Maquette d'un comptoir de services de la SQDC

La SQDC offrira environ 150 produits

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a levé le voile jeudi sur le visage de ses nouvelles succursales d’environ 2000 pieds carrés. Chaque établissement offrira environ 150 produits.
«Ce modèle sera similaire pour tous les établissements», a précisé au Soleil Mathieu Gaudreault, relationniste pour la Société des alcools du Québec (SAQ), l’organisation qui chapeaute le déploiement de la SQDC.

«Pour l’offre, nous avons six fournisseurs et ils ont chacun leurs produits. Par exemple, il y aura notamment des fleurs de cannabis séchées, des fleurs fraîches, de l’huile, des gélules et des joints pré-roulés», explique-t-il.

Chaque établissement sera divisé en trois sections. Le premier espace servira à valider l’âge des clients. Un gardien de sécurité permettra l’accès à la boutique qu’aux personnes âgées de 18 ans ou plus.

Il y aura ensuite dès l’entrée dans le magasin, la zone-conseil où on retrouvera des stations interactives qui aideront les consommateurs dans leurs recherches. «Les clients pourront ensuite accéder au cœur de la succursale où un affichage simple et éducatif, ainsi que des comptoirs explicatifs permettront d’obtenir rapidement toute l’information relative aux produits» qui seront situés derrière le comptoir, explique la société d’État.

Cette dernière tient à préciser que des affiches et de la documentation seront également visibles et disponibles afin d’informer les clients sur les risques associés à la consommation du cannabis, notamment de l’information pour joindre des ressources d’aide.

«De plus, dans un souci de ne pas promouvoir la consommation de cannabis et de préserver les clientèles vulnérables, la façade des points de vente de la SQDC, bien que clairement identifiée, ne permettra pas aux passants d’apercevoir les produits de cannabis à l’intérieur de la boutique», note la SQDC.

Quant à la dernière section du magasin, elle servira à l’entreposage des produits. Les boutiques seront ouvertes 7 jours/semaine, de 10h à 22h.

Neuf succursales

Dans la grande région de Québec, la société d’État a annoncé au cours des dernières semaines qu’elle ouvrira cet automne des points de vente dans Lebourgneuf (670, rue Bouvier), à Sainte-Foy (2491, chemin Sainte-Foy) et du côté de Lévis, au 95, route du Président-Kennedy.

La SQDC prévoit avoir une vingtaine de succursales ouvertes partout au Québec le 17 octobre. L’emplacement de neuf d’entre elles a déjà été annoncé.

Outre les trois endroits à Québec et Lévis, il y aura des SQDC à Saint-Jean-sur-Richelieu, Mirabel, Trois-Rivières, Drummondville, Rimouski et Montréal (Petite-Patrie). D’autres baux devraient être signés au cours des prochains jours. L’objectif de la direction est d’avoir 80 succursales d’ici mars 2021.

En ce qui a trait aux embauches, l’organisation est toujours à la recherche d’employés à temps plein et à temps partiel. Il est possible de postuler pour des postes de conseiller, de directeur et de directeur adjoint.

La vente en ligne sera également fonctionnelle dès la légalisation du cannabis. Le prix d’un gramme devrait osciller aux alentours de 6 $.
Maquette d'une succursale de la SQDC
Maquette d'un comptoir de services de la SQDC
Maquette d'un comptoir de services de la SQDC

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ET LA BIÈRE AU POT?

Oubliez les muffins, les bières ou les brownies à base de cannabis pur dans les épiceries et les dépanneurs! Si, comme prévu, Ottawa légalise les produits comestibles à base de marijuana, c’est la Société québécoise du cannabis (SQDC) qui devrait être responsable de leur commercialisation au Québec.  

C’est du moins ce qu’a confirmé au Soleil jeudi l’attaché de presse de Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique, en faisant référence à la loi en vigueur.

«La loi prévoit qu’il n’y a que la SQDC qui pourra vendre du cannabis, incluant ainsi les produits dérivés comestibles contenant du cannabis», avance dans un courriel Bianca Boutin.
Mais avant de pouvoir donner le feu vert à la vente de ces produits comestibles au Québec, le gouvernement fédéral devra avant tout l’autoriser à l’échelle nationale. Sur le site du gouvernement du Canada, il est indiqué que «la vente de produits comestibles et de concentrés de cannabis serait autorisée au plus tard 12 mois après l’entrée en vigueur de la législation proposée».

Par la suite, Québec devra apporter des modifications à ses règlements pour autoriser ce nouveau marché sur son territoire.

Au cours des derniers mois, plusieurs grands joueurs dans le monde de la bière ont signé des partenariats avec des producteurs de pot, voyant une opportunité d’affaires. Mercredi, le géant Constellation Brands, propriétaire de la bière Corona, annonçait notamment injecter 5 milliards $ supplémentaires dans Canopy Growth. Récemment, Molson Coors Canada, l’unité d’affaires canadienne de Molson Coors Brewing Company, a aussi annoncé vouloir développer en partenariat avec Hydropothecary (Hexo), une boisson non alcoolisée à base de cannabis pour le marché canadien.

Pour la saveur

La brasserie montréalaise le Saint-Bock a même lancé six bières entre 5 % et 6 % d’alcool à saveur de cannabis. Dans son procédé de fabrication, l’entreprise indique avoir retiré de la plante de cannabis — et non de chanvre — les substances psychotropes pour conserver seulement la saveur. Ce qui en fait un breuvage légal aux yeux de la Régie des al­cools, des courses et des jeux (RACJ).

«Les analyses au Saint-Bock ont démontré que la bière ne contenait aucune trace de cannabinoïdes ou de THC. Il n’y a aucune trace de cannabis», indique la responsable des communications à la RACJ, Me Joyce Tremblay, précisant qu’il n’y a pas de permis spécial pour ce produit.

Du côté de la Société des alcools du Québec (SAQ), on ne ferme pas la porte à la possibilité de vendre des produits comestibles à base de cannabis si Ottawa et Québec légalisent le marché. Aucun plan de développement n’est toutefois sur la table pour le moment.

«Présentement, nous n’avons pas l’intention de vendre ces produits, car ils ne sont pas permis par la loi», indique au Soleil Mathieu Gaudreault, porte-parole pour la SAQ. «À partir du moment où ces produits seraient autorisés, nous allons réévaluer notre position», ajoute-t-il.

En octobre 2016, une étude de la firme Deloitte avançait que le marché du cannabis récréatif pourrait générer plus de 22 milliards $ au Canada pour le secteur alimentaire. Le Canada deviendra cet automne le deuxième pays au monde à légaliser la marijuana à des fins récréatives.