Voici l’allure de la pochette du nouvel album de QW4RTZ lancé jeudi soir.
Voici l’allure de la pochette du nouvel album de QW4RTZ lancé jeudi soir.

Lancement du second album de QW4RTZ: la distance n’a plus d’importance

TROIS-RIVIÈRES — C’est dans la bonhomie caractéristique du groupe que s’est déroulé jeudi soir le lancement de Shkabedabedweebeshoobop, second album de Qw4rtz. Un événement virtuel en simultané depuis quatre domiciles distincts. Décidément, on n’arrête pas le progrès.

On n’arrête pas non plus une pandémie comme on le voudrait et c’est bien ce qui explique ce lancement hors normes. Avec le confinement, les quatre interprètes ont dû se faire une raison pour répondre à la demande de leurs fans, surtout ceux qui ont contribué financièrement à la réalisation de l’album. Cet événement vécu dans un parfait respect des règles de distanciation a servi à démontrer leur nouvelle maîtrise fine des réseaux sociaux. C’est via un Facebook live que s’est déroulé l’accouchement de Shkabedabedweebeshoobop. Le bébé ne pèse que quelques grammes à peine mais les quatre papas se portent bien, merci.

Rappelons que ce second album est né d’une campagne de financement lancée sur la plateforme Kickstarter en mai 2019 qui avait permis au groupe d’amasser plus de 25 000 $ offerts par quelque 511 donateurs. Cela s’est traduit par 15 titres officiels gravés sur ce nouvel opus offrant un côté éclectique qui reflète bien les goûts des membres mais également le spectre de leurs capacités. On y retrouve un motet du XVIe siècle, des succès pop des années 90 et 80 un combiné de Bridge Over Troubled Water et Lean On Me au même titre que Dixie d’Harmonium, seule chanson en français. Et puis, avaient-ils le choix d’inclure la version a capella de Bohemian Rhapsody qui leur colle désormais à la peau et de Hallelujah de Leonard Cohen?

Plus que des titres, c’est l’ADN de QW4RTZ qu’on y retrouve avec des arrangements complexes et serrés, une touche d’humour, une qualité technique irréprochable qui justifie la place de chaque genre musical abordé.

L’album est d’ores et déjà en vente dans sa version physique chez les disquaires ayant porte sur rue ou sur le nouveau site web du groupe refait à neuf au www.qw4rtz.ca. La version numérique est, elle, disponible sur les différentes plateformes de téléchargement et, évidemment, sur le site du groupe. Signe que le quatuor vocal évolue aussi dans son obligatoire volet marketing, le site offre à la vente une série de vêtements à leur image.

Le professionnalisme de la formation demeure un constant point fort qui a marqué leur lancement bien que sa forme virtuelle leur ait été imposée par les circonstances. Ils ont encore fait preuve d’humour et d’imagination pour offrir un contenu assez divertissant. La chose mérite d’être soulignée puisque les inévitables délais dans la retransmission rendait impossible pour les chanteurs de faire ce que les fans leur réclament parce que c’est encore ce qu’ils font le mieux: chanter.

Ils ont donc jasé avec leurs fans virtuellement réunis, raconté des anecdotes de production, reçu par vidéoconférence des invités ayant participé à la confection de l’album à divers titres et ont eu la charmante idée de présenter des vidéos surprises de divers artistes. Le prétexte trouvé est qu’ils auraient tous voulu être auditionnés pour chanter avec Qw4rtz sur l’album mais que leur demande sous forme de vidéo est malencontreusement tombée dans les abîmes insondables des courriels indésirables. Miraculeusement repêchés, on a donc pu voir ceux de Bruno Pelletier, Brigitte Boisjoli, Rythmind, Christian-Marc Gendron tous quatre fort sympathiques. Par contre ce sont probablement Marc Hervieux et, encore davantage, Marie-Josée Lord qui ont volé la vedette dans des capsules marquées par un humour quelque peu déjanté qu’on ne leur connaissait guère.

Comme quoi Qw4rtz finit par déteindre sur son environnement humain ce qui suggère que le quatuor a définitivement façonné son style.

Le lancement tend par ailleurs à démontrer que le web fait désormais partie de l’arsenal du groupe. Les quiz et les défis relevés en confinement ainsi que ce lancement virtuel en témoignent. De la contrainte, ils ont fait un ingénieux outil de création et c’est tout à leur honneur.

Shkabedabedweebeshoobop vit donc désormais sa propre vie commerciale le temps que le groupe reprenne sa vie normale jusqu’à se sentir inspiré pour un prochain album évoqué au hasard des conversations jeudi soir. On n’exclut pas complètement que c’en soit un de Noël. On peut bien supputer, mais disons simplement qu’il reste un virus à dominer et encore pas mal de prestations virtuelles à apprécier avant d’en arriver là. Et aussi, peut-on encore l’imaginer? des spectacles en chair et en os.