Un incendie a ravagé une résidence de la route Poirier, samedi, faisant trois victimes.

La tragédie de Saint-Siméon-de-Bonaventure ébranle le village

Élu il y a 11 mois, le maire de Saint-Siméon-de-Bonaventure, Denis Gauthier, admet d’emblée ne pas avoir fait face à un plus gros défi, que la tragédie qui a décimé une famille de sa petite municipalité, depuis son accession à la mairie.

«Tout le monde est touché par ce drame ici et on veut être certain d’échapper personne», a expliqué le maire, qui a été mobilisé dès samedi matin.

Les victimes de l’incendie qui a ravagé une résidence samedi sont Isabelle Lepage, 40 ans, de Saint-Siméon, son fils de 14 ans, Philippe Lepage et son amie de cœur, Laurence Lebrasseur, de Paspébiac, également âgée de 14 ans.

La survivante, Marilou Lepage, 18 ans, hospitalisée pour avoir été incommodée par la fumée, a perdu sa famille et tous ses effets personnels. Elle a échappé de justesse au brasier. Dormant à l’étage de la maison sise sur la route Poirier, les trois victimes en sont restées prisonnières.

Denis Gauthier ne peut se rappeler d’un plus gros drame frappant Saint-Siméon, localité située le long de la Baie-des-Chaleurs, près de Bonaventure.

«Une journée et demie après l’incendie, c’est encore assez difficile. La scène de la maison incendiée est encore là. C’est à côté du nouveau dépanneur et c’est proche de la route 132. Il y a beaucoup d’achalandage et la maison est à la vue de tout le monde», poursuit M. Gauthier, qui habite aussi sur la route Poirier, à une demi-douzaine de demeures du lieu de l’incendie.

Préoccupé par l’appui à donner à la survivante, Marilou Lepage, le maire pense aussi à sa brigade de pompiers.

«Ce sont des pompiers volontaires qui sont intervenus. C’est une chose d’éteindre un feu de cheminée, quand il y a seulement des biens matériels. C’est différent quand il s’agit d’un incendie où trois personnes périssent, où il faut entrer quand c’est éteint. On connaissait les enfants à l’intérieur, même s’ils ne sont pas encore identifiés officiellement. On sait qu’ils manquent à l’appel et que c’était eux à l’intérieur. J’ai un fils qui a le même âge que Marilou. Dans une petite municipalité, les liens sont faciles à établir», remarque-t-il.

«Le CLSC est venu sur place dès samedi matin. Il est venu automatiquement. C’est ce qui arrive dans ce genre de drame. Ils [les intervenants du CLSC] sont allés voir les voisins. On sait qu’il va falloir décanter tout ça. C’est une situation extraordinaire. On va aller chercher les ressources», dit-il.

La survivante chez son grand-père

Après sa sortie de l’hôpital, où elle a été traitée pour un choc nerveux et des problèmes liés à la fumée, Marilou Lepage est rentrée à Saint-Siméon, où elle a été prise en charge par son grand-père maternel.

Le conseil de municipal se mobilisera dès lundi pour s’assurer de n’échapper personne, insiste Denis Gauthier, qui sait pouvoir compter sur la collaboration de plusieurs groupes de son village.

«On met en branle un fonds pour que Marilou puisse continuer ses études au Cégep de Carleton», note le maire, parfaitement conscient que la jeune femme aura besoin de temps pour s’y remettre.

Philippe Lepage et Laurence Lebrasseur avaient été invités à se rendre en forêt par les parents Lebrasseur et ils avaient décliné l’invitation. La chasse à l’orignal à la carabine a débuté ce même samedi matin en Gaspésie. Philippe Lepage était en visite chez sa mère.

La cause de l’incendie demeure sous enquête. Il a été question d’un feu probablement causé par un poêle à bois, mais Béatrice Dorsainville, porte-parole de la Sûreté du Québec, était loin de risquer une hypothèse, en soirée dimanche.

«Il n’y a pas encore de cause claire d’établie, de déterminée. Les enquêteurs sont arrivés sur la scène à 8h et leur expertise s’est terminée à 17h», a-t-elle dit.

Les corps des victimes avaient été sortis des décombres samedi soir. Des pompiers des municipalités voisines de Caplan et Bonaventure étaient aussi intervenus, samedi matin.

Les citoyens mobilisés

Les gens de Saint-Siméon, comme d’ailleurs en Gaspésie, unissent leurs efforts pour aider la survivante de l’incendie qui a décimé sa famille, aux petites heures, samedi. Trois campagnes de sociofinancement GoFundMe sont en marche et un peu plus de 15 000 $ avaient été amassés dimanche pour aider cette survivante, et d’autres parents des victimes.

Les campagnes de sociofinancement visent d’une part à aider Marilou Lepage sur tous les plans, à aider les parents de Laurence Lebrasseur, et à aider le père de Philippe Lepage, Martin Landry, qui travaille à Murdochville et qui est aussi père d’un bébé. Il n’avait pas d’assurance-vie pour l’adolescent. Cette troisième campagne a été initiée par la conjointe de M. Landry.