La maquette des deux parties du mémorial : le dallage circulaire autour de l’orme du site de la Visitation et les socles avec les feuilles ajourées du côté de la mosquée.

L’arbre au cœur du Vivre ensemble [VIDÉO]

L’arbre est au cœur du mémorial qui sera aménagé en hommage aux six victimes de la Grande Mosquée de Québec.

L’artiste Luce Pelletier a choisi l’arbre comme symbole du «vivant» pour élaborer le concept autour du mémorial. «Ça s’est imposé lorsqu’on m’a rapporté que des citoyens avaient déposé des fleurs et autres offrandes au pied d’un orme sur le site historique de la Visitation au lendemain de la tragédie du 29 janvier 2017», explique-t-elle au Soleil.

Le mémorial sera installé de part et d’autre de la route de l’Église. Une partie à l’entrée du Centre culturel islamique de Québec, et l’autre au site patrimonial de la Visitation. Un symbole fort qui marque l’union des communautés de confessions musulmanes et catholiques.

Du côté de la mosquée sera aménagée une première zone de commémoration. Les noms des six victimes seront gravés dans des socles au sommet desquels seront installées des feuilles ajourées aux motifs des pays d’origine des victimes : Maroc, Tunisie, Guinée et Algérie. Une seconde zone de recueillement sera aussi construite.

Du côté du site de la Visitation, on y installera un dallage circulaire avec un motif d’inspiration fléché, rappelant les traditions québécoises.

«Cette tragédie a laissé une cicatrice au cœur de milliers de citoyens de Québec. À défaut de pouvoir l’effacer, nous pouvons rendre hommage aux victimes pour dire que nous pensons encore à elles et à eux, mais aussi que nous savons à Québec vivre ensemble», a discouru le maire Régis Labeaume, lors de son allocution, faisant l’éloge du respect des choix, des goûts et des convictions de chacun, peu importe son statut social, son origine, son âge ou son sexe. 

Du côté de la mosquée sera aménagée une première zone de commémoration. Les noms des six victimes seront gravés dans des socles au sommet desquels seront installées des feuilles ajourées aux motifs des pays d’origine des victimes, comme celle dont tient dans ses mains le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah.

«Très réussi»

Megda Belkacemi, fille du professeur d’université Khaleb Belkacemi, décédé dans la tragédie, voyait pour la première fois la maquette du mémorial. 

«Je trouve ça très réussi. L’artiste a su intégrer tous les éléments, que ce soit ceux du pays d’origine des victimes que de la culture québécoise et canadienne. La symbolique est très forte et on voit le lien qui est créé», soutient-elle.

Mme Belkacemi se réjouit aussi du fait que le mémorial vise, comme l’a exprimé le maire Labeaume, à rendre hommage aux victimes canadiennes d’attentats à l’étranger. Il pense évidemment aux quatre membres de la famille Carrier de Lac-Beauport et leurs deux amis, décédés le 17 janvier 2016 dans une attaque djihadiste à Ouagadougou au Burkina Faso lors d’une mission humanitaire.

«On a pris soin d’intégrer des victimes d’autres attentats. C’était très important pour moi. Toutes les personnes qui vivent une perte aussi tragique dans un crime violent vivent des moments extrêmement difficiles. Je souhaite tellement que ces familles-là ressentent l’amour qu’on a pour eux», poursuit-elle.

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, a témoigné sa gratitude envers la Ville et «son ami» Régis Labeaume pour l’érection de ce mémorial. «La violence peut et doit se convertir en amitié, en bonté et reconnaissance. C’est la signification de ce mémorial.»

Le coût d’aménagement s’élève à un peu plus de 300 000 $. Il devrait être inauguré en 2020.