l'OTAN. Elle avait déclaré que sa présence servirait d'exemple aux femmes irakiennes.

«Je pense que cela montrera que c'est une possibilité pour tout le monde. Que si quelqu'un veut s'impliquer dans l'armée, dans des opérations ou dans des domaines de la sécurité, que c'est possible pour tout le monde de le faire», avait-elle dit.

«Les femmes représentent 50 % de la population et il est tout à fait normal qu'elles soient impliquées dans les décisions que prend leur pays», avait ajouté la major-général.

Des manifestations antigouvernementales ont secoué l'Irak depuis octobre, provoquant la mort de près de 400 personnes et entraînant la démission du premier ministre Adel Abdul-Mahdi la semaine dernière.