La prison pour le «pyromane sauveur»

Un pyromane qui réveillait ses victimes pour jouer les sauveurs écope d’une peine globale de deux ans moins un jour de prison pour une kyrielle d’accusations. Michaël Pouliot, 37 ans, de Laurier-Station, a plaidé coupable à deux incendies criminels aux circonstances vraiment particulières.

Le 9 décembre 2017, Pouliot s’approche du garage d’hiver de son voisin, à Lévis. Il fracasse une vitre de la voiture et verse du liquide accélérant à l’intérieur du véhicule. Puis, il allume un incendie. 

Pendant que les deux voitures de la famille commencent à s’embraser, Michaël Pouliot va cogner à la porte de ses voisins pour les réveiller. Il lance ensuite de la neige sur le brasier, que les pompiers parviendront rapidement à éteindre. Les dommages au garage et aux deux voitures sont évalués à 9000 $.

Le couple victime de l’incendie remerciera chaudement le bon Samaritain et le félicite pour sa vigilance.

Deux mois plus tard, Pouliot récidive chez le même voisin et chez une autre dame de la rue. Cette fois-ci, le feu qu’il allume près d’un pneu s’éteint rapidement. Le pyromane avertit encore ses voisins et dit avoir vu deux jeunes suspects. 

Les policiers ne trouvent aucune trace des jeunes, mais déniche un contenant d’accélérant vide chez Pouliot, qui est arrêté et accusé. Il passera rapidement aux aveux.

Pouliot a aussi plaidé coupable à des accusations de conduite dangereuse, conduite avec les capacités affaiblies et voies de fait sur un policier commises lors d’un épisode de rage au volant en juin 2018, dans Lotbinière. Le conducteur a tenté de pousser un motocycliste dans le fossé avant de foncer vers une automobiliste, qui a évité la collision frontale de peu. Il a craché au visage du policier qui l’a intercepté.

Pouliot attribue une grande importance à l’alcool dans la commission de ses crimes. Il a depuis entrepris une laborieuse thérapie est maintenant sobre et toujours suivi par un psychothérapeute.

Le juge Steve Magnan de la Cour du Québec, chargé d’imposer la peine, estime que les possibilités de récidive sont diminuées, mais toujours présentes chez l’accusé. Pouliot «a fait courir des risques énormes à une famille en allumant un incendie en pleine nuit près d’une maison», note le juge Magnan, et a démontré «un mépris flagrant pour la sécurité d’autrui».

L’accusé, qui avait déjà certains antécédents de violence et d’introduction par effraction, est condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison et à une probation de trois ans. 

Au cours des cinq prochaines années, il devra verser près de 9000 $ pour indemniser les victimes. Il lui sera interdit de conduire pendant huit mois après sa période de détention.