Philippe Vanasse-Paquet

La voix de Ian dans le film En avant, c’est lui !

Assis avec ses proches dans la pénombre du cinéma de Granby, vendredi dernier, Philippe Vanasse-Paquet n’a pas visionné le film d’animation En avant comme les autres spectateurs. En fait, il l’a écouté plus que regardé. Parce que la voix de Ian Lightfoot, dans la version franco-québécoise, c’est la sienne.

« Je pensais surtout à ma voix. Je suis toujours assez critique face à moi-même. Je me dis que j’aurais dû faire ceci ou cela... Mais c’est un très bon film ! » lance le Sheffordois.

Le dernier-né de Pixar, intitulé Onward dans sa version originale anglaise, met en vedette Ian et Barley, deux frères elfes adolescents qui tentent, par tous les moyens, de faire réapparaître pour une journée leur père décédé des années plus tôt.

Le Sheffordois est la voix québécoise de Ian, le personnage principal de ce film d'animation américain.

« Il était magicien et Ian reçoit en cadeau pour son 16e anniversaire le bâton de sorcier de son père. Mais il ne maîtrise pas très bien la magie... », résume Philippe au sujet de son personnage, le plus petit de la fratrie. Un manque d’expérience qui mènera à l’apparition de seulement la moitié du papa !

Un rêve

Ce n’est pas la première fois que le comédien/doubleur collabore avec Pixar ; il avait déjà doublé un petit rôle dans Le bon dinosaure, sorti en 2015.

« Mais En avant est mon plus gros projet de doublage. C’était assez incroyable. Je ne m’attendais pas à ça. Ce rôle, c’est un peu un rêve pour un doubleur. »

Le jeune homme de 16 ans a été retenu à la suite d’une audition, un processus dont il a l’habitude.

« Je suis dans le domaine du doublage depuis l’âge de dix ans. C’était une suggestion de mon agente et j’étais curieux de voir ce que c’était. J’ai fait trois formations spécialisées au Conservatoire d’art dramatique, j’ai commencé avec des petits rôles, qui ont pris de plus en plus d’ampleur », laisse-t-il entendre en qualifiant le domaine du doublage de « super compétitif et mystérieux ».

Philippe a notamment prêté sa voix au personnage de l’assistant du Dr Dolittle dans Le voyage du Docteur Dolittle, à celui de Randy dans le film Dora et la Cité d’or perdue et au frère de Théodore Pellerin dans le thriller At First Light.

Son Ian d’En avant, il a appris à le connaître en décembre dernier, pendant les nombreuses heures qu’il lui a consacrées. Il avoue se reconnaître « un peu » dans ce personnage.

Pour En avant, Philippe Vanasse-Paquet a dû modifier sa voix, pour adopter un ton plus jeune et plus aigu.

« Comme lui, on a tous une part d’inconfort et d’insécurité par moment. Mais il est quand même assez loin de moi, ce qui m’a permis une belle liberté de jeu. »

L’évolution du personnage, au cœur du récit, a représenté son principal défi. Anxieux, Ian gagne en confiance au fil de l’histoire.

« Un changement de personnalité comme ça, j’avais rarement eu l’occasion d’en jouer. C’est cool de faire des rôles qui ne nous ressemblent pas trop. C’est libérateur. »

Pour En avant, il a également dû modifier sa voix, pour adopter un ton plus jeune et plus aigu.

Occupé

Occupé, Philippe multiplie les sessions de doublage, à raison d’environ un par deux semaines. Certains peuvent comporter à peine quelques lignes, tandis que d’autres exigent plusieurs heures de travail.

Car doubler demande une certaine maîtrise, avoue le jeune homme.

« Au début, c’était difficile. Ça demande beaucoup de travail », dit-il, en mentionnant l’importance de la technique, de la diction, de l’obligation de s’exprimer en français international...

Mais contrairement au jeu de comédien, le doublage s’accompagne d’une spontanéité qu’il adore.

« On n’a pas de lignes à apprendre. Il faut jongler entre le texte et l’image qui défilent devant nous. On doit s’imprégner de l’image en reproduisant les mouvements des personnages. On bouge dans le studio, on imite les mimiques. Il ne faut pas avoir peur du ridicule ! » laisse-t-il tomber en riant.

L’élève de 5e secondaire à l’école L’Envolée de Granby arrive à concilier du mieux possible sa passion et ses études. Bien sûr, le domaine artistique le fait rêver. Doubleur, comédien, réalisateur, tout l’intéresse.

« Je ne me fixe pas de limites. Plus on est polyvalent, plus on a des chances de réussir au Québec. »