Caroline Savoie nous présente vendredi son deuxième album, Pourchasser l’aube, composé alors qu’elle traversait une période sombre minée par la dépression et l’anxiété.

L’album-thérapie de Caroline Savoie

Il y a fort à parier que Caroline Savoie se sentira quelque peu interpellée en ce mercredi 30 janvier par la journée Bell cause pour la cause. Le deuxième album qu’elle nous dévoile cette semaine a, de son propre aveu, été sa thérapie, alors qu’elle vivait une période difficile minée par la dépression et l’anxiété.

Pourchasser l’aube, qui verra le jour vendredi, est à ce point collé à ses états d’âme du moment que l’Acadienne a songé à ne jamais endisquer les chansons qui y figurent, admet-elle. Elle s’est finalement ravisée en pensant à tous ces gens qu’elles pourraient possiblement aider. « Si ça peut réconforter ne serait-ce qu’une personne qui vit la même chose que ce que j’ai vécu, ça sera toujours ça de pris. »

11 titres

À travers les 11 titres qui composent son deuxième opus, la grande gagnante du Festival de la chanson de Granby en 2015 a également voulu rejoindre tous les proches de ces gens qui souffrent. « J’ai voulu imager un maximum ce mal-être pour les aider à comprendre ce qui est difficile à comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu », dit-elle.

Ainsi, la deuxième piste, Mille et un, a été composée alors qu’elle se trouvait en pleine crise d’anxiété. « Ça m’a tellement défoulée que chaque fois que je sentais venir une autre crise, je prenais ma guitare et commençais à la chanter pour me calmer », raconte-t-elle.

150 mg a suivi sa longue hésitation à accepter de prendre des médicaments pour s’en sortir. « Je suis restée une heure dans mon auto dans le stationnement de la pharmacie tellement je ne voulais pas aller les chercher », se souvient-elle.

Le Monstre se veut une réponse aux interrogations de sa mère, une tentative de mettre des mots sur ses maux afin de rendre le tout plus accessible de l’extérieur.

Et ainsi de suite.

Si l’ensemble peut sembler lourd à première vue, il n’en est rien, assure l’auteure-compositrice-interprète de 24 ans. « Oui, on nage dans les eaux troubles de la tristesse, de la mélancolie, voire de la détresse. Ces chansons-là ont quand même fait partie de ma thérapie. Mais je me suis assurée de mettre une lueur d’espoir dans chaque chanson. »

« Même durant mes jours les plus sombres, j’étais toujours à la recherche de la lumière. C’est un peu à ça que réfère mon titre aussi », ajoute-t-elle.

Un « 180 degrés » sonore

On remarquera en outre un changement de son sur Pourchasser l’aube. « Un 180 degrés », n’hésite pas à dire Caroline Savoie.

Contrairement à son album éponyme, qui avait été enregistré à New York quelques semaines après le Festival de la chanson, celui-ci s’est fait à Montréal, sous la réalisation du grand Philippe Brault.


«  Oui, on nage dans les eaux troubles de la tristesse, de la mélancolie [...] Mais je me suis assurée de mettre une lueur d’espoir dans chaque chanson.  »
Caroline Savoie

La jeune femme a d’ailleurs connu ce dernier à Granby, et elle a eu « un immense coup de foudre musical et humain pour lui ». « C’est un réalisateur ouvert d’esprit, rassurant, à l’écoute et qui comprend exactement ce qu’on veut. Il m’a aidée à concrétiser mon son. Je voulais quelque chose entre du Feist, du Karkwa et du Marie-Pierre Arthur, et c’est ce qu’il est allé chercher. »

De meilleurs jours

Caroline Savoie va aujourd’hui beaucoup mieux, et ce, depuis le début de l’été dernier, affirme-t-elle. Même si ça lui fait « toujours un peu peur de reparler de cette période sombre », elle considère être en mesure maintenant d’avoir le recul nécessaire pour se replonger dans sa grisaille folk le temps d’une tournée.

« Je suis aujourd’hui capable de me détacher de tout ça. J’ai fini par accepter cette mauvaise passe, qui était temporaire. Je chante à propos de quelque chose qui m’est arrivé. Ça ne me définit pas en tant que personne. »