La présidente et chef de la direction de la Societé Radio-Canada, Catherine Tait

La pdg de Radio-Canada compare Netflix à la Françafrique et à l’Empire britannique

OTTAWA — La grande patronne de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a établi un parallèle entre la domination de Netflix au Canada et l’Empire britannique, ainsi que la Françafrique.

La pdg du diffuseur public y est allée de cette analogie lors de sa participation à un panel organisé dans le cadre d’un événement de l’Association canadienne des producteurs médiatiques, jeudi dans un hôtel d’Ottawa.

«Je vais m’éloigner un peu de mon texte... parce que je pensais à l’Empire britannique, et comment, si vous étiez là et que vous étiez le vice-roi de l’Inde, vous aviez l’impression que vous ne faisiez que du bien pour les gens de l’Inde», a-t-elle exposé en anglais.

«Ou, similairement, si vous étiez en Afrique française, vous pensiez: «Je les éduque, leurs ressources se retrouvent à travers le monde, et je les aide». Il y eut un temps où l’impérialisme culturel était totalement accepté», a enchaîné Mme Tait.

Mais l’histoire a montré à quel point l’impérialisme «peut faire du tort aux communautés locales», et c’est la raison pour laquelle les Canadiens doivent demeurer vigilants face à l’arrivée de multinationales au pays, a-t-elle conclu.

La dirigeante de CBC/Radio-Canada a tenu ces propos sous le regard du directeur des politiques publiques pour Netflix au Canada, Stéphane Cardin, qui participait aussi à cette discussion.

Le représentant du géant américain de la diffusion en ligne a semblé hocher la tête en entendant cette déclaration. On a aussi entendu des gens dans la salle exprimer leur désapprobation.

Images de Lac-Mégantic

Par ailleurs, Netflix n’a pas souhaité formuler de commentaire sur la motion qui a été adoptée par le Parlement du Canada concernant l’utilisation d’images de la tragédie de Lac-Mégantic.

En plus de réclamer le retrait de ces séquences, que l’on voit dans le populaire film «Bird Box», la motion réclame le versement d’un dédommagement financier à la communauté.

La motion a été présentée par le député néo-démocrate Pierre Nantel.

«Nous n’avons pas de commentaire à ce sujet, désolé», a écrit dans un courriel un porte-parole de l’entreprise.

«Si cela peut être utile à votre article, je vous fais suivre notre réponse à la ministre de la Culture Nathalie Roy», a-t-il ajouté.

La ministre québécoise de la Culture avait écrit à Netflix pour s’insurger de l’utilisation des images de la tragédie ferroviaire qui a fauché 47 vies, et demander leur retrait.

L’entreprise n’a pas accédé à cette demande, mais a présenté ses excuses et plaidé qu’à l’avenir, elle ferait mieux.