Gabrielle, Mélanie, Lise, Lyne et Myriam Guillemette sont préposées aux bénéficiaires depuis trois générations!

La vocation de préposées dans les gènes

Avoir le travail de préposée aux bénéficiaires dans le sang : voilà qui est assurément le cas de la famille Ruel-Guillemette. Grand-maman Lise Guillemette a donné la piqûre du métier à ses filles Mélanie et Lyne, et Mélanie a elle aussi contaminé ses filles Myriam et Gabrielle. Chez les Ruel, on est préposées aux bénéficiaires de mères en filles!

Mais avant de raconter leur histoire, permettons-nous de leur poser une grande question : comment définit-on le travail d’une préposée aux bénéficiaires (PAB) auprès d’une clientèle âgée en perte d’autonomie? « Une préposée aux bénéficiaires, c’est une amie, c’est une deuxième famille, c’est une aide-soignante, c’est le bras qui ne fonctionne plus quand on veut manger ou les jambes qui ne sont plus assez solides quand on veut marcher ou aller à la salle de bain », explique spontanément Mélanie Ruel.

À lire aussi: Des aides de service en soutien aux préposés aux bénéficiaires

De 45 à 123 infirmières praticiennes spécialisées d’ici 2025

La maman Lise Guillemette a travaillé durant neuf ans à la Résidence Brooks, où elle faisait tout plein de tâches dans le but d’aider les résidents de l’endroit. Il n’était pas rare que ses filles l’accompagnent pour un moment.

« Ma mère nous amenait nous faire couper les cheveux chez la coiffeuse de la résidence. Ç’a fait boule de neige! » se souvient en riant Mélanie Ruel.

Tellement qu’elle a choisi d’en faire son métier. Comme sa sœur Lyne peu après, d’ailleurs.

« En fait, on dit métier, mais on devrait plutôt parler de vocation. Il faut aimer ce qu’on fait. On ne peut pas décider de devenir PAB seulement parce que le cours n’est pas long! » ajoute-t-elle.

Dans un milieu de la santé en crise, où le personnel est toujours trop peu nombreux pour donner les soins nécessaires aux patients, bien des images négatives ont été véhiculées à propos du travail des PAB au cours des dernières années. Pour combler les besoins au CIUSSS de l’Estrie-CHUS au cours de l’été à venir, il faudrait 150 PAB supplémentaires. Et c’est sans compter tous les besoins dans les autres organisations comme les résidences pour aînés par exemple. Les PAB sont nombreux dans le réseau de la santé et leur rôle est important, voire central, en particulier dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.


«  En fait, on dit métier, mais on devrait plutôt parler de vocation. Il faut aimer ce qu’on fait. On ne peut pas décider de devenir PAB seulement parce que le cours n’est pas long!  »
Lyne Ruel

« Quand on dit qu’on est PAB, les gens nous répondent souvent : « Oh t’es bonne, moi je ne serais pas capable de changer des couches! » Oui, changer des couches fait partie de notre travail, mais c’est tellement plus que ça. Les couches, c’est une infime partie de ce qu’on peut faire auprès de nos résidents », ajoute Mélanie Ruel.

« Nous faisons partie du quotidien de nos résidents. Le matin, leur premier bonjour est pour nous. En se couchant le soir, le dernier bonsoir est pour nous. Ça développe des liens forts », explique Myriam Ruel, une jeune PAB de 25 ans.

Sa sœur Gabrielle renchérit : « Le soir de Noël par exemple, on est là, on fête avec les résidents. Ça crée des liens. Ils sont ma deuxième famille. Nous sommes une deuxième famille pour eux aussi. On passe souvent plus de temps avec eux qu’avec notre propre famille », souligne Gabrielle, qui poursuit en même temps ses études pour devenir infirmière.

« Ce travail, c’est un don de soi. Il ne faut pas venir travailler à reculons. Il faut choisir la clientèle avec laquelle on va travailler. Nous, on travaille avec des personnes âgées, mais il y a aussi des possibilités avec des enfants, en milieu hospitalier ou en psychiatrie », donne en exemples Myriam Ruel, qui travaille avec sa mère au CHSLD Vigi Shermont.

« C’est un travail où il y a beaucoup d’attachement. Les gens vont nous donner beaucoup d’affection. J’ai adoré mon travail, ç’a été une expérience extraordinaire », soutient Lise Guillemette, maintenant retraitée, mais toujours aussi intéressée à écouter les histoires vécues sur le plancher par ses deux filles et ses deux petites-filles.

« Nous, les PAB, nous sommes souvent les yeux et les oreilles des infirmières et des auxiliaires. Quand on rentre dans une chambre et qu’on ferme la porte pour donner des soins, il s’en dit des choses! » raconte Lyne Ruel, qui travaille aux Filles de la Charité et de Sacré-Cœur de Jésus depuis 20 ans.

Bref, les trois générations de femmes chez les Ruel croient fermement à l’importance de leur rôle dans le système de santé. Et elles espèrent que bien des jeunes (ou des moins jeunes) suivront la formation pour devenir PAB en rappelant qu’il existe vraiment plusieurs milieux pour les accueillir, selon leur personnalité et leurs intérêts.

« C’est un travail qui fait une différence concrète dans la vie des gens. Et dans la nôtre en même temps! » résume Mélanie Ruel.